La rue Michel Passet relie les gens entre eux

21-05-26 - 15:00
Ancien élu de la Ville de Montpellier et militant communiste de toujours, Michel Passet a une rue à son nom dans le quartier Figuerolles sur l'emprise de l'ancienne menuiserie Vergnes et de la Friche à Mimi. Elle a été inaugurée le 18 mai en présence de sa famille et de celles et ceux qui ont accompagné le parcours de cet homme très apprécié.
Dévoilement de la plaque
La rue Michel Passet est une voie piétonne qui serpente au milieu des nouveaux immeubles - © C. Marson
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À Montpellier, cet îlot de Figuerolles a une histoire plus que centenaire. Prenant la suite d’un charpentier, Joseph Vergnes y créa une menuiserie au mitan des années 1920, car l’activité de bois était concentrée là, les marchands bénéficiant de la desserte de la gare Chaptal. L’histoire fut belle jusqu’aux années 1980, où les difficultés d’accès devinrent problématiques. Marie-Louise, sa fille, connue sous le sobriquet de Mimi, transforma une partie du site en une épatante agitation culturelle – La friche à Mimi – ouvrant la porte aux tiers-lieux de nos jours. 

Comme les copeaux de bois, Mimi n’était pas éternelle. Avant même 2017, elle avait déjà repoussé le spectre de la prospection immobilière qui, sans elle, se rua sur le cadastre. D’où ces immeubles tout en modernité. Mais, au milieu d’eux, coule une rivière rougeoyante comme un liquidambar automnal. Une voie publique et piétonne entre les rues Adam de Craponne et Bouschet de Bernard à qui l’on a donné le nom d’un autre Mimi « qui a passé larmes à gauche » en 2021. Cette rue est aujourd’hui celle de Michel Passet, élu communiste à la Ville et à l’Agglomération de 1995 à 2014, chargé successivement de la jeunesse, de la vie associative, du patrimoine et de l’énergie.

Travailler sur les porosités   

Alors le 18 mai au soir, tout ce que le PCF compte d’élus locaux d’hier et aujourd’hui, jusqu’au vétéran biterrois Paul Barbazange drapeau à la main, tout comme Hélène Mandroux, maire honoraire de Montpellier, qui en fit son adjoint, s’étaient donné rendez-vous pour cet hommage à Michel Passet. Il y avait là aussi Françoise, qui a partagé sa vie, leurs enfants Laurie, Bertrand et Marion et petits-enfants, et ses deux héritiers politiques de la majorité municipale Hervé Martin et Clara Gimenez. Même Michaël Delafosse, le maire de Montpellier, évoqua cette prise faite au privé que Michel Passet aurait goûtée dans un nuage de fumée. « Ce chemin qui s’est frayé défie un peu les lois capitalistes de la production de la ville. C’était une propriété privée, cela devient un espace public, imposé par un jeune adjoint à l’urbanisme, formé par Michel Passet. Il disait à chaque fois qu’il y a un projet immobilier très respectable pour loger les gens qu’il faut essayer de travailler sur ce que l’on appelle en urbanisme les porosités. Et il faut faire payer les aménagements par ceux qui bénéficient de la rente foncière ». Passage qui, désormais, relie les gens entre eux. Tout Michel.  

Pendant les discours
Les enfants de Michel Passet ont été les premiers à prendre la parole pour lui rendre hommage - © C. Marson

Savoir porter un idéal

Avant l’édile, les enfants de Michel Passet avaient évoqué avec des mots tendres celui « qui avait décidé d’occuper le monde avec conviction, humour et humanité », celui encore « qui avançait avec ses idées comme d’autres avec une boussole ». Un élu profondément engagé pour Montpellier qui aimait les gens, les bons repas et les discussions passionnées. Car, « au milieu du vacarme des hommes, il existe encore des êtres dont l’engagement laisse une trace humaine avant de laisser une trace politique ». 

Vice-président de la Métropole chargé des sports, Hervé Martin a parlé de cette figure tutélaire avec émotion. « C’était un élu respecté et estimé. J’ai appris à pratiquer à ses côtés. Michel était un élu local. Ce fut pour moi la première leçon. On ne peut bien faire de la politique sur un territoire que si l’on aime ce territoire. Un jour, avec Michaël, il nous a dit que Montpellier était tombée bien bas et que les gens voteront pour celui qui leur rendra la fierté d’être de Montpellier. La seconde leçon est qu’il faut savoir porter un idéal. Le sien était communiste. C’était sa grille d’analyses et cela a orienté chacune de ses décisions ». 

Au comité central

Clara Gimenez, vice-présidente de la Métropole déléguée au logement, compléta sur la partie militante. « Il était un pur produit de ce que le parti savait faire de mieux en matière de politique, de formation et de promotion des cadres. Il était ouvrier chez Peugeot à Sochaux lorsqu’il il a démarré son expérience militante. Puis, son implication l’a conduit à intégrer le secrétariat de Georges Marchais au comité central ». Il arrive dans l’Hérault en 1983 et intègre la direction départementale. « C’est quelqu’un qui a toujours porté haut la voix du PCF. Il a travaillé sans relâche pour donner de la visibilité à nos actions. Sur le plan international, il a fait beaucoup pour le jumelage de Montpellier avec Bethléem et a témoigné de sa solidarité avec le peuple cubain. Il a travaillé pour la fraternité entre les peuples. Pas seulement dans les combats menés auprès des travailleurs ou des peuples opprimés mais aussi pour que nous la fassions vivre au quotidien ». 

En conclusion, Michaël Delafosse rappela devant les siens que « Michel Passet a été un élu très apprécié de tous les fonctionnaires de la mairie. Il a aussi inspiré de nombreux jeunes du Conseil montpelliérain de la Jeunesse. Aujourd’hui, on inaugure la rue d’un ancien élu de la Ville de Montpellier mais Michel Passet était aussi un militant politique dans la ville de Montpellier ». 

Vue de la rue
La rue Michel Passet fait la jonction entre celles d'Adam de Craponne et Bouschet de Bernard - ©C. Marson
Avec les jeunes
Michel Passet avec les membres du Conseil montpelliérain de la jeunesse - ©DR

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