La parentalité est un thème régulièrement exploré au cinéma. Avec Petite frappe, Arnaud Jabouin l’aborde sous l’angle d’un futur père de 20 ans qui peine à trouver sa place. En l’espace de 24 heures, l’annonce de l’arrivée d’un enfant l’amène à reconsidérer sa vie.
« C’est un gamin, en galère, bagarreur, quasi à la rue. Il n’a pas les codes et se trouve face aux réalités. Cet événement va lui permettre de grandir », explique le réalisateur, lui-même père d'un garçon de huit ans. Le comédien Samuel Kircher, qui incarne le personnage, partage cette lecture : « Diego ne connait rien aux enfants mais il se monte la tête et imagine un énorme projet de vie ».
Pose ton blaze !
C’est par l’intermédiaire du réalisateur Jean-Baptiste Durand (qui tient un petit rôle dans le film) que les deux hommes se sont rencontrés. De prime abord, Samuel Kircher ne correspondait pas à l’image qu’Arnaud Jabouin se faisait de sa « petite frappe ». Fin, gracile, issu du milieu du cinéma (sa mère est l'actrice Irène Jacob), privilégié socialement, le jeune homme s'est pourtant imposé comme une évidence lors des essais. « Samuel possède une intelligence émotionnelle qui a nourri magnifiquement le personnage. Mais il fallait aussi qu’il soit à l’aise avec les scansions des morceaux de rap qu’il devait interpréter. À ma grande surprise, il connait bien cette musique, il rappe parfaitement, la connexion a été immédiate », souligne le réalisateur.
Rap aux Cévennes
La musique signée Thomas Lesseur et Nicolas Dubois, occupe une place centrale dans ce film de 30 minutes. « Je l’ai construit comme un album, en neuf séquences différentes », explique Arnaud Jabouin. Dès l’ouverture, Diego impose son flow : « Les paroles sont d’Arnaud. Nous avons enregistré au Hot Sauce Studio, aux Cévennes, le quartier où je logeais », se souvient Samuel Kircher. « Avec Rita Benmannana, ma partenaire, nous faisions beaucoup de répétitions. Arnaud était très présent dans le jeu. J'ai apprécié sa direction. J'ai aussi découvert Montpellier en hiver, sous une grosse doudoune et rencontré des gens incroyables. C’était, d’ailleurs, une semaine incroyable ».
Père à 20 ans
Produit par Folle Allure et Marnie Productions, le film dépeint en arrière plan, une partie de la jeunesse. Celle des petits boulots, des petits trafics et des révoltes sociales, et qui porte un regard lucide et solidaire sur le monde. S'il se définit comme engagé politiquement, Arnaud Jabouin souhaitait avant tout aborder des préoccupations universelles. « Avant le tournage, je n’avais jamais pensé à la paternité », confie Samuel Kircher, qui a l’âge du rôle. « Quand cela arrive, beaucoup de jeunes ne savent pas forcément à qui s’adresser, où s'informer. Le film a des vertus pédagogiques », poursuit-il, faisant référence à un moment du film se déroulant au planning familial.
Un tournage montpelliérain
Cette scène très drôle a été réalisée à la Maison du projet, rue Paul-Rimbaud. Épaulée par le Bureau des tournages de la Ville de Montpellier, l’équipe s’est déplacée dans plusieurs endroits de la ville, notamment durant une journée, aux Halles des 4 saisons, à la Paillade. Un endroit qu’affectionne le réalisateur de 35 ans, arrivé à Montpellier adolescent et formé à l’École nationale supérieure d’art dramatique de Montpellier (ENSAD) . Petite frappe est son premier court-métrage professionnel.
Son film, très personnel, a bénéficié du Fonds d’aides ICC de la Métropole de Montpellier. Ce soutien financier, de 700 000 € par an, permet de faire émerger les talents du territoire. Les "productions montpelliéraines" soutenues par la collectivité se distinguent régulièrement dans les festivals. Cette année, six films sont projetés au Cinemed. Du jamais vu.
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Petite frappe est l'un des deux films français en compétition dans la catégorie court métrage. C'est également la deuxième "production montpelliéraine" en compétition officielle. Le long métrage de Dominique Cabrera, Des femmes comme les autres, entièrement tourné à Montpellier, lui, est en lice pour l'Antigone d'Or. Petite frappe sera projeté le 20 octobre à 18h30 au Pathé Comédie, en présence du réalisateur.
Cinemed dans toute la ville
En raison des intempéries qui ont endommagées le Corum en septembre, les lieux de projection du festival Cinemed se font au Centre Rabelais et aux cinémas Pathé Comédie, Nestor Burma et Utopia.
Programme complet et à jour ici