Au 80 square de Corte, les 400 m² de locaux vacants depuis deux ans d’une ancienne antenne du CCAS seront totalement réaménagés pour se transformer en une crèche confortable, climatisée et disposant d’une petite cour intérieure avec potager. Hérault Logement, propriétaire des lieux, a signé un bail emphytéotique de 30 ans avec Yci Enfance, opérateur de l’ANRU dédié à la conception, la construction et la gestion de crèches à but non lucratif dans les quartiers prioritaires. Ces derniers restent largement sous-dotés : près de 50 % ne disposent d’aucune crèche. Cette solution permet de lever les freins à l'investissement et constitue une troisième voie entre gestion municipale et gestion privée lucrative. Yci Enfance, société à mission qui assume la maîtrise d'ouvrage des projets, propose ainsi un modèle clé en main pour les collectivités locales afin de développer les crèches dans les quartiers prioritaires.
Favoriser la réussite éducative et l’insertion professionnelle
« Les enfants des familles les plus modestes accèdent aujourd’hui quatre fois moins aux crèches que ceux des familles les aisées. L’accès à un mode d’accueil de qualité avant trois ans est pourtant un levier essentiel pour le développement de l’enfant et la réussite éducative : les enfants des familles modestes maîtrisent deux fois moins de mots lors de leur entrée à l’école. C’est également très important pour l’insertion professionnelle des parents », insiste Cécilie Cristia-Leroy, directrice générale de Yci Enfance, qui agit en partenariat avec l'ANRU, Meridiam, l’association Léo Lagrange et la Banque des Territoires. L’accueil en crèche est un des moyens les plus efficaces pour lutter contre l’inégalité des chances et favoriser la cohésion sociale.
« Répondre aux besoins concrets des familles »
« Notre rôle ne se limite pas à construire ou gérer des logements. C’est aussi de contribuer à la qualité de vie des habitants en développant des services de proximité accessibles. Avec cette future crèche, nous donnons une nouvelle utilité à un local vacant de notre patrimoine tout en répondant à un besoin concret des familles. Ce projet illustre la manière dont le logement social peut accompagner la transformation de nos territoires et renforcer le lien social au quotidien », souligne Vincent Gaudy, président de Hérault Logement.
Un investissement de 1,2 millions d'euros
Pour obtenir une place dans cette crèche, qui représente un investissement de 1,2 millions d’euros pour l’ensemble des partenaires impliqués, il faudra passer par la plateforme de la Ville de Montpellier à partir de septembre prochain. « On pourrait se dire que 36 places c’est peu, mais cela représente une augmentation de 18 % de la capacité d’accueil sur la Mosson. La CAF de l’Hérault se tient aux côtés des élus locaux pour soutenir la création des places en crèches, en particulier dans les territoires qui en ont le plus besoin, comme les quartiers de la politique de la ville. Elle propose un soutien financier significatif, ainsi qu’un accompagnement en ingénierie. La CAF de l’Hérault a accordé un soutien de près de 60 % du montant de cet investissement », déclarent Olivier Hallay et Thierry Mathieu, respectivement président et directeur de la CAF de l’Hérault.
Un second établissement verra également le jour dans un bâtiment neuf à Tournezy, à proximité du quartier Saint-Martin. Yci Enfance sera de nouveau à la manœuvre, en partenariat cette fois-ci avec Familles rurales. Une autre crèche supplémentaire est par ailleurs prévue au sein de l'université Paul-Valéry.
« Je suis très satisfait de voir bientôt une nouvelle crèche à la Mosson. J'avais fait la promesse de créer 300 nouvelles places en crèche lors de mon premier mandat, elle a été tenue. D’ici 2031, nous en ouvrirons 250 supplémentaires. La construction de crèches est très importante pour l’égalité des chances, l’inclusion sociale et l’égalité femmes / hommes, notamment en facilitant l’accès à l’emploi des femmes. Des femmes qui veulent travailler, ou se former, j'en rencontre beaucoup ici. Mais il nous faut une offre petite enfance. Cette proximité géographique va être précieuse. L’initiative Yci Enfance rejoint les ambitions que nous portons pour la petite enfance et les quartiers prioritaires : accessibilité universelle aux modes d’accueil, mixité sociale, qualité éducative, développement prioritaire des places en crèche. Quand on pense la ville à hauteur d’enfants, on la pense pour l’ensemble de la société », explique le maire Michaël Delafosse, qui inscrit ce projet dans la rénovation urbaine globale de la Mosson. Lors du lancement des travaux de cette nouvelle crèche, il était accompagné de plusieurs adjoints municipaux concernés par ce sujet : Nelly Lacince, déléguée au quartier Mosson ; Tasnime Akbaraly, déléguée à la Ville éducative et à la réussite scolaire ; Maxime Arnaud-Buchard, délégué à la Petite enfance et Marwan Baraka, délégué au Dialogue citoyen dans les projets de rénovation urbaine.
Anne-Claire Mialot, directrice générale de l’ANRU :
« Les besoins en modes d’accueil de la petite enfance ne sont pas couverts en QPV (quartiers prioritaires des politiques de la Ville). Installer des crèches dans ces quartiers est essentiel et tout à fait complémentaire de ce que nous faisons en matière de renouvellement urbain : pour les enfants des quartiers prioritaires, pour leurs familles, pour la confiance dans nos institutions et pour le continuum éducatif. Yci Enfance propose un modèle clé en main aux collectivités qui leur permet de constituer du patrimoine public, c’est particulièrement vertueux. »
Yci Enfance
Créée en 2024 dans le cadre du Comité interministériel des villes à l'initiative de l'ANRU, Meridiam, et plusieurs associations comme Léo Lagrange et la Mutualité Française, Yci Enfance est une structure rassemblant des partenaires publics, privés et associatifs afin de développer l'accueil de la petite enfance dans les quartiers prioritaires des politiques de la Ville (QPV). Elle propose de nouvelles solutions associant capacités de financement et ingénierie de projet. Son modèle privilégie la construction ou l'aménagement d'un local de préférence public, afin de rétrocéder la crèche à la collectivité à l'issue d'un bail emphytéotique de 30 ans. La gestion de la crèche est assurée par une association à but non lucratif, avec un reste à charge limité pour les collectivités. Cela leur permet d'ouvrir de nouvelles places en crèche à coût mesuré.