Élève d’Auguste Perret, l’architecte André Ravéreau (1919-2017) s’est beaucoup consacré à l’étude des architectures et cultures méditerranéennes. En 1949, encore étudiant, il se rend dans la vallée du M’Zab, en Algérie et découvre l’architecture mozabite, dont la cité de Ghardaïa, l’une des plus belles villes et oasis d’Algérie, dont l’architecture du Xe siècle, va le fasciner durablement. Plus tard, installé en Algérie en qualité d’architecte en chef des monuments historiques, il s’emploiera à sauver une grande partie du patrimoine culturel et architectural du pays et obtiendra notamment le classement de la mosquée Sidi Okba et de la ville de Ghardaïa aux monuments historiques algériens, ouvrant ainsi la voie au classement de Ghardaïa au Patrimoine Mondial de l’Unesco.
Jusqu’au 17 avril, l’École nationale supérieure d’architecture Montpellier (ENSAM) rend hommage à son travail et accueille l’exposition « André Ravéreau, leçons d’architecture », créée en 2019 par l’association ALADAR à l’initiative de Maya Ravéreau, fille de l’architecte. Une exposition inspirée de la trame du livre « Le M’Zab, une leçon d’architecture d’André Ravéreau », publié pour la première fois en 1981 aux éditions Sinbad, déclinée en six thématiques : latitudes, détail, décor, façade, geste, transmission… Chaque thématique mêlant différents supports, dessins, textes, maquettes de projets, extraits d’entretiens, ainsi que plusieurs photographies signées par celle qui fut sa compagne et collaboratrice, Manuelle Roche.
À l’occasion de cette exposition, une table-ronde en entrée libre est organisée le mardi 24 mars à 17h45, en présence notamment de l’architecte Maya Ravéreau. Elle sera animée par Badis Benyoucef, étudiant en dernière année à l’ENSAM. « J’ai eu la chance, dans le cadre de mon mémoire, de me rendre dans la vallée du M’Zab, de dormir sur place, dialoguer avec des ouvriers qui ont travaillé sur le site et d’approfondir la réflexion d’André Ravéreau sur les architectures vernaculaires et la manière dont il en a décliné les enseignements dans ses propres réalisations. Il a travaillé un peu partout, en Grèce, en France, mais aussi au Sénégal. L’exposition et la rencontre se concentrent sur le travail en Algérie, et l’idée de la table ronde est donc de regrouper divers acteurs qui ont eu un lien avec Ravéreau, architectes, spécialiste du design climatique ou maçon, pour organiser une grande discussion très ouverte… »