"Les petites peurs" de Michel Gondry : premier long métrage pour V Studios à Vendargues

05-08-26 - 12:00
Michel Gondry est considéré comme un génie du cinéma français. Surtout depuis "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" (Oscar du meilleur scénario en 2005) que de nombreux cinéphiles considèrent comme le plus beau film d’amour du XXIe siècle. Cet été, il tournait en Occitanie son 15e film : « Les petites peurs », présenté comme un conte horrifique. Avec un casting composé de Tahar Rahim, Bastien Bouillon, Valérie Donzelli, Vimala Pons et Vincent Elbaz. Entretien avec le réalisateur le 30 juillet, le dernier jour de tournage.
Michel Gondry
Michel Gondry lors du dernier jour de tournage de son film "Les petites peurs" - ©C. Ruiz
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Venons-en tout de suite aux Cévennes. Est-ce qu’elles ne sont pas en train de devenir peu à peu le décor évident de vos films tout autant que votre refuge familial ?  

En faisant mes films là-bas, cela me permet de m’y retrouver. Parfois même ma famille qui peut venir me visiter. Au départ, c’est effectivement un refuge familial, c’était la maison de mon oncle et de ma tante. Elle était institutrice à Camprieu puis dans d’autres communes à côté et mon oncle avait une scierie qui n’existe plus maintenant, mais qui était dans l’entrée de la maison que j’ai. C’est là que nous avons passé la plupart de nos vacances depuis tout petit et c’était génial. À part qu’à 7h du matin, la scierie commençait son activité et ça faisait un sacré bruit. 

Mais quelle est donc la magie à vos yeux de ce secteur entre Villemagne et Saint-Sauveur-Camprieu ? Hormis, le calme, la nature et l’abîme de Bramabiau… 

C’est l’endroit que je préfère de toute la terre. Je me souviens qu’avec Laurence, quand on était ensemble à l’époque, on se baladait. On avait été en Suède et dans d’autres pays. Et je me suis aperçu que, partout où on allait, je recherchais un certain type de paysage et que c’était Villemagne. Alors on est retournés à Villemagne. Là-bas, les gens imaginent que je suis une célébrité et leur imagination est bien supérieure à celle que je peux avoir réellement…

Vous avez tourné cet été « Les petites peurs » avec un casting lui aussi effrayant (Tahar Rahim, Bastien Bouillon, Vimala Pons, Valérie Donzelli et Vincent Elbaz). Vous étiez à la fois dans les Cévennes et dans les studios V de Vendargues. 

Tout ce qui était extérieur, on l’a tourné en décor naturel à Villemagne, en profitant de la nature, du relief et de la beauté des paysages et des gens qui ont participé à la figuration. Après, on s’est repliés ici, à Montpellier, pour la seconde partie du tournage dans les studios V et on a fait tous les intérieurs. C’est un petit peu la manière dont les films étaient tournés dans les années 1950 ou avant, où on ne faisait pas les gros plans en extérieur mais en intérieur, en studio et en utilisant souvent des rétroprojections pour reproduire des extérieurs, même en studio. On a aussi fait cela pour économiser du temps avec les actrices qui avaient 10 et 13 ans parce que c’est très difficile de les faire tourner la nuit, alors que c’est le moment où se passent la plupart des scènes. Donc, on a décidé de faire les deux tiers du film en studio.

Vous avez d’ailleurs essuyé les plâtres car votre long métrage est le tout premier tourné à V studios.  

C’est tout neuf, il y a la clim’ mais vous avez raison, au figuré, j’ai essuyé les plâtres… L’idée est qu’on a construit deux pièces et on les a décorées dans tous les styles pour faire gendarmerie, dentiste, école, salon… Je pense que l’équipe de tournage est contente car on a fait plein de choses asses variées, originales et j’ai senti qu’il y avait un enthousiasme collectif à expérimenter, à faire des choses que l’on ne fait pas d’habitude et j’ai essayé de ne pas être trop insupportable. Cela a été une bonne expérience pour tout le monde.

Un plateau de V studios à Vendargues porte désormais votre nom. Quelle est votre réaction ?

Ce n’est pas encore le prix Nobel, mais c’est juste en-dessous.

Studio Gondry
Michel Gondry possède désormais un plateau à son nom dans les studios V de Vendargues - ©C. Ruiz

Le pitch des "Les petites peurs"

Dans un village des Cévennes, une fille au pair a disparu. Damien (Tahar Rahim), le gendarme du village, enquête. Il soupçonne un médecin (Bastien Bouillon) mais ne peut rien prouver. Cinq ans plus tard, les deux filles du docteur découvrent un crâne en jouant dans le jardin de leur maison. De qui s’agit-il ? C’est le début d’une double enquête menée par les gendarmes d’un côté mais aussi les deux sœurs… 

"Michel Gondry a sa propre grammaire cinématographique"
Virginie Le Pionnier

Virginie Le Pionnier, scripte

« C’est toujours super émouvant de finir une aventure et celle-ci tout particulièrement parce que c’est Michel Gondry et que c’est un univers encore plus à part. Déjà quand on fait un film, on est dans un autre monde, mais là il nous transporte encore dans un autre monde. Il nous amène une manière de faire et de fabriquer qui est totalement différente des autres, très artisanale. C’est un laboratoire et il faut trouver le tube pour rentrer dedans. C’est quelqu’un de très gentil qui m’a complètement ouvert la porte de son laboratoire. Mais c’est vrai qu’on sort de nos habitudes de tournage. Il veut que ce soit à part et non académique. Il a sa propre grammaire cinématographique. ». 

Virginie Le Pionnier
Script
Vue extérieure des studios V
Le film de Michel Gondry est le premier long métrage tourné dans les studios V de Vendargues - ©C. Ruiz
Dernier jour de tournage
Photo de toute l'équipe technique pour le dernier jour de tournage - ©C. Ruiz

Source URL: https://encommun.montpellier.fr/articles/2026-08-05-les-petites-peurs-de-michel-gondry-premier-long-metrage-pour-v-studios