Gérer ses biodéchets : astuces et bonnes pratiques

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Depuis mai 2023, des bornes de biodéchets sont installées par la Métropole dans les rues et sur les places des communes de la métropole. 22 d’entre elles sont déjà équipées. Ce dispositif de tri, complémentaire au compostage individuel ou collectif, ne sera efficace que si chacun s’en saisit. Julien Quintana, responsable du déploiement des biodéchets et du compostage répond aux nombreuses questions que l’on peut se poser. Il partage ses astuces et ses bonnes pratiques.
Personne vide biodéchets dans borne
© L. Séverac
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Pourquoi la Métropole de Montpellier installe des bornes de biodéchets ? 

Julien Quintana : Pour mieux trier. Aujourd’hui, sur la métropole, 40 % du contenu du bac gris est du biodéchet. Compte tenu des enjeux financiers et écologiques, il était urgent d’implanter un réseau de points de recueil des biodéchets, à disposition des usagers, pour leur permettre de trier à la source et de séparer leurs biodéchets des ordures ménagères.

Quels sont les enjeux financiers et écologiques ?

J. Q. : Traiter une tonne d’ordures ménagères (bac gris), refus compris, coûte 200 euros à la collectivité, et génère des déplacements, en semi-remorques, de nos déchets vers les décharges des départements voisins. Alors que les biodéchets sont traités localement. À Montpellier, une tonne de biodéchets coûte seulement 75 euros, économise 660 kg de CO2 et en plus produit 500 kg de compost, ce qui permet de fertiliser 170 m² de terrain… Les chiffres parlent d’eux-mêmes !

Combien de bornes sont déjà présentes sur le territoire ?

J. Q. : Depuis 2023, la Métropole de Montpellier déploie ce dispositif de bornes d’apport volontaire de biodéchets près des habitations (environ 150 m), accessibles 24h/24 (comme les colonnes des déchets « Emballages et papiers » et « Verre »), pour un dépôt régulier et rapide des biodéchets. À mars 2026, nous en sommes déjà à 590 bornes. 300 bornes supplémentaires sont prévues d’ici la fin de l’année.

>>> Pour trouver une borne de biodéchets près de chez soi, c'est par ici !

Que pouvons-nous mettre dans ces bornes ?

J. Q. : Tout ce qui est alimentaire : les épluchures, les restes alimentaires (même les coquilles d’œuf, le pain, le poisson, la viande, le fromage, les coquillages et crustacés…), des aliments périmés… Mais aussi des sacs kraft ou de l’essuie-tout usagé.

Que ne faut-il pas mettre ?

J. Q. : Sont à exclure les déchets verts du jardin, les litières animales, les couches et les protections hygiéniques, ainsi que tous les emballages en plastique, en carton, en métal et en verre. Attention, les sacs plastiques (même biodégradables et compostables) ne sont pas souhaités. Ces derniers contiennent environ 30 % de plastique…

Bornes de biodéchets : les consignes

La Métropole de Montpellier a fait le choix de distribuer à tous les foyers, par l’intermédiaire de la Poste, un kit biodéchets. Comment cela fonctionne-t-il ?

J. Q. : Ce kit se compose d’un bioseau, d’un lot de 36 sacs kraft et d’un document expliquant la démarche, dans lequel se trouvent des autocollants ludiques pour habiller le bioseau. Devant l’enjeu écologique et économique que représente la valorisation des biodéchets, le choix a été fait de partir sur une distribution large et massive.

Où récupérer des sacs kraft quand on n’en a plus ? 

J. Q. : Cette dotation de 36 sacs kraft n’est pas renouvelée pour des raisons économiques (coût important d’achat et de distribution d’un lot de sacs multiplié par 300 000 foyers) et écologiques (leur production mobilise d’importantes ressources naturelles telles que le bois, électricité, l’eau ou le pétrole, pour des sacs dont la finalité est la poubelle).

Consignes

Comment les remplacer ?

J. Q. : Les usagers peuvent réutiliser au maximum les emballages, en papier kraft de préférence, (mais pas seulement : enveloppe, magazine papier recyclé…) qu’ils récupèrent chez les marchands de fruits et légumes, les boulangers, à la pharmacie, dans les supermarchés… Les biodéchets peuvent également être enveloppés dans du journal ou de l’essuie tout usagé. S’ils le souhaitent, les usagers ont aussi la possibilité d’acheter des sacs (sur internet notamment).

Y-a-t-il d’autres solutions pour stocker ses biodéchets avant de les amener à la borne dédiée ?

J. Q. : La Métropole a fourni une solution, mais il appartient à chacun d’adopter la technique qui lui semble la plus adaptée à sa façon de vivre. Certaines personnes préfèrent mettre leurs biodéchets dans une boîte hermétique qu’elles placent ensuite au réfrigérateur en attendant de les déposer dans les bornes. D’autres préfèrent utiliser d’autres contenants hermétiques comme des seaux à sauce, plutôt que les bioseaux ajourés fournis. Ensuite, elles déposent leurs biodéchets en vrac dans les bornes. Attention, un seau fermé retient l’humidité et les mauvaises odeurs s’il n’est pas vidé régulièrement, alors que les bioseaux ajourés favorisent la ventilation et assèchent les biodéchets.

Comment faire avec les déchets malodorants comme le poisson, la viande, les crustacés…

J. Q. : Pour éviter les odeurs désagréables, conservez les biodéchets au réfrigérateur dans un récipient fermé. Jetez-les ensuite directement dans la borne au moment de sortir, ou placez-les dans un sac kraft ou du papier avant d’aller les vider.

Ces bornes ne risquent-elles pas d’attirer des rats ou des pigeons ?

J. Q. : Non. Ces bornes étant en métal et fermées (la trappe s’ouvre avec une pédale au niveau du pied, et se ferme après utilisation), leur accès est inaccessible pour les rongeurs et les pigeons. Par ailleurs, ces bornes sont collectées deux fois par semaine et sont complètement nettoyées une fois par semaine.

affiche

Biodéchets, à chacun sa solution de tri

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