Conseil municipal du 16 juin 2026 : les principaux dossiers en onze points

17-06-26 - 16:30
Lors de la séance du 16 juin 2026, le Conseil municipal a engagé une série de décisions structurantes. Retour en onze points sur les principales affaires délibérées à cette occasion.
séance du 16 juin 2026
© L. Séverac
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Le compte financier unique 2025 : transparence et transition écologique

Première délibération de la séance, l’approbation du Compte financier unique (CFU) 2025 a retracé l’exécution budgétaire de la Ville. Un document désormais unifié qui remplace les anciens comptes administratif et de gestion, pour une lecture consolidée et modernisée des finances locales. 

« Nous avons fait le choix d’anticiper cette mesure pour favoriser la transparence, améliorer la lisibilité, mais aussi avoir une meilleure qualité de compréhension de nos comptes », expliquait Serge Guiseppin, adjoint au maire délégué aux Finances et aux Ressources humaines, sur cette obligation réglementaire pour 2027. 

Le CFU 2025, de 635 M€, dont 491 M€ affectés aux politiques publiques, confirme des équilibres solides : des dépenses maîtrisées, un autofinancement en progression, une capacité de désendettement contenue (6,1 ans en 2025, soit dans la moyenne des villes de France) ou encore une dette à 100% sécurisée selon la charte Gissler.

« Un effort majeur d’investissement a été fait sur ce mandat » constatait l’élu avant de présenter les investissements soutenus, dans des politiques publiques structurantes : éducation et crèches, aménagement, solidarité et proximité etc. À citer parmi les principaux investissements 2025 : 34,6 M€ pour le fonds de concours Ville apaisée ; 13,7 M€ pour la Cité de l’alimentation ; 10,7 M€ pour les groupes scolaires de la Mosson (Hypatie, pôle éducatif des halles) ; 5,4 M€ de rénovation écologique du patrimoine scolaire ; 3,2 M€ pour la crèche Mireille Laget ; 3 M€ pour les équipements sportifs de proximité ; 2,6 M€ pour Lunaret – Lavalette – Montmaur, 2,5 M€ pour mille formes ou encore 2,1 M€ pour l’Hôtel des sécurités. Un CFU traduisant la préservation des services publics et du soutien au tissu associatif également.

Autre innovation majeure : pour la première fois, l’impact des dépenses a été évalué selon plusieurs axes (climat, biodiversité, ressources, pollution). Serge Guiseppin a souligné qu’il s’agissait « d’une première qui vise à intégrer les préoccupations environnementales à la gestion budgétaire », afin d’éclairer les choix financiers à l’aune de leur impact écologique.

Un Office du pouvoir d’achat en construction

La Ville de Montpellier est fermement engagée en faveur du soutien au pouvoir d’achat, via son bouclier social : tarification sociale de l’eau, gratuité des transports, tarification de la restauration scolaire… Constituée dès 2025, la mutuelle communale contribue à renforcer l’accès aux soins et à la prévention. Elle est déjà adoptée par plus de 6 000 Montpelliérains (des jeunes actifs aux retraités ayant une petite pension, en passant par les familles avec enfants) et leur permet de bénéficier de tarifs environ 20 % inférieurs au marché. 

Ce 16 juin, le Conseil municipal a acté à l’unanimité le lancement d’un nouvel appel à partenariats pour la mutuelle communale, première étape de la construction du futur Office du pouvoir d’achat, qui s’inscrit dans une stratégie plus large visant à protéger les Montpelliérains et à proposer des solutions concrètes face à la hausse du coût de la vie. 

Une réponse qui s’appuie sur la solidarité collective et qui est adaptée aux besoins du territoire, tel que le rappelait Julie Frêche : « À Montpellier, la situation locale confirme cette urgence : près d'un habitant sur quatre ne dispose pas aujourd'hui d’une complémentaire santé. Et nous savons que trop souvent, lorsqu'une consultation ou un traitement et équipement médical deviennent trop coûteux, certains renoncent aux soins. C’est près de 60 % de notre population qui se trouve en situation de tension économique », tout en étant également adaptée au tissu local de PME/TPE.

L’objectif est clair : faciliter l’accès aux droits, réduire les inégalités et améliorer concrètement la vie quotidienne des habitants, en défendant le pouvoir d’achat de tous les Montpelliérains. 

La Ville de Montpellier ambitionne d’étendre le dispositif et de développer d’autres dispositifs mutualisés, comme une future assurance habitation.

« Je vous remercie de donner de la force à ce très beau projet qui est une grande fierté, que nous avons défendu durant la campagne des municipales. Nous sommes à la disposition de tous les maires qui souhaitent engager cela. Parce que très clairement cela rend du pouvoir d'achat à nos concitoyens » soulignait Michaël Delafosse, maire de Montpellier.  

Un Contrat local des solidarités consolidé pour 2026

Le Conseil municipal a également approuvé l’avenant 2026 du Contrat local des solidarités, prolongement opérationnel du Pacte national.

Ce programme, doté de plus d’un million d’euros, décline une trentaine d’actions autour de quatre priorités : prévention de la pauvreté, accès à l’emploi, accès aux droits et transition écologique solidaire. 

Il mobilise l’État, la Ville, la Métropole et le CCAS de Montpellier, dans une logique partenariale renforcée. Les actions ciblent notamment les familles précaires, les jeunes, ou encore les publics vulnérables en matière de logement et d’accès aux droits.

« Au-delà de son aspect administratif, cette délibération nous invite à réaffirmer ce qui guide notre action : la solidarité n'est pas une politique parmi d'autre. Elle est l'exigence de justice sociale, dans une période où les inégalités se creusent, ou de plus en plus de familles peinent à se loger, à accéder à leurs droits, ou à envisager sereinement l'avenir de leurs enfants. Comprendre et dénoncer les mécanismes qui produisent la pauvreté est indispensable, mais notre responsabilité est aussi de mobiliser les leviers dont nous disposons ici et maintenant pour améliorer concrètement la vie des Montpelliérains », rappelait avec conviction Muriel Ressiguier, adjointe au maire déléguée aux Solidarités et à la Cohésion sociale.  

Une mobilisation renforcée pour les femmes réfugiées victimes de violences

Le Conseil municipal a approuvé la signature d’une charte départementale dédiée à la protection des femmes demandeuses d’asile et réfugiées victimes de violences. Celle-ci formalise une coopération entre institutions et associations pour améliorer le repérage, la prise en charge et l’accompagnement de ces publics particulièrement vulnérables. Elle prévoit notamment un meilleur partage des informations, des formations communes et une coordination renforcée des acteurs.

Création d’une crèche dans le quartier des Près d’Arènes 

Créée en 2024 par l’agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) et d’autres organismes, la Société Yci Enfance a sollicité la Ville de Montpellier pour obtenir la garantie des deux emprunts. Elle va les contracter pour financer le projet de création d’une crèche, avenue du Marché Gare. Pour ce projet, Yci Enfance s’est unie à l’association Fédération Familles Rurales de l’Hérault afin de proposer un projet de crèche de 49 berceaux. L’ouverture est prévue en 2028.  

Une aide de 40 000 euros pour le Rockstore

Une délibération visait à attribuer une aide financière de 40 000 € à la salle de concerts de la rue de Verdun, afin de soutenir durablement une structure, dont les fragilités sont structurelles. Elle nécessitait l'autorisation préalable de la région Occitanie, conformément à la loi NOTRe. Les deux groupes d’opposition se sont émus de cette aide prétextant que le Rockstore a déjà bénéficié d’un accompagnement sur les loyers et d’une aide l’an passé dans le cadre du fonds d’urgence. « Nous continuons de soutenir cette salle sinon le risque est la fermeture », a tranché le maire de Montpellier qui en a aussi appelé à la coopération entre acteurs locaux des musiques actuelles. 

Onzième édition de Cœur de Ville en Lumières 

Dans le cadre de l’évènement Cœur de Ville en Lumières, la Ville de Montpellier organisera cette année encore des spectacles sons et lumières, autour de plusieurs sites du centre-ville, confiés pour une partie à des écoles des industries culturelles et créatives (ICC). Pour la onzième édition, les jeudi 12, vendredi 13 et samedi 14 novembre de 18h à 22h30, sept écoles présenteront au public leurs spectacles sur la thématique générale « Un Monde de Merveilles invitant à la poésie et l’émerveillement. Laissons parler l’imagination ! ».

Un dispositif de vélos en libre-service

La Métropole de Montpellier, en sa qualité d’autorité organisatrice de la mobilité, souhaite mettre en place un dispositif de vélos en libre-service sans station d’attache (free floating) à l’échelle de son territoire. Elle procédera à la sélection des opérateurs, via une convention. La Ville conservera sa compétence pour la délivrance des autorisations d’occupation du domaine public et l’exercice de ses pouvoirs de police. La Ville a acté le principe, même si le groupe d’opposition de gauche a voté contre.  

Sentinelle à l’ancien EHPAD des Violettes

La Ville a acquis en 2024 auprès d’AESIO Santé l’ancien EHPAD des Violettes qui a déménagé sur la ZAC Beausoleil. Comme elle n’avait pas besoin d’occuper le site immédiatement, il a été convenu avec le vendeur un différé de jouissance. Lequel a été prorogé jusqu’à fin 2026. Aujourd’hui, la Ville va installer sur place, avec l’accord de l’Armée, les effectifs de l’opération Sentinelle déployés à Montpellier et ce jusqu’à la fin 2027. Ils étaient logés jusqu’alors dans l’ancien foyer Saint Côme du CCAS. 

Prévention spécialisée : soutien maintenu à l’APS 34

« Nous sommes la dernière ville de l’Hérault à subventionner la prévention spécialisée. Elle est déployée dans quatre quartiers avec quatorze éducateurs de rue et c’est important pour prévenir l’emprise des réseaux », a expliqué Sébastien Cote, le premier adjoint au maire, en commentant cette délibération. En effet, si la compétence en matière de prévention et de protection de l’enfance est du ressort du Département de l’Hérault, un travail est mené dans les quartiers politiques de la ville (QPV) afin de prévenir la marginalisation et de faciliter la promotion sociale des jeunes et des familles. Cette prévention spécialisée s’appuie sur le tissu associatif et en l’espèce l’Association de prévention spécialisée de l’Hérault (APS 34). La Ville a accordé une subvention de 150 000 euros à APS 34 pour 2026.

Dénomination de rue au mas de Barlet

Intégré à la Zac Parc-Marianne, le secteur du Mas de Barlet accueille déjà la chaufferie à bois et recevra, d’ici 2030, environ 850 logements (familiaux, seniors, étudiants), l’école ARTFX et des équipements publics, dont un parc. Une nouvelle voie, parallèle à la rue du Mas Rouge sera créée et prendra le nom de rue Françoise d’Eaubonne (1920-2005). Écrivaine, elle a aussi participé à la création du Mouvement de Libération des Femmes dans les années 1970. 


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