Cinemed 2026 : le palmarès des Montpelliérains

26-10-26 - 14:00
Le Cinemed s’est terminé le 24 octobre à Montpellier. Les conditions difficiles qui ont accompagné cette 48e édition n’ont pas empêché le Festival du cinéma méditerranéen de distribuer ses prix. Aux côtés des professionnels, le public a également décerné des récompenses.
"Voyage au pays de l'homme blanc" de Dani Sancho
"Voyage au pays de l'homme blanc" de Dani Sancho : Prix du public - © D.R.
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Malgré les aléas (changements de lieux, manifestations), le 48e Cinemed s’est clos le 24 octobre. Pendant dix jours, le festival du cinéma méditerranéen a été la vitrine de la production des deux rives. Exceptionnellement, le palmarès n’a pu être annoncé en public et a été transmis par voie de presse. 

Le jury, présidé par le réalisateur Thierry Klifa, a décerné l’Antigone d’or à Dua, de Blerta Basholli (en salle le 10 février 2017). Ce récit touchant d’une adolescente qui traverse les bouleversements de son âge, alors que les tensions ethniques s’aggravent au Kosovo, fait écho à l’autre grand prix, celui du court métrage, remis à Intersecting Memory, de la Palestinienne Shayma’ Awawdeh. Ce documentaire autobiographique est composé d’images amateurs tournées au début des années 2000, pendant la Seconde Intifada à Hebron.

La musique, au cœur du récit

Ces deux prix étaient les plus attendus. Dix autres ont été décernés. Les professionnels de la musique ont ainsi distingué la bande originale de Conversation With The Sea, de Muayad Alayan. Le film suit Kamal, un Palestinien de 60 ans contraint de prouver la mort par noyade de son fils, survenue des décennies plus tôt. La partition de la Néerlandaise Fabienne Van Eck a séduit le jury, où siégeait notamment la musicienne Marie Benoît, corniste à l’Orchestre national de Montpellier : « Le ton très mélancolique du film est parfaitement rendu par la musique, notamment par l’usage de la clarinette, qui personnifie le personnage principal. »

Pour la quatrième fois, Marie Benoît a savouré le plaisir de siéger dans ce jury spécialisé : « C’est une expérience très intéressante, dans une ambiance sympathique. Nous jugeons selon des critères clairs, mais les sensations personnelles entrent évidemment en compte. Il faut argumenter, défendre son choix auprès des deux autres membres du jury. » Et de révéler : « S’il y a eu quelques hésitations vis-à-vis d’un autre film, le choix final a été unanime. »

Le public, baromètre des préoccupations

Plusieurs prix sont directement décernés par le public du festival. À chaque séance, les spectateurs étaient invités à noter les films découverts. Les prix du public ont valeur de baromètre. Les choix ont été différents de ceux des professionnels, mais révèlent la même attention aux vies fragilisées par les désordres du monde.

Le Prix du public revient ainsi à Voyage au pays des blancs, du Catalan Dani Sancho (en salle le 17 février 2027). Le film est adapté du récit autobiographique d’Ousman Umar, qui raconte son éprouvant parcours migratoire du Ghana vers l’Espagne. S'il a réussi à décrocher un master en coopération internationale, ses premiers pas à Barcelone, la ville rêvée, ont été particulièrement cuisants.

Côté court métrage, le public a préféré Signature du Marocain Brahim Fritah. En 13 minutes, le film porté par Reda Kateb interroge le geste de  signer son nom pour la première fois. Il devient un rite de passage vers l’âge adulte. Surprise du palmarès, c’est un film d’animation. Un signe d’intérêt du public de bon augure avant le festival L’Illuminé, du 4 au 6 décembre à Montpellier.

"Signature" de Brahim Fritah
"Signature" de Brahim Fritah : Prix du public court métrage - © D.R.
"Furies" , de Rami Kodeih
"Furies" de Rami Kodeih : Prix des étudiants - © D.R.
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"Signature" de Brahim Fritah
"Signature" de Brahim Fritah : Prix du public court métrage - © D.R.
"Furies" , de Rami Kodeih
"Furies" de Rami Kodeih : Prix des étudiants - © D.R.

Précarité, révolte et désir d’avenir

La 48e édition du Cinemed restera dans les annales pour le climat particulier dans lequel elle s’est déroulée. Sur fond de malaise exprimé par la jeunesse dans les rues, les jeunes Montpelliérains ont désigné leurs meilleurs films.

Le Prix étudiant revient à Furies  de Rami Kodeih (en salle le 14 juillet 2027). L’histoire se déroule à Beyrouth, en 2019, en plein effondrement économique du Liban. Maro doit financer une opération chirurgicale vitale, mais les banques ont gelé les économies de millions de déposants : elle ne peut pas retirer son argent. Révoltée, elle met au point un braquage nocturne. Ce « film de casse » est coproduit par George Clooney.

Décerné par un groupe de lycéens en collaboration avec le Centre social Alisé Gammes, le Prix Jeune va à Petite frappe d’Arnaud Jabouin. Ce court métrage, qui évoque le désir de paternité chez un très jeune homme, dépeint une jeunesse au verbe agile et truculent, évoluant entre jobs précaires et petits trafics. « Que le film parle aux jeunes me touche énormément. C’est le prix parfait », se réjouit le réalisateur, 35 ans, qui souhaiterait que les organismes sociaux s’emparent de son film.

>>> Lire aussi : Petite frappe d’Arnaud Jabouin au Cinemed

Le prix des prix

Outre la reconnaissance critique et publique, un film primé au Cinemed se voit doté de plusieurs avantages techniques et financiers. 31 200 euros sont ainsi attribués par les différents partenaires du Cinemed (1). Métropole et Ville de Montpellier y consacrent pour leur part 23 000 euros, répartis en trois prix, dont l’Antigone d’Or. 

(1) Canal+, Crédit Agricole, Cours Florent, CMCAS, Université Montpellier Paul-Valéry, Crous, Gazette de Montpellier, Jam, Decipro, les exploitants : Le Taurus à Mèze, Le Travelling à Agde, Quain des Lumières à Frontignan, Le Sémaphore à Nîmes, Le Diagonal à Montpellier, Le Capitole à Uzès, Alain-Resnais à Clermont L’Hérault, La Gazette Montpellier-Nîmes. 

>>> Le palmarès complet du 48e Cinemed


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