La baisse des budgets culturels dans les collectivités met les compagnies sous pression. Les arts de la rue encaissent de plein fouet. Gratuits pour le public, leurs spectacles ne génèrent presque aucune recette et reposent largement sur les financements publics. Quand les aides reculent, ces disciplines se retrouvent en première ligne. Résultat, les compagnies peinent de plus en plus à convaincre les programmateurs.
Deux jours pour se faire voir
Face à cette situation, plusieurs troupes de l’Hérault et du Gard passent à l’offensive. Les 1er et 2 avril, elles lancent un événement original, participatif et collaboratif, pensé pour séduire les programmateurs tout en restant ouvert au grand public. Pendant deux jours, chacune présente son spectacle au Céméa, le centre de formation aux métiers de l’éducation et de l’animation, qui met à disposition son vaste jardin du 501 rue Métairie-de-Saysset à Montpellier. L’expérience a déjà fait ses preuves l’an dernier. « Nous avions accueilli environ 300 spectateurs et une quarantaine de programmateurs avaient fait le déplacement, souligne Anaïs Mourot, responsable du développement de la vie associative au sein du Céméa. Le bilan est très positif : les compagnies ont décroché en moyenne trois dates dans les mois suivants. »
Le collectif en scène
Théâtre, danse, cirque, clown… toute la richesse artistique du territoire sera au rendez-vous. Les compagnies se regroupent sous une même bannière, le collectif MArue. « Nous nous sommes inspirés du collectif toulousain Tout Un Monde pour créer, de manière solidaire, notre propre plateforme de diffusion, explique Maïlys Nozière, de la compagnie nîmoise Dynamogène. C’est une vitrine pour les professionnels, mais aussi pour le public. Plusieurs centres de loisirs de Montpellier sont attendus, notamment le mercredi, avec une programmation dédiée aux enfants ».
Les spectacles s’enchaînent, rythmés et accessibles, entre 30 et 50 minutes chacun, de 10h à 21h, avec une programmation identique sur les deux jours. À midi, des repas chauds sont proposés, préparés par les équipes du Céméa, de l’Hébergement d’urgence des demandeurs d’asile, de l’association Vrac & Cocinas et par des jeunes de la mission locale.