Hauts de Massane : Musique classique en plein air sur le terrain de basket de la rue Cardenal

27-07-26 - 16:45
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« Ecoutons ! », c’est un concert porté par mille formes montpellier dans le cadre de ses hors les murs en partenariat avec la Maison pour tous Georges Brassens, des Hauts de Massane. Rendez-vous est fixé ce mercredi 29 juillet, à 20h, sur le terrain de basket-ball de la rue Pierre Cardenal. Pianiste qui mène à la fois une carrière de soliste et se consacre à des projets originaux, Guilhem Fabre intervient dans le cadre d’uNopia. Contraction joueuse d’utopie et de piano, le concept est celui d’un camion qui transporte un piano à queue et d’un artiste qui joue de la musique là où l’on aurait tort de croire qu’elle ne serait pas invitée. Entretien avec Guilhem Fabre, pianiste et inventeur d’uNopia.
Piano dans un camion
Un camion qui s'ouvre, un piano à queue qui apparaît et la musique classique peut résonner partout - ©uNopia
Écouter

Quel a été le déclencheur du projet uNopia et de votre conviction que la musique classique devait aller partout ?

C’était une réponse à plusieurs interrogations que j’avais. Comment faire en sorte d’ouvrir la musique classique pour qu’elle ne soit pas uniquement cantonnée à des grandes salles où les gens ordinaires ne se sentiraient pas concernés ? Comment un jeune artiste, car j’avais 23 ans quand j’ai eu cette idée, pouvait vivre une vraie aventure avec cette musique là qui a parfois une image ancienne et vieillotte ? J’avais envie de mêler les deux et donc l’idée d’un camion dans lequel je pouvais transporter un piano pour faire des concerts ouverts à tout le monde est venue comme une réponse évidente à ces questionnements.   

Vous avez une approche particulière envers le jeune public ?

Cela fait partie des choses que je fais régulièrement et que j’aime beaucoup faire. Le jeune public est intéressant car il est très réactif et obtenir son attention demande une réflexion particulière. C’est un défi de devoir capter l’attention des enfants et d’allumer une petite étincelle en eux, dans leur cœur, dans leur âme afin qu’ils se disent : tiens, j’ai ressenti quelque chose à ce moment-là. Ce sont des choses, surtout si on les a ressenties étant petit, qui peuvent durer toute la vie. Donc, pour moi, cela a énormément de sens de le faire.

Ce mercredi soir, aux Hauts-de-Massane, vous installez votre camion itinérant et votre piano sur un terrain de basket devant une assistance plutôt rap, sans faire de clichés. C’est ce genre de défi qui vous tente ? 

Confronter cette musique qui se joue dans de grandes salles pleines de dorures avec des instruments fragiles et magnifiques avec la réalité de ce que vivent les gens au quotidien est exactement ce qui m’attire. Un quartier comme celui-ci, c’est le cœur de l’intention que j’avais à la base. Même si aujourd’hui, on a soi-disant accès à ces musiques gratuitement et à volonté, la véritable rencontre reste celle d’être humains qui passent un moment ensemble. C’est donc un moment unique qui va avoir lieu, car je pense qu’un concert de musique classique sur un terrain de basket, on ne voit pas ça tous les jours ! Tout le défi est de déclencher cette petite étincelle chez les enfants. Il faut un programme le plus éclectique possible, car l’un trouvera sa porte d’entrée dans la musique de Rameau, un autre -  qui sait - dans celle de Chopin ou de Mozart. Je vais tendre plusieurs fils, au public de les saisir.

Votre petite étincelle passe par une prestation très participative ? 

J’aime bien laisser aux spectateurs la liberté de me poser des questions. J’essaie d’ouvrir la discussion entre les morceaux. En l’occurrence, Rameau avait une pièce pour clavecin sur la poule. Je vais justement essayer de leur faire deviner quel volatile Rameau essayait de mimer avec l’instrument. Il faut ouvrir l’écoute et je crois même que c’est un grand sujet de société pour les enfants et pour les adultes. Et je pense que la musique classique qui n’est pas amplifiée ne peut pas exister s’il n’y a pas l’écoute. Et dans ce monde qui va à toute vitesse, on a parfois besoin d’écouter. C’est intéressant de voir la capacité des enfants à se poser deux ou trois minutes pour écouter un morceau et voir comment il évolue. Si l’on a une écoute attentive, c’est là que l’on ouvre les portes à l’émotion et à ce que cette musique suscite. 

Comment la route d’uNopia a croisé celle de mille formes à Montpellier ?

Il se trouve que je suis originaire de Lectoure, dans le Gers et Lydie Marchi, l’actuelle directrice de mille formes, dirigeait auparavant le centre d’art de Lectoure. Un jour, je l’ai invitée à venir voir, dans le quartier du Mirail à Toulouse, un concert assez similaire à ce que je ferai mercredi à Montpellier. J'ai également fait une intervention en 2021 à Clermont-Ferrand. J’ai regardé la programmation de ce qui est fait par mille formes à Montpellier. Je trouve ça exceptionnel. C’est une chance folle qu’ont les enfants d’avoir un centre d’art qui leur est dédié. C’est primordial pour l’éveil à la sensibilité et à la culture. 

« Écoutons » !, concert (durée : 1h) de Guilhem Fabre sur le terrain de basket-ball de la rue Pierre Cardenal, aux Hauts-de-Massane, le mercredi 29 juillet, à 20h.    

unopia.eu

 

Spectacle en plein air
uNopia transporte la musique classique en dehors des grandes salles et jusque sur les places de village - ©uNopia