Léo Blandino plonge le musée Fabre dans le fantastique

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Né d’un appel à projets du musée Fabre, le film « Ce que regardent les statues » est projeté en avant-première le 7 avril à 19h30, au cinéma Diagonal, à Montpellier. Soutenu par le Fonds d’aide ICC de la Métropole, le court-métrage de Léo Blandino fait vaciller le réel.
Ce que regardent les statues
© Valentine Perrain
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Barnabé est un homme modeste et discret. Gardien au musée Fabre, il passe ses journées entouré d’œuvres d’art qu’il contemple depuis des années, au point d’en connaître les moindres détails. Mais un jour, quelque chose d’étrange survient : certains tableaux semblent se pixéliser sous ses yeux...

Voici le résumé de Ce que regardent les statues, un des courts-métrages présentés le 7 avril au cinéma Diagonal de Montpellier, lors de la soirée spéciale « Hors cadre ». Ce programme est né du désir du musée Fabre d’offrir à des cinéastes la possibilité d’explorer ses collections à travers leurs propres imaginaires et d’en faire la matière d’un récit. Cinq auteurs ont relevé le défi. Parmi eux, le réalisateur Léo Blandino, dont le film de 23 minutes répond à un questionnement précis : « Quand je suis dans un musée, je suis toujours étonné par ces visiteurs qui, de manière compulsive, photographient les tableaux sans vraiment les regarder. J’avais envie de pousser cette observation vers une dimension fantastique », explique-t-il.

Retrouvailles devant la caméra

Un registre que l’auteur-réalisateur affectionne particulièrement, comme en témoignent ses deux précédents films, Bitume et Esperluette. Dans ce dernier, il avait confié un rôle à Jean-Baptiste Durand, qu’il retrouve dans Ce que regardent les statues. Le personnage de Barnabé a d’ailleurs été écrit spécialement pour lui.

« J’ai accepté le rôle avant même de lire le scénario », confie le Montpelliérain, réalisateur lui-même (Chien de la casse), et dont les apparitions devant la caméra ne passent jamais inaperçues. « Peut-être que mon personnage, déjà un peu décalé du réel dans Miséricorde d’Alain Guiraudie, l’a influencé ? », s’interroge-t-il. 

Bazille au cœur du mystère

Les deux hommes, dont l’amitié est née il y a quelques années autour d’une table de ping-pong, se sont retrouvés quelques jours en mai 2025 au musée Fabre pour donner vie à cette histoire où, soudain, la réalité semble se dérégler. « Le tournage était hyper joyeux. Ma partenaire est Billie Blain qui joue Bertille, une restauratrice d’art qui accepte d’aider Barnabé à comprendre le mystérieux phénomène qui se passe. Léo est un réalisateur précis, que j’aime beaucoup regarder travailler », observe Jean-Baptiste Durand, d’un œil de cinéaste averti. Il salue également la qualité du scénario. « Le genre fantastique exige un travail d’écriture très rigoureux. Il faut trouver le bon équilibre, explique Léo Blandino, même si je ne cherche pas forcément la crédibilité, mais plutôt la cohérence du fantastique. J’aime aussi laisser un espace d’interprétation libre aux spectateurs ». 

Léo Blandino
Le réalisateur Léo Blandino (au centre) lors du tournage au musée Fabre en mai 2025 - © Annabelle Fadat

Au cœur du film figure le tableau Vue de village de Frédéric Bazille, un peintre que le réalisateur dit avoir véritablement découvert à cette occasion. « J’ai été touché par le regard grave que cette jeune fille pose sur le peintre. Ce portrait résonnait assez bien avec l’idée que je me faisais de la pixellisation d’une œuvre. » Les effets spéciaux soignés ont été confiés aux Tontons Truqueurs, la société montpelliéraine devenue, au fil des années, une référence dans la profession.

Ce que regardent les statues
Le tableau de Frédéric Bazille est au centre de l'intrigue - © Annabelle Fadat

Le soutien du Fonds ICC

Ce que regardent les statues est produit par la société Les Films Invisibles, dirigée par Boris Garavini. Ce dernier a ainsi trouvé l’occasion de travailler avec Léo Blandino, dont il suit la carrière avec attention depuis plusieurs années. « Le cinéma de genre n’est pas forcément ce qui me plaît le plus, mais j’aime la perception fantastique que Léo a du réel. Et ce projet nous a amenés à utiliser le numérique et l’IA, ce qui est très intéressant », explique le producteur alésien qui, pour financer une partie du court-métrage, a fait appel au fonds d’aide ICC de la Métropole de Montpellier. « C’est la troisième œuvre que nous produisons avec l’aide du Fonds ICC. C’est devenu un des partenaires indispensables pour qui veut mener un projet à Montpellier et ses environs ».

Les précédents projets avaient été remarqués par la critique. Knit’s Island avait reçu les Prix de la critique internationale et de la compétition Burning Lights au festival du film documentaire Visions du Réel en 2023 et La Vraie vie, avant une diffusion sur Arte, avait été sélectionnée au Festival international des Séries à Cannes l’année dernière. 

Hors Cadre, le programme 

La séance, mardi 7 avril à 19h30, se tiendra en présence des réalisatrices et réalisateurs, et sera suivie d’un échange avec le public. Tarif unique : 5 euros. 

  • Ce que regardent les statues de Léo Blandino, un court-métrage de fiction
  • Ce qui est à César de Hugo Orts, un court-métrage documentaire
  • Beau Soleil de Guilhem Causse, Ekiem Barbier Quentin L’helgoualc’h, un court métrage expérimental et documentaire
  • La Passée de Léa Triboulet, un court métrage de fiction
  • @anglecry999 de Pétronille Malet, un court-métrage hybride/expérimental

Par ailleurs, trois courts-métrages d’animation de deux écoles montpelliéraines d’animation et d’effets spéciaux, ArtFX-School of Digital Arts et L'ESMA, seront projetés en introduction de la séance.  


Source URL: https://encommun.montpellier.fr/articles/2026-04-06-leo-blandino-plonge-le-musee-fabre-dans-le-fantastique