18h15, ce jeudi 9 avril : l’identité du président de la Métropole est connue. Michaël Delafosse, maire de Montpellier, entame un second mandat dans cette fonction, une première pour l’intercommunalité depuis 2008. Seul candidat, il a été élu avec 89 voix sur 92 suffrages exprimés. Dix bulletins blancs ont été comptabilisés. L’élection s’est déroulée sous la présidence du doyen de l’assemblée, Roger Caizergues, maire de Lavérune. En ouverture, ce dernier a appelé les élus, « collectivement gardiens d’un territoire exceptionnel », à « agir avec responsabilité au service du bien commun et des habitants ».
Un territoire attractif face à de nombreux défis
« Notre territoire est celui qui a connu la plus grande croissance démographique de France ces 50 dernières années. Il doit s’adapter et être résilient, notamment face au changement climatique », a constaté Michaël Delafosse, qui souhaite « parler à l’ensemble des maires d’égal à égal, au-delà des disparités démographiques », sans opposer centres urbains et territoires ruraux du bassin de vie.
Pour lutter contre la précarité et « la fragmentation sociale et spatiale », la priorité sera donnée au développement économique. « Il faut créer de la richesse et de l’emploi sur notre territoire en attirant des entreprises, en les accompagnant mieux, en soutenant nos filières stratégiques, en agissant pour mieux qualifier avec nos universités et nos écoles… », insiste le président dans son discours, évoquant un objectif de 30 000 emplois et la réorganisation du dispositif d’accueil des entreprises. Il souhaite également renforcer la coopération avec les territoires voisins, de Sète à Nîmes, en passant par Lunel et le littoral, sans oublier le Pic-Saint-Loup.
Mobilités, déchets, logement
Les mobilités restent un axe majeur pour la Métropole, qui entend rester « le territoire le mieux maillé de France ». Il s’agira de développer cinq lignes de bustram pour mieux relier les communes : Le Crès, Vendargues et Castries à l’est, Cournonsec, Cournonterral, Pignan et Lavérune à l’ouest, ou encore Grabels au nord. Un nouveau dépôt de la TaM à Pérols a également été évoqué, alors que le président s’est engagé à « faire enfin sortir le tramway des limites de la métropole », soulignant que le choix de la gratuité des transports en commun était « cruellement d’actualité avec la crise au Moyen-Orient ». Pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures, une feuille de route ambitieuse est proposée avec l’objectif de multiplier par trois la production d’énergie via les réseaux de chaleur urbain métropolitains.
La gestion des déchets sera également un défi de taille. « Nous ne sommes pas à la hauteur depuis 40 ans. Nous consacrons 230 euros par habitant pour traiter les déchets, alors que la moyenne nationale est de 138, car chaque année 4 900 camions sont envoyés hors du territoire dans des décharges à ciel ouvert ou des incinérateurs datant des années 1970… Amétyst a vocation à être transformée en CSR, qui n’est pas un incinérateur mais une chaudière qui va produire de l’énergie. Les gestes de tri de chacun doivent être améliorés. Nous développerons les déchetteries et les ressourceries, ainsi que le réemploi à travers l’économie circulaire », a détaillé Michaël Delafosse, qui a mentionné une baisse de 10 % de la TEOM à terme si tous ces objectifs sont remplis. Un débat public sera consacré à cette thématique.
Enfin, le président a appelé à une mobilisation collective sur la question du logement, où l’urgence se fait particulièrement sentir : « Nous comptabilisons actuellement 36 000 demandes logements sociaux non satisfaites. Souvent des personnes qui travaillent. Les jeunes qui veulent construire leur avenir professionnel ici ont du mal à se loger. Il faut continuer à agir dans le cadre du PLUi, en mobilisant tous les outils de la Métropole pour faire du réinvestissement urbain et produire du logement ». Les services de la Métropole vont mettre en place une ingénierie spécifique pour aider chaque maire dans la production de logement social afin de répondre aux difficultés de la population.
« Travailler ensemble, car ensemble on va plus loin »
Le président de la Métropole a terminé son intervention par un appel à l’unité et à la solidarité entre les communes pour mener de nombreux projets : protection des citoyens à travers un traitement intercommunal de la délinquance, 4e caserne de pompiers à Montferrier-sur-Lez, embellissement des communes et amélioration de la voirie, ou encore réalisation de projets de proximité, en particulier dans le domaine des équipements sportifs. « Je souhaite soutenir les forces vives du territoire et mobiliser les bonnes volontés. Seul on va vite, mais ensemble on va loin. Nous sommes un collectif et nous avons l’ambition d’aller loin », a conclu Michaël Delafosse.
Les 20 vice-présidents
1er vice-président, Renaud CALVAT, maire de Jacou, délégué aux Finances et aux Relations aux communes
2e vice-président, Cyril MEUNIER, maire de Lattes, délégué à la Voirie et aux Grands projets du territoire
3e vice-présidente, Julie FRECHE, conseillère municipale de Montpellier, déléguée aux Mobilités
4e vice-présidente, Florence BRAU, maire de Prades-le-Lez, déléguée à la Gestion de l’eau et l’assainissement
5e vice-président, Grégoire DELFORGE, conseiller municipal de Montpellier, délégué à la Transition écologique
6e vice-présidente, Clara GIMENEZ, conseillère municipale de Montpellier, déléguée au Logement et à la Politique de la Ville
7e vice-président, Stéphane CHAMPAY, maire du Crès, délégué à l’Urbanisme
8e vice-président, Christian ASSAF, conseiller municipal de Montpellier, délégué au Développement économique
9e vice-présidente, Fatima BELLAREDJ, conseillère municipale de Montpellier, déléguée à l’Enseignement supérieur, l’Emploi et l’Insertion
10e vice-président, Hervé MARTIN, conseiller municipal de Montpellier, délégué à la Politique sportive
11e vice-président, Éric PENSO, maire de Clapiers, délégué à la Culture et à la Promotion de la langue occitane
12e vice-président, Jean-Pierre RICO, maire de Pérols, délégué au Risque inondation
13e vice-président, Jean-François AUDRIN, maire de Saint-Georges-d’Orques, délégué aux Affaires générales et à la Gestion du patrimoine immobilier de la Métropole
14e vice-présidente, Michelle CASSAR, maire de Pignan, déléguée aux Ressources humaines et au Dialogue social
15e vice-président, Joël RAYMOND, maire de Montaud, délégué à l’Agriculture et à la ruralité
16e vice-président, Pierre-Marie CARVAJAL, maire de Castries, délégué à la Gestion des déchets
17e vice-présidente, Clare HART, conseillère municipale de Montpellier, déléguée au Rayonnement international et aux coopérations
18e vice-président, Patrick HIVIN, maire de Saint-Jean-de-Védas, délégué aux Sécurités
19e vice-présidente, Jackie GALABRUN-BOULBES, maire de Saint-Drézéry, déléguée au Patrimoine historique, à la Protection et à la valorisation de nos paysages
20e vice-président, François BROTHIER, adjoint au maire de Castelnau-le-Lez, délégué à la Politique des achats de la Métropole
N.B : Les intitulés des délégations ne sont pas définitifs et pourraient être modifiés
Le conseil de Métropole est composé de 102 conseillers communautaires issus des 31 communes, soit dix élus de plus que lors du mandat précédent. Cela fin de suivre l’évolution démographique du territoire, qui compte dépasse désormais les 500 000 habitants (516 657 habitants selon les chiffres Insee de 2022). Il compte 45 femmes et 57 hommes.