Séance publique : retour sur les 10 principales affaires

08-10-26 - 11:00
Pas moins de 107 affaires figuraient à l'ordre du jour de la séance publique du Conseil municipal du mardi 6 octobre. La principale, qui a été adoptée à l'unanimité, concernait l'Office municipal du pouvoir d'achat et la manifestation d'intérêt pour la mise en place d'une assurance multirisques habitation communale.
vue du conseil municipal
La séance du Conseil municipal a duré près de 6 heures et elle s'est déroulée dans une atmosphère apaisée - © C. Marson
Écouter

Office du pouvoir d’achat 

En 2024, le logement a représenté 27,8 % de la dépense de consommation finale des ménages. Soit le premier poste de dépenses des Français devant l’alimentation (15,6 %) et les transports (12,7 %). Dans ce contexte inflationniste, l’analyse des besoins sociaux 2026 de la Ville de Montpellier confirme la nécessité d’agir pour préserver le pouvoir d’achat des habitants et garantir leur qualité de vie. La collectivité a engagé la création d’un Office du pouvoir d’achat. Sa mise en œuvre sera échelonnée tout au long du mandat et a pour orientations : le renouvellement du dispositif de la mutuelle communale effectif au 1er janvier 2027 ; le déploiement de solutions mutualisées pour l’équipement en brasseurs d’air et en dispositifs de sécurisation des habitations ; la mise en place d’un achat groupé d’électricité et de gaz au bénéfice des habitants. La présente délibération, adoptée à l’unanimité, concernait le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour mettre en place une assurance multirisques habitation communale.

Bouclier enfance pour les familles monoparentales 

C’est une réalité sociale qui a été rapportée par Maxime Arnaud-Buchard, conseiller municipal délégué à la Petite enfance, « les familles monoparentales représentent près de 40 % des familles montpelliéraines ». Ainsi, la Ville de Montpellier avait créé à titre expérimental le dispositif « Bouclier Enfance – Familles Monoparentales » pour offrir une solution d’accueil pour les 0-3 ans adaptée aux horaires de travail décalés voire atypiques (avant 7h30 et après 18h30). Ceci en s’appuyant sur les organismes de garde à domicile sur le territoire de la commune. Il permet de réduire considérablement le coût de la garde à domicile, grâce à une aide financière directe de la Ville. Ce dispositif a été reconduit et va être adapté afin de mieux prendre en compte les réalités des familles monoparentales qui travaillent le week-end et les jours fériés. Adopté à l’unanimité.

Legs de M. Jacques Bousquet

Ancien huissier, Jacques Bousquet était très investi dans le monde combattant où il présidait l’ULAC (l’Union locale des anciens combattants et des associations patriotiques) du Grand Montpellier. « Il est décédé le 24 janvier dernier à 92 ans et a fait un legs au bénéfice de la Ville de Montpellier, où il résidait. L’avis de valeur successorale s’élève à près de 2,5 millions d’euros et il comporte des biens immeubles et meubles et diverses collections, faïences et tableaux principalement. L’unique charge du legs est « la « mise en valeur des collections et des résultats des fouilles et collections déposées auprès de l’association Les Chênes Verts et de la société archéologique de Montpellier ». « Certaines pièces sont déjà exposées au musée Fabre », a rapporté Laurent Nison, adjoint au maire, en séance. 

Création du dispositif « BAFA citoyen »

Depuis plus de vingt ans, la Ville de Montpellier accompagne les jeunes dans l'accès au Brevet d'Aptitude aux Fonctions d'Animateur (BAFA) avec une aide financière de 200 euros sous conditions de ressources. Une centaine de jeunes accède ainsi chaque année à une formation qualifiante. La collectivité fait évoluer son dispositif vers un « BAFA Citoyen » pour inscrire davantage cette formation dans une logique de parcours, d'engagement et de citoyenneté. Il s’adresse à tous les Montpelliérains, dès 16 ans, avec la réalisation d’un engagement bénévole d’un volume de 30 h auprès d’une association partenaire. Si l’achèvement du cursus est complet, la participation financière de la Ville peut être doublée et atteindre 400 euros.

Trajectoire de souveraineté numérique

Montpellier va-t-elle devenir le 1er opérateur public de souveraineté numérique en s’éloignant de tous les géants américains des logiciels ? C’est une stratégie très claire et une feuille de route largement détaillée en séance par l’élu délégué Manu Reynaud. « La souveraineté numérique n’est pas l’indépendance de Montpellier. C’est la capacité de Montpellier à choisir ses dépendances et à les organiser au sein d’alliances publiques françaises et européennes. » La Ville ne vise pas l'autonomie technologique absolue, mais la réduction des dépendances critiques et le renforcement de la maîtrise des ressources numériques essentielles. Cette délibération propose d’adopter officiellement une trajectoire de souveraineté numérique afin de franchir une nouvelle étape : organiser et mutualiser les capacités publiques nécessaires pour choisir, comprendre, produire, opérer, sécuriser et faire évoluer les outils numériques du service public. Pour la Ville et la Métropole de Montpellier, c’est aussi la préfiguration d’un opérateur public de souveraineté numérique, dénommé « OPSN Montpellier ». 

Verrerie monumentale de l’Hôtel Faulquier

Au XIXe siècle, Rodolphe Faulquier était un riche industriel et propriétaire de l’usine Villodève, la plus importante ciergerie de Montpellier. Il avait fait construire son hôtel particulier au n°6 de la rue Boussairolles. Il se distinguait par la majestueuse verrière du hall d’entrée, hélas invisible depuis la rue. Il est inscrit au titre des monuments historiques. Via Montpellier Grand Cœur, une aide de 2 500 euros a pu être apportée sur le montant total proche de 67 000 euros. Il faudra attendre les prochaines Journées Européennes du Patrimoine pour contempler cette splendeur rénovée. 

La verrière de l'hôtel Faulquier avant et après restauration
La verrière de l'hôtel Faulquier avant et après restauration - © DR

Clôture de la ZAC du Coteau pour un parc public

En octobre 2025, le Conseil municipal avait entériné la suppression de la ZAC du Coteau, créée en 2011, car la réalisation du programme d’aménagement n’était plus envisagée par l’actuelle municipalité. L’ambition est désormais de créer un parc public avec la mise en valeur des caractéristiques écologiques du site. Pour ce faire, l’aménageur qu’est la SA3M demande la rétrocession de l’ensemble des fonciers, soit près de 170 000 m² pour un montant supérieur à 4,7 millions d’euros. La Ville de Montpellier procèdera au paiement sur trois exercices budgétaires de 2026 à 2028. 

Avis sur le projet de transformation de l’usine Amétyst 

« Aujourd’hui, le temps est compté ! Nous sommes la seule métropole de France à ne pas avoir de place pour nos déchets et les endroits où nous les envoyons ne veulent plus les nôtres », a martelé Michaël Delafosse en rappelant que « les coûts de transports pèsent lourd dans la TEOM, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui est ici la plus haute de France. Laquelle baissera de 10 % lorsque aura été réalisé le CSR (valorisation en combustibles solides de récupération), filière qui est recommandée par l’ADEME ». Au même titre que Lattes, Saint-Jean-de-Védas et Villeneuve-lès-Maguelone, Montpellier devait donc émettre un avis sur le projet de transformation de l’usine de traitement des déchets Amétyst en vue de la demande d’autorisation environnementale et du permis de construire. Il a été adopté à la majorité avec 16 votes contre et 8 abstentions. 

Dépôt de la marque Cœur de Ville en Lumières

Événement gratuit et ouvert à tous, la 11e édition de Cœur de Ville en Lumières aura lieu du 12 au 14 novembre 2026 de 18h30 à 22h30 dans le centre historique. Le nom de cette manifestation avait été déposé dès l’origine par la Ville de Montpellier auprès de l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle). Cette protection était arrivée à son terme de 10 ans et l’assemblée a voté favorablement pour sa reconduction. 

Dénomination de voies

Plusieurs dénominations de voies et d’espaces publics ont été adoptées en fin de séance. À la Mosson, ce qui était le Pôle éducatif des Halles Nord devient l’école élémentaire Hélène Mandroux (1940), ancienne médecin de La Paillade, première femme maire et maire honoraire de Montpellier. L’école maternelle est nommée Yvette Roudy (1929-2926), ancienne ministre des Droits des femmes. Aux Prés d’Arènes, la liaison piétonne devant l’école Charles-Dickens devient l’allée Dolorès Ibarruri (1895-1989), résistante espagnole et autrice du mot d’ordre « ¡No pasarán! ». Une nouvelle voie liée au programme immobilier Maestra à la Pompignane devient la rue Vincent Van-Gogh (1853-1890). À la Croix d’Argent, une nouvelle voie sera la rue Marjane Satrapi (1969-2026), autrice franco-iranienne, et la mairie de proximité Tastavin prendra le nom de l’ancienne adjointe au maire du quartier Marlène Castre (1944-2026). Enfin, aux Cévennes, l’impasse qui mène à la mosquée Ibn Sina du Petit-Bard portera le nom de Khatir Nedromi (1934-2019) qui en a été le responsable. 

Pour information : en ouverture de la séance, il a été précisé un changement dans les rangs de l’opposition. Marie-France Boisbault qui figurait dans le groupe Montpellier notre fierté (liste Mohed Altrad) en a été exclue. Elle siège désormais comme conseillère municipale hors groupe. 

>>> Retrouvez la séance du conseil ici


Source URL: https://encommun.montpellier.fr/articles/2026-10-08-seance-publique-retour-sur-les-10-principales-affaires