Toupie (or not Toupie), telle est la construction ! À l’entrée du Nouveau Saint-Roch, sur la place récemment nommée Dalida, en contrebas de la gare, une folie architecturale d’un genre nouveau sort de terre. Un projet de 19 mètres de haut, d’un montant de 4 millions d’euros assumé à 100% par les entreprises, qui sera livré en mai 2027. Son nom ? La Toupie. Ni école, ni galerie, pas davantage simple lieu culturel, elle se veut un tiers-lieu hybride et se définit « comme une expérience collective à la croisée du social, du culturel et du citoyen ». Un espace vivant dédié à la transformation des villes et des territoires qui est, chose originale, porté par un collectif de six PME montpelliéraines (Teritéo, la Strada, coloco, Studio Jaouen, agatte et TLA Architectes), où se mêlent architectes, urbanistes, paysagistes, spécialistes de l’aménagement du territoire, de l’évaluation des politiques publiques et des transitions écologiques. Et ce bâtiment affiche dès à présent une caractéristique difficile à concevoir par ces temps caniculaires : il ne sera pas climatisé.
Un mur protégé du XVIIe siècle
La Toupie tourne déjà depuis un petit moment. Autant dire depuis 2022-2023 et le concours « des folies architecturales du XXIe siècle » impulsé par la Ville de Montpellier. Non content de tourner, elle a même rebondi. Initialement pressentie du côté du Corum comme coup de cœur, elle a été repositionnée par Altemed sur cette dent creuse d’entrée de ZAC. Au débouché de la rue Albert Leenhardt, lui-même architecte en son temps, les Montpelliérains connaissent ce pan de mur ancien, soutenu depuis « plusieurs étais » et à l’avenir incertain. Il a été intégré à la Toupie, ainsi en a décidé l’architecte des Bâtiments de France. Ce qui ne semble pas froisser outre mesure Thomas Landemaine de TLA Architectes. « Ce mur du XVIIe siècle est magnifique et il fallait absolument le préserver. C’est un site qui est un peu un mouton à cinq pattes et qui nous allait bien car il est à l’image de notre projet inédit. »
Avec un rooftop au sommet
Environ 45 personnes travailleront dans la Toupie, qui est une folie environnementale, et le lieu sera géré selon les principes de l’économie sociale et solidaire. Côté distribution, elle comprendra principalement un café tiers-lieu en rez-de-chaussée, trois niveaux intermédiaires avec des plateaux de bureaux participatifs et, au dernier étage, des espaces partagés avec cuisine et salles de réunions ou de formations, ainsi qu'un rooftop de 100 m². Pour Laurent Nison, adjoint au maire en charge de l’Urbanisme durable, « Montpellier est une folie architecturale. De la ville ancienne jusqu’aux nouveaux quartiers, c’est une grande fierté d’avoir un paysage urbain et un cadre de vie extrêmement beaux. Ce projet participe au rééquilibrage de la ville et avec sa diversité des usages permettra demain aux habitants de dire leur fierté d’habiter le quartier de la gare. »
Quelle recette pour se passer de la clim’ ?
Explications avec Thomas Landemaine. « Ce sera une construction mixte bois/béton. Le béton va amener de l’inertie au bâtiment et le bois va apporter d’autres choses en termes de bilan carbone et d’exécution du chantier. Le bois va être isolé avec de la paille. C’est un matériau exceptionnel qui absorbe du carbone plus qu’il ne le redistribue et a un temps de phasage très long. Nous aurons de grands volumes et un rafraichissement de l’air par de la CTA double flux (avec de l’air extrait et de l’air ramené) qui sera préfabriqué à 20 degrés grâce au réseau de chaleur de la ville. Nous aurons aussi des rideaux extérieurs qui vont animer la façade et participer aux protections solaires. »