Quel a été votre parcours avant la création de WePlante ?
Emmanuelle Mausy-Pélissou : Après deux années de classes prépa, je me suis orientée vers un DUT en agronomie, puis une licence pro en biotechnologie appliquée aux filières agricoles. Je suis également ingénieur en informatique. J’ai travaillé six ans en Normandie pour InVivo en agronomie, puis six autres années à Vannes pour ADM, en nutrition animale. Mon travail consistait à concevoir des logiciels agricoles, c’est-à-dire des outils d’analyse et d’aide à la décision pour les agriculteurs. C’est un peu l’ancêtre de l’IA. J’ai touché à plusieurs domaines : la vigne, la qualité nutritive et le dosage des fourrages, l’élevage de lapins et de bovins, l’aquaculture…
Comment avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ?
E. M-P. : Après un très gros projet, j’étais fatiguée et j’avais besoin d’une coupure. De plus, la branche où j’évoluais a été rachetée par un groupe américain. J’ai donc eu envie d’autre chose, et j’ai commencé à réfléchir à créer ma propre activité. Au départ, je pensais proposer un prototype de ferme connectée. J’ai déposé ma marque en 2019. L’épisode COVID et des projets familiaux ont un peu ralenti le démarrage. Puis est venu le concept de WePlante autour de la végétalisation. J’ai été accompagnée par la BGE pour le business plan et la première étude de marché. J’ai déposé les statuts de l’entreprise en mai 2023 à Montpellier.
Pourquoi avoir choisi de vous implanter à Montpellier ?
E. M-P. : Pour plusieurs raisons : la qualité de vie, un vrai engagement autour de l’écosystème des start-ups, de l’agroécologie et de la végétalisation notamment.
Quel est le concept de WePlante ?
E. M-P. : Nous sommes un bureau d’études en informatique appliqué à la végétalisation. Nous proposons des services de végétalisation pour le bien-être des espaces professionnels et la création d’îlots de fraîcheur. Nous faisons aussi de la décoration évènementielle. Nos solutions d’architecture végétalisée sont éco-conçues et "made in France". Concrètement, nous créons des ambiances végétales et nous proposons la location et l’entretien d’un écosystème vivant pour favoriser le bien-être dans un lieu. Souvent des bureaux, des espaces d’accueil, des lieux de réunion, des terrasses… De la plante classique à la canopée de quatre mètres de haut. WePlante n’a pas de plantes à vendre, mais nous valorisons le stock de nos horticulteurs partenaires, qui sont à Mauguio et Fabrègues par exemple. Cela par le biais d'un logiciel que nous avons créé. Nous travaillons sur des solutions technologiques pour "dérisquer" les projets de végétalisation urbaine. Nous proposons également des structures autoportantes en canopée pour créer des îlots de fraîcheur sur l’espace public, dans le but d’apporter de l’ombre et de la biodiversité en ville. Nos propres systèmes permettent d’optimiser la consommation en eau. Nous ramenons ainsi de la valeur en zone rurale en végétalisant en ville. Notre activité s’étend sur toute l’Occitanie est. Nous avons aussi des clients sur Toulouse et Paris. Après avoir commencé avec deux alternants d’Ynov Campus, j’ai aujourd’hui deux salariés et deux stagiaires avec moi dans l’entreprise.
De quels accompagnements avez-vous bénéficié ?
E. M-P. : Via le BIC de Montpellier, nous avons obtenu nos premiers bureaux au sein de la Halle de l’Innovation, puis d'autres supplémentaires sur l’espace Gisèle Halimi à la Mosson. Grâce à la BGE, nous avons bénéficié d’un premier prêt d’honneur auprès du Réseau Initiative Montpellier Pic-Saint-Loup. Complété par un prêt bancaire classique et un investissement personnel, cela a permis de lancer le projet. Nous avons participé à plusieurs dispositifs dédiés aux start-ups à impact, comme par exemple « Les premières Occitanie » et « La Mêlée », ou le programme entrepreneures des quartiers – France Quartier 2030. Nous avons aussi travaillé sur le modèle économique et la commercialisation avec Montpellier Business School, et nous sommes lauréats du « Marathon du Web 2025 » avec les étudiants de l’Université Paul Valéry. Nous faisons partie de la "communauté des éclaireurs" de l’Agence des Transitions. En tant qu'entreprise innovante, nous avons aussi bénéficié d'un crédit impôts innovation. La Métropole de Montpellier a participé au financement de notre vélo cargo d’entreprise. Enfin, nous allons prochainement modifier nos statuts pour devenir Jeune Entreprise Innovante à Impact, afin de souligner notre engagement et de préparer notre future phase de levée de fonds. L’objectif est de soutenir le développement de nos solutions technologiques, puisque WePlante est un bureau d’études en informatique appliqué à la végétalisation.
Avez-vous quelques conseils pour ceux qui voudraient créer leur entreprise ?
E. M-P. : Tout d'abord, ne pas hésiter à se faire accompagner. Ne pas rester seul avec son projet mais faire appel aux différentes structures d’accompagnement pour la réalisation du business plan et trouver les premiers financements. Tout est bon à prendre : mentorat, parrainage, réseaux de partenaires… Ils apportent leur précieuse expérience et également un soutien moral. Ensuite, essayer de faire son étude de marché soi-même pour bien connaître et cibler ses clients potentiels. Il faut savoir rester flexible et se rapprocher de toute opportunité, même si elle paraît un peu éloignée de notre point de départ. Lancer d’abord quelque chose qui fonctionne puis l’améliorer plus tard. Je conseillerais aussi de ne pas dépenser trop avant d’avoir vraiment trouvé son marché. J’incite à mettre en avant ses valeurs, parler aux personnes et non aux structures. Il faut que le discours résonne chez l’interlocuteur, sinon il ne signera pas avec vous. En termes de communication, je suis à 100 % sur LinkedIn car c’est le plus efficace en BtoB (Business to Business). Mais en mettant en avant le "personal branding", c’est-à-dire que c’est le dirigeant qui transmet ses valeurs, qui met en avant son image, plus que la simple page professionnelle de l’entreprise.