Le garage solidaire de Passerelles Synergies rejoint le réseau donnezvotrevoiture.org

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L’association Passerelles Synergies anime un garage solidaire et un chantier d’insertion à Saint-Jean-de-Védas. Objectifs : favoriser à la fois la mobilité et l'insertion des personnes éloignées de l’emploi. Soutenue par la Métropole, elle détient le label donnezvotrevoiture.org depuis décembre 2025.
encadrants et personnes en parcours d'insertion professionnelle devant l'atelier du garage solidaire de Passerelles Synergies
Encadrants et personnes en parcours d'insertion professionnelle devant l'atelier du garage solidaire de Passerelles Synergies - © C. Ruiz
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Qu’est-ce cela vous apporte de rejoindre le réseau donnezvotrevoiture.org ?

Cheikh Lo, directeur de Passerelles Synergies : Avec cette plateforme, portée par Roole et Solidarauto, nous augmentons notre flotte de location sociale et solidaire à destination des bénéficiaires en parcours d’insertion, qui sont orientés vers l’association par des travailleurs sociaux. Ils en ont besoin pour se déplacer afin de suivre des formations, travailler ou chercher un emploi. C’est important car il y a une liste d’attente pour notre "relais mobilité"… Cela donne également du travail à notre propre chantier d’insertion « Mécam », qui assure les réparations et l’entretien des véhicules. Depuis janvier, nous avons reçu une vingtaine de propositions de dons. Nous avons accepté huit véhicules dont la remise en état était possible. On refuse les épaves, on ne récupère que des véhicules qui peuvent rouler. C’est une seconde vie pour ces véhicules, qui répond à un besoin social car les problèmes de mobilité sont souvent un obstacle important pour accéder à l’emploi. 

Comment s’effectue la donation ? 

C. L. : On reçoit des propositions via le site internet. En fonction de la cotation à l’Argus et du coût des réparations à effectuer, on fait une évaluation du véhicule pour l’accepter ou non. La personne donne son véhicule à titre gratuit, et Passerelles Synergies s’occupe des démarches administratives pour faire une nouvelle carte grise au nom de l’association. Nous fournissons ensuite au donateur un reçu fiscal qui donne droit à une déduction d’impôt. 

voiture surélevée, outils, ouvriers, pneus dans le garage solidaire
Le garage solidaire peut assumer l’entretien courant des véhicules : révision, pneumatiques, amortisseurs, freins, direction, diagnostic électronique… - © C. Ruiz
Cheikh Lo, directeur de Passerelles Synergies, voiture en arrière-plan
Cheikh Lo, directeur de Passerelles Synergies - © C. Ruiz
mains dans le cambouis d'un moteur de voiture
L'atelier "Mécam" entretient et répare les véhicules des "relais mobilité" de Passerelles Synergies - © C. Ruiz
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voiture surélevée, outils, ouvriers, pneus dans le garage solidaire
Le garage solidaire peut assumer l’entretien courant des véhicules : révision, pneumatiques, amortisseurs, freins, direction, diagnostic électronique… - © C. Ruiz
Cheikh Lo, directeur de Passerelles Synergies, voiture en arrière-plan
Cheikh Lo, directeur de Passerelles Synergies - © C. Ruiz
mains dans le cambouis d'un moteur de voiture
L'atelier "Mécam" entretient et répare les véhicules des "relais mobilité" de Passerelles Synergies - © C. Ruiz

Comment fonctionne « Mécam », votre chantier d’insertion ? 

C. L. : Notre atelier mécanique est un dispositif d'insertion par l'activité économique. C'est un lieu où l'on peut développer ses compétences. Nos « ouvriers de production » signent des contrats de six mois, renouvelables jusqu’à deux ans. Ils travaillent 26 heures par semaine sur la base du SMIC. Ils réparent et entretiennent les véhicules de notre flotte de location sociale et solidaire, voitures et deux-roues. Nous pouvons aussi faire de l’entretien et des petites réparations à des tarifs accessibles pour les bénéficiaires orientés par les travailleurs sociaux. Nos encadrants sont là pour garantir la conformité des réparations. Notre pôle administratif gère les devis et les factures, car il y a aussi des postes du côté administratif dans notre dispositif d’insertion. 

Quels sont les objectifs de ces dispositifs ? 

C. L. : L’objectif est le retour à l’emploi. D’un côté, une aide à la mobilité, de l’autre de la réinsertion professionnelle par la montée en compétences et l'accompagnement. Après leur passage chez nous, de nombreux bénéficiaires réalisent un beau parcours. On s'appuie sur la mécanique, mais on redonne également confiance en soi. Il y a aussi le savoir-vivre professionnel : arriver à l’heure, respecter les plannings et le règlement intérieur, montrer de l’implication… Les renouvellements de contrats ne sont pas automatiques, il y a des évaluations pendant le parcours. Cela prépare à intégrer l’entreprise réelle. Par ailleurs, notre dispositif est évalué par l’État et le Département deux fois par an. Sur le nombre de véhicules réparés, et sur le nombre de bénéficiaires qui reprennent un parcours professionnel, que ce soit en intérim, en CDD ou en CDI… 

éléments de moteur et boite de vitesse de voiture au sol, pancarte explicative au mur
Une approche à la fois théorique et pratique des bases de la mécanique - © C. Ruiz
deux "apprentis" mécaniciens travaillent sur une voiture au niveau des roues arrières
Chacun avance dans son parcours d'insertion par le biais de la mécanique - © C. Ruiz
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éléments de moteur et boite de vitesse de voiture au sol, pancarte explicative au mur
Une approche à la fois théorique et pratique des bases de la mécanique - © C. Ruiz
deux "apprentis" mécaniciens travaillent sur une voiture au niveau des roues arrières
Chacun avance dans son parcours d'insertion par le biais de la mécanique - © C. Ruiz
"Je suis constamment présent pour le suivi des réparations"
garage voiture surélevée chef d'atelier Alain Sarmiento

« Nous commençons par des informations théoriques, mais l’essentiel reste la pratique. Nos bénéficiaires apprennent de nombreuses choses sur l’entretien courant des véhicules : révision, pneumatiques, amortisseurs, freins, direction, diagnostic électronique… On peut aller plus loin, comme avec le changement de la courroie de distribution par exemple. Je suis constamment présent à leurs côtés pour le suivi des réparations. Je suis très attentif à tout ce qui est serrages et contrôles. C’est primordial pour la sécurité. Ensuite, nous dirigeons les bénéficiaires sur des stages, ou même des embauches, en garage classique. Sur une année, nous accueillons autour de 25 personnes, dont une dizaine simultanément. Tout cela organisé en collaboration avec une conseillère en insertion professionnelle, qui les accompagne dans leur projet : rédaction de CV, recherche d’emploi, savoir-être en entreprise, aide pour lever les freins administratifs ou de mobilité… Une majorité trouve ensuite du travail dans le service rapide, où il y a de la demande ». 

Alain Sarmiento
Encadrant technique, pédagogique et social de l’atelier d’insertion « Mécam »
véhicules deux roues dans l'atelier du garage solidaire étagères outils affiches
Les deux roues sont également concernés par les petites réparations, lorsque l'on est bénéficiaire du dispositif - © C. Ruiz
Sarah travaille sur une voiture, outil, collègue qui éclaire le dessous du véhicule
Sarah au travail lors de son parcours d'insertion professionnelle par la mécanique - © C. Ruiz
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véhicules deux roues dans l'atelier du garage solidaire étagères outils affiches
Les deux roues sont également concernés par les petites réparations, lorsque l'on est bénéficiaire du dispositif - © C. Ruiz
Sarah travaille sur une voiture, outil, collègue qui éclaire le dessous du véhicule
Sarah au travail lors de son parcours d'insertion professionnelle par la mécanique - © C. Ruiz

Les bénéficiaires du parcours d'insertion racontent leur expérience 

Diego : « J’ai 25 ans et ça fait un mois que je travaille à l’atelier. Ça se passe super bien. J’apprends beaucoup de choses. Par exemple, aujourd’hui, j’ai réparé pour la première fois une courroie de distribution. Mon objectif, c’est de travailler dans la mécanique. Depuis tout petit, c’est ce que je veux faire ». 

Alarif : « J’ai 30 ans, je suis originaire d’Éthiopie. Je suis à l’atelier depuis un an. Cela me plaît beaucoup. J’ai fait beaucoup de progrès. Maintenant, je sais démonter un embrayage, changer les plaquettes de freins, vérifier la direction et le parallélisme des roues, utiliser la valise de diagnostic… Et je parle beaucoup mieux le français, parce qu’on a aussi des cours de français ». 

Léonie : « J’ai 33 ans et je suis en formation en tant que secrétaire administrative. Je suis contente de mon expérience. Mon travail, ce n’est pas que de l’administratif, c’est aussi de l’humain, car il faut être à l’écoute des bénéficiaires sur l’aspect social. C’est ça qui est intéressant, avoir le côté administratif et le côté accompagnement. Au niveau administratif, je fais un peu de tout : les plannings, les factures, la gestion des convoyages, du carburant, du recyclage, des jetons de lavage… »

Garage solidaire "Mécam" à Saint-Jean-de-Védas

Source URL: https://encommun.montpellier.fr/articles/2026-03-02-le-garage-solidaire-de-passerelles-synergies-rejoint-le-reseau