Une passion née d’une rencontre importante
À 44 ans, Djilali Mérili mène une double vie : gardien de la paix au sein de la police nationale et président de Génération Taekwondo Montpellier. Après une formation en maintenance industrielle et l’obtention du concours de gardien de la paix en 2003, il rejoint la police nationale où il exerce aujourd’hui des missions de voie publique, principalement de nuit. Il intervient sur des situations très variées : violences intrafamiliales, vols, accidents, dégradations ou troubles à l’ordre public. Pour lui, le taekwondo constitue un véritable atout professionnel : « Cette discipline m’a appris la maîtrise de soi, la gestion du stress et le sang-froid. Des qualités indispensables dans mon métier de gardien de la paix. »
Son parcours sportif débute à l’âge de 14 ans. Après avoir pratiqué la boxe française, le karaté et le judo, il découvre le taekwondo grâce à son voisin de palier, Mustapha Larbi, alors membre de l’équipe de France. Séduit dès les premiers entraînements, il enchaîne rapidement les performances et remporte sa première Coupe de France dès 1998 avant de décrocher plusieurs titres nationaux. Djilali Mérili a été sacré champion de France de Taekwondo en 1998, 1999 et 2003 ; un jeune homme, père de famille intègre qui n'a de cesse de transmettre ses valeurs.
Le taekwondo, une philosophie avant tout
Sport olympique d’origine coréenne, le taekwondo est souvent résumé comme « la voie des pieds et des poings ». Mais pour ses pratiquants, il représente bien davantage qu’un simple sport de combat. Le travail technique s’accompagne d’un apprentissage de la maîtrise de soi, du respect et de l’équilibre entre le corps et l’esprit. Chaque séance devient ainsi un exercice de discipline et de dépassement personnel.
Face aux critiques qui assimilent parfois les sports de combat à la violence, Djilali Mérili défend une vision radicalement opposée : « Lorsqu’on connaît ses capacités et qu’on a confiance en soi, on est moins enclin à la violence. Les arts martiaux apprennent avant tout à gérer ses émotions et à apporter une réponse adaptée aux situations de tension. » Une expérience qu’il met quotidiennement en pratique dans son métier de gardien de la paix. Selon lui, les situations vécues à l’entraînement ou en compétition permettent d’acquérir des réflexes précieux de gestion du stress, directement transférables dans la vie professionnelle et personnelle.
La naissance du club Génération Taekwondo en 2007
L’idée de créer le club naît en 2004, à l’issue de leurs carrières sportives. « Assis à la terrasse d’un café, avec Mustapha Larbi, nous nous disions pourquoi ne pas partager avec les jeunes du quartier, ce que nous a apporté le taekwondo », confie Djilali Mérili. C’est ainsi que trois ans plus tard, en 2007, ils fondent Génération Taekwondo Montpellier. « L'idée était aussi de proposer une alternative aux jeunes dans ce quartier où la pratique du foot était dominante. » Le succès est immédiat. Connus et respectés localement pour leurs parcours de champions, ils attirent rapidement enfants, adolescents et adultes désireux de découvrir la discipline. Dès ses débuts, le club s’appuie sur des valeurs fortes : le respect, la discipline, la persévérance, la solidarité, la maîtrise de soi.
Quand le sport rencontre la réussite scolaire
Au fil des années, Djilali Mérili constate que l’investissement nécessaire à la pratique compétitive peut parfois fragiliser le suivi scolaire des jeunes. En réponse, avec son équipe, il met en place dès 2012 un dispositif d’accompagnement aux devoirs, destiné dans un premier temps, aux compétiteurs du club. Puis face à la demande croissante des familles du quartier, le dispositif est rapidement élargi à l’ensemble des jeunes.
« Nous avons commencé avec une vingtaine d’enfants. Aujourd’hui, près d’une centaine bénéficient de cet accompagnement, précise Djilili Mérili. L’aide aux devoirs est proposée tout au long de la semaine avec l’aide de bénévoles, de parents d’élèves et de professionnels de l’éducation. Le club a également obtenu l’agrément CLAS (Contrat Local d’Accompagnement à la Scolarité), pour mener cette action éducative. »
Une association devenue acteur social de proximité
Aujourd’hui, GTKD dépasse largement le cadre sportif. L’association développe de nombreux projets : accompagnement scolaire, soutien à la parentalité, ateliers d’arts graphiques, actions de prévention contre le harcèlement scolaire, ateliers de gestion du stress, accompagnement administratif et social des familles, sorties pédagogiques et culturelles.
« L’association 3MTKD (Montpellier Méditerranée Métropole Taekwondo) de Karim Bellahcene nous convie souvent à des activités, les jeunes de notre club peuvent profiter de journée de loisirs », explique Djilali Mérili. L’équipe de Génération Taekwondo s’est progressivement structurée autour de bénévoles, de services civiques, d’un coordinateur pédagogique Hamid El Mandy et d’une médiatrice sociale Malika Lahmer. Des interventions sont également menées dans les établissements scolaires afin de renforcer le lien entre les familles et l’école. « Beaucoup de parents souhaitent s’impliquer, mais ils ont besoin d’être accompagnés pour comprendre le fonctionnement du système scolaire ou accéder aux dispositifs existants, constate Djilali Mérili. Cette évolution répond à une demande de plus en plus importante, notamment de familles nouvellement arrivées en France qui rencontrent parfois des difficultés au niveau de la langue ou lors de leurs démarches administratives. Le travail autour de la parentalité est nécessaire. »
Des champions et des championnes sur les tatamis
En parallèle de son action sociale, le club, reconnu au niveau national depuis des années continue de briller sur le plan sportif. Chaque saison, plusieurs licenciés accèdent aux podiums régionaux et nationaux. Certains comme Khalid Aboulhassane ont intégré les structures d’excellence du sport français, notamment l’INSEP. Génération taekwondo est une pépinière de talents, à l’image des jeunes Inaya Garonne, vice-championne de France cadette en 2023 et Aya Baouane, championne de France cadette en 2024 et 2025. Son parcours illustre la capacité de GTKD à détecter, former et accompagner de jeunes talents vers le haut niveau.
Une école de la vie au cœur du quartier
Pour son président, l’objectif reste inchangé depuis la création du club : utiliser le sport comme un levier d’émancipation. « Les arts martiaux sont une école de la vie. Ils apprennent à gérer le stress, à respecter les autres, à persévérer et à prendre confiance en soi. Ce sont des compétences qui servent partout, à l’école, dans le travail et dans la vie quotidienne », assure celui dont les enfants, sa fille de 12 ans et son fils de 9 ans, pratiquent le taekwondo... et l'an prochain son fils de 4 ans.
Grâce à son action sportive, éducative et sociale, Génération Taekwondo Montpellier est devenu un acteur incontournable du quartier et même au delà. Plus qu’un club de taekwondo, il constitue aujourd’hui un espace d’apprentissage, d’accompagnement et de réussite pour des centaines de jeunes et leurs familles.
Prochains stages de Génération Taekwondo
Durant les vacances scolaires :
- 8 au 12 février 2027
- 5 au 9 avril 2027
- 25 au 29 octobre 2027
Pas de stage durant les vacances de Noël
Accompagnement scolaire
Du lundi au vendredi de 17h30 à 19h (primaire) et de 19h à 20h30 (collégiens et lycéens)
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