Pensée comme un outil pédagogique et interactif, l’exposition 13-18 : questions de justice, en partie dématérialisée, permet de mieux appréhender le fonctionnement de la justice pénale des mineurs, tout en abordant des notions essentielles de citoyenneté. Créée par des professionnels de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), elle a pour but d’échanger avec les jeunes sur les lois applicables, les protections et les sanctions qui peuvent être infligées en cas d’infraction.
Elle s’adresse à la fois aux adolescents (scolarisés ou dans un parcours d’insertion), mais aussi à leurs parents et aux professionnels de la Ville et de la Métropole en contact avec les jeunes.
Une action de prévention dans la durée
Déployée pour la troisième année consécutive, l’opération s’inscrit dans une dynamique durable. Près de 300 personnes ont ainsi déjà été sensibilisées lors des deux premières éditions. Cette année, ce sont 84 mineurs et 48 adultes (dont 11 parents et 27 professionnels) qui ont participé aux ateliers mis en place entre le 18 et le 22 mai dernier.
Avec un impact en termes de prévention qui, bien que difficile à estimer, n’en reste pas moins tangible. Les ateliers contribuant à une meilleure compréhension des règles, à une évolution des représentations - permettant notamment de voir la justice aussi à travers sa dimension protectrice - et à la libération de la parole.
Ainsi, comme lors des précédentes éditions, ces ateliers impulsés par la Ville de Montpellier et la PJJ ont rapidement affiché complet. Les établissements scolaires du territoire - collèges, lycées, écoles de la deuxième chance - déjà familiers du dispositif, ont pour habitude de se mobiliser fortement.
« Nous lançons une campagne chaque année et nous l’envoyons à tous les établissements qui font le lien à leur tour avec les professeurs, et ceux qui sont intéressés reviennent vers nous. Ensuite, nous faisons au mieux pour organiser des ateliers pour tout le monde à des horaires et des jours où ils sont disponibles », souligne Valérie El Garbi, gestionnaire de l’Espace Montpellier Jeunesse.
Le travail de réseau, fait en parallèle tout au long de l'année avec différents acteurs, associations et groupes non constitués permet d'atteindre également d'autres publics. Comme par exemple, les élèves exclus de leur établissements scolaires suite à des faits.
Une exposition vivante pour comprendre ses droits et ses devoirs
Au-delà des panneaux et de la mallette numérique, la déclinaison de l'exposition sous forme d'ateliers permet une participation active. Deux heures durant, ces rencontres animées par un ou plusieurs professionnel la Protection judiciaire de la jeunesse et des professionnels de la Ville, de la Métropole ou du CCAS, volontaires et formés à cet effet, permettent à la vingtaine de personnes réunies d'échanger librement à partir de situations concrètes.
« Pour ces ateliers, le côté important, c'est de partir de la représentation du groupe. Parce que souvent il faut déconstruire certaines de ces représentations pour aller vers une vision plus proche de la réalité. Cela nous permet d'avoir avec les jeunes des échanges très divers. C'est toujours intéressant de voir où va leur priorité et à partir de là, ils échangent au sein du groupe et nous ramenons des informations sur le sujet », explique Véronique Baudot-Pons de la Protection judiciaire de la jeunesse. « Les jeunes peuvent poser des questions sur tous les sujets qui leur tiennent à cœur. Ce matin, on a par exemple parlé légitime défense, armes blanches, consommation de stupéfiants, différents types d’infraction », poursuit-elle.
Chaque séance est ainsi unique, adaptée à l’âge des participants et à leurs préoccupations, qu’il s’agisse de législation, de réseaux sociaux ou de faits d’actualité.
>> Plus d'informations sur l'exposition à retrouver également ici.
Un partenariat structurant entre la Ville de Montpellier et la PJJ
Au cœur du dispositif, la coopération entre la Ville de Montpellier et la Protection judiciaire de la jeunesse est un levier essentiel, comme en témoigne Jean-Denis Lafon, chef de projet Prévention de la délinquance et Référent justice à la Ville de Montpellier, qui apprécie « un partenariat fort qui structure de très bonnes relations. Nous travaillons sur ces projets et au-delà, en nous coordonnant au quotidien sur le cas de certains jeunes, ce qui facilite les prises en charge ».
Agir tôt : un enjeu clé de prévention
Avec un enjeu clé : la nécessité d’intervenir bien avant l’apparition de faits délictueux et le plus tôt possible auprès des jeunes. Notamment dès les premières années de leur enfance, capitales dans la construction des comportements futurs. Comme le préconise Véronique Baudot-Pons, soulignant « l'importance de tout le travail qui doit se faire en amont de nous. C'est-à-dire toute la prise en charge chez les tout-petits de la violence, avec de la prévention. Pendant très longtemps, la violence conjugale, par exemple, à laquelle pouvaient assister les enfants a été banalisée ».
Et faisant état de certains parcours de jeunes confrontés à des situations de vulnérabilité ou de violence pouvant favoriser leur exposition à des risques plus importants (recrutements via les réseaux sociaux, conduites à risque…).
« C’est une prévention qui doit être la plus large possible et qui doit commencer dès la maternelle ou dès le primaire pour que les collégiens et lycéens puissent avoir un regard critique là-dessus. L’éducation aux médias est hyper importante. Il est nécessaire de développer son esprit critique bien plus qu’à une certaine époque. On entend tout le temps des contre-vérités. »
Atelier en immersion : regards de professionnels
Organisé le vendredi 22 mai 2026, l’un des derniers ateliers de cette semaine d’exposition a réuni une diversité d’acteurs engagés auprès des jeunes : éducateurs, Police municipale, structures associatives ou encore acteurs de la prévention.
Temps d’échange et de formation, cet atelier a permis de confronter les expériences de terrain.
- Justice des mineurs et réalités de terrain : clarification du fonctionnement judiciaire, rôle des éducateurs, articulation entre sanction et accompagnement
- Rapport des jeunes à la loi : nombreuses idées reçues identifiées, notamment sur les sanctions ou la notion d’impunité
- Émergence de nouveaux phénomènes : recrutement de mineurs via internet, banalisation du port d’armes ou exposition à des environnements violents
- Rôle central des familles : nécessité d’un accompagnement des parents et compréhension des contextes familiaux
Les participants ont également échangé à partir de cas concrets (vol, port d’armes, usages numériques, religion...), illustrant la méthode pédagogique de l’exposition : partir des situations vécues ou imaginées pour faire émerger le débat et construire des repères.
Enfin, cet atelier a rappelé l’importance du travail en réseau : mieux se connaître entre professionnels permet de fluidifier les parcours des jeunes et de renforcer l’efficacité des actions de prévention.
Une dynamique prolongée toute l'année
Cette dynamique engagée est prolongée toute l'année. Les ateliers liés à l'exposition peuvent être mobilisés toute l'année, à la demande des établissements. À noter, un prochain rendez-vous emblématique, en octobre 2026, pour la Journée dédiée aux métiers du droit et de la justice.