La photographie fête son bicentenaire au frais au Pavillon populaire

15-07-26 - 06:30
Jusqu'au 1er novembre à Montpellier, le Pavillon populaire explore avec l'exposition "Premières fois : premières photos" deux cents ans d'innovations et d'expérimentations de la photographie. Un voyage ludique et érudit qui transporte les visiteurs de tout âge. Cette exposition est labellisée "Grand Arles Express" et figure au programme du Festival international de photographie d'Arles.
Visiteurs de l'expo
"Premières fois / premières photos" est la première exposition de la saison 2026 du Pavillon populaire - © C. Ruiz
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« Première fois / premières photos » est le rendez-vous de l’été au Pavillon populaire. Directrice artistique du lieu, Luce Lebart assure également le commissariat de cette exposition. « Elle est collective et thématique avec 50 photographes, de Nicéphore Niepce à Martin Parr en passant par Henri Cartier Bresson, Bernard Plossu, Raymond Depardon ou encore Nadar. Elle est très ambitieuse et présente une relecture de l’histoire de la photographie, mais elle est aussi ludique, érudite et très accessible. Elle s’inscrit dans le contexte du bicentenaire de la photographie et en avant-première du programme des rencontres d’Arles ». Cette exposition a pu compter sur tout un faisceau de collaborations scientifiques et de prêteurs, dont Agnès b, le musée français de la photographie, l’INPI ou le CNRS images... C’est un long voyage à travers 200 ans d’innovations avec des grandes et petites photographiques, des scoops, des incunables, des images jamais vues ou portées à la Une. On y croise aussi des objets insolites. Mais également des cartels à hauteur d’enfants et des parcours familles. Exploration en dix points. 

Plossu, Depardon et Lebart
© C. Ruiz

Premiers essais photosensibles de Hippolyte Bayard (1839)

Luce Lebart aux côtés de Bernard Plossu et Raymond Depardon, présents au cœur de l’exposition. Derrière eux, les Premiers essais photosensibles de Hippolyte Bayard. Le 20 janvier 1839, il les consigne à Paris et les nomme « dessins photogénés ». Deux semaines plus tôt, l’astronome François Arago avait annoncé les fixations réussies de Daguerre sur plaques métalliques. Ce sont les tâtonnements d’une photographie qui ne s’appelle pas encore ainsi. 

Pli Louis Lumière
© C. Ruiz

Pli cacheté de Louis Lumière (1928). Dépôt de la Société Lumière. Collection Société française de photographie

Scellé à la cire rouge, ce pli renferme le secret d’une invention. Il n’a jamais été ouvert. Pourquoi ? Tant qu’il reste clos, l’invention demeure protégée. Mais lorsqu’un différend survient, qu’une revendication d’antériorité apparaît, vient alors le moment d’ouvrir l’enveloppe. Il est ici question de la paternité d’une invention.   

Visuel Atkins
© C. Ruiz

Anna Atkins, une pionnière parmi les grands inventeurs 

Anna Atkins (1799-1871) était une botaniste britannique. Longtemps, les pionnières de la photographie ont été silencieusement effacées du récit, derrière « les grands inventeurs ». Elle s’est emparée du procédé de cyanotypie dès 1843 pour documenter les algues marines des côtes anglaises. Ses impressions par contact constituent le premier livre illustré par la photographie jamais publié : Photographs of British algae : Cyanotype impressions.

Niepce
© DR

Abel Niépce de Saint-Victor : premier emploi de la glace pour les négatifs. Glace albuminée (1847) 

Niépce de Saint-Victor enduit une plaque de verre d’albumine d’œuf battu additionnée d’iode de potassium, sensibilisée au nitrate d’argent. Communiquée à l’Académie des sciences en 1847, cette glace albuminée serait le premier négatif photographique sur verre. 

Nadar
© C. Ruiz

Gaspard-Félix Tournachon dit Nadar : Catacombes de Paris (1861-1862)

Les premières photographies à la lumière artificielle que Nadar réalise dans les catacombes en 1862 relèvent de l’exploit. Des temps de pose longs ont été nécessaires pour révéler ce monde souterrain privé de lumière du jour. 

Ticka
© C. Ruiz

Ticka Watch Camera (1905)

Pièce d’exception appartenant au musée français de la Photographie, le Ticka Watch Camera de la Maison Houghton Ltd a été breveté en 1904 par Magnus Niell. Ingénieux, il a l’aspect d’une montre en argent. Le faux remontoir dissimule un objectif ; le vrai avance le film.   

Bain de mer
© DR

Le premier bain de mer en France, vers 1920 

Aller à la mer est un privilège de classe dans les années 1920/1930. Les congés payés ne sont pas encore acquis et les déplacements coûteux. Le photographe est lui-même partie prenante de la scène qu’il documente, les pieds dans l’eau, et l’image ressemble à une photo de famille. En 1992, la styliste et collectionneuse Agnès b. a invité des photographes européens à lui envoyer leur première photographie. Trente ans plus tard, l’enquête continue. 

vue du public
© C. Ruiz

Étonnantes curiosités dans les vitrines

La pièce centrale de l’exposition et ses vitrines en verre attirent la curiosité du public. On y trouve par exemple des images avec des stries transmises par le bélinographe d’Édouard Belin et, parmi les objets insolites, l’appareil camouflé (1896) de Léon Bloch. Un appareil camouflé dans des jumelles. Le photographe fait mine de regarder le paysage droit devant lui mais, en réalité, il photographie à gauche ! 

Premier mariage homo
© C. Ruiz

Le premier mariage homosexuel à Montpellier (2013)

Cette journée est entrée dans l’histoire de la République française. Le 29 mai 2013, comme le montre la signature de l’acte authentique en mairie de Montpellier, Vincent et Bruno ont été les deux premiers mariés homosexuels en France, quelques jours seulement après la promulgation de la loi. Exceptionnellement déplacée en salle des Rencontres, cette union a été prononcée par Hélène Mandroux, alors maire de Montpellier.  

Une Libé
© DR

Décès de Jean-Paul Sartre (1980) à la Une de Libération  

Lorsque le philosophe Jean-Paul Sartre décède en avril 1980, Libération ose une grande première pour la presse quotidienne française. Son portrait est porté à la Une sur une pleine page. Pas de titre, juste un passage de son livre Les mots. Ce choix fut le premier de ce qui est devenu depuis une grande tradition pour les hommes et femmes de culture pour ce journal. Paris Match a aussi imposé l’idée qu’une seule image peut résumer une époque. Aujourd’hui, la viralité des images en ligne offre parfois cette aubaine à des célébrités éphémères. 


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