À 8 heures du matin, ce 22 juin, une quinzaine de sapeurs-pompiers s'activent autour des deux bassins en vidange de la piscine métropolitaine Poséidon à Cournonterral. Deux puissantes pompes aspirent près de 900 m³ d'eau que six camions-citernes transfèrent, une fois pleins, vers quatre anciennes cuves des caves coopératives de Pignan et Cournonterral. Pas question de rejeter cette eau dans la nature. Elle est mobilisée pour combattre les éventuels incendies cet été.
Gagnant-gagnant
Le dispositif repose sur un modèle sans coût pour personne. « Tout est pris en charge par le SDIS. Cela ne coûte rien à la collectivité ni aux caves coopératives, dont nous nous chargeons d'entretenir les cuves qu'elles mettent à disposition », explique le lieutenant Matthieu Perez, adjoint au chef du service Défense extérieure contre l'incendie.
Faire des réserves
L'opération n'a plus rien d'expérimental. Depuis trois ans, les pompiers collectent systématiquement l'eau des piscines du réseau métropolitain lors des vidanges annuelles. Avant Poséidon, Héraclès à Saint-Brès, Jarousse, Nakache, Vives et Taris à Montpellier ont déjà participé au dispositif, qui complète les prélèvements effectués en rivière. Les pompiers puisent dans tous le département de l’Hérault. Cet hiver, près de 16 000 m³ ont été stockés avant la saison estivale.
L'opération du jour présente un avantage bien précis. « La proximité de la piscine avec les caves coopératives est un gain de temps et d'énergie. Les camions ont très peu de kilomètres à faire. Pignan et Cournonterral sont stratégiques en cas d'incendie sur le massif de la Gardiole », souligne le lieutenant Perez.
L'eau à la rescousse
Toutes les piscines ne se prêtent pas à ce type de collecte. Les sites privés sont rarement retenus. Les accès sont parfois difficiles et les volumes trop faibles. La distance entre le point de pompage et les cuves de stockage reste un critère déterminant. En revanche, les cours d'eau sont systématiquement utilisés et il n'est pas rare de voir des camions rouges stationnés sur les berges du Lez.
« Les piscines de la Métropole sont nos plus gros fournisseurs d'eau », confirme le lieutenant Perez, qui ne cache pas sa satisfaction. « Depuis les bassins jusqu’aux cuves, il se crée un cercle vertueux. Cette eau n’est pas gaspillée. Elle est réutilisée pour des missions essentielles de secours ».