Ambroise Rateau a tourné "L'Apocalypse" cet été dans une discothèque désaffectée à Lattes

13-08-26 - 14:00
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César du meilleur court-métrage en 2026 pour « Mort d’un acteur », Ambroise Rateau, tournait son premier long métrage cet été dans la région et notamment dans une ancienne discothèque de Lattes, renommée "L’Apocalypse", qui donne son nom au film. Fort d’un casting XL (Jérôme Commandeur, Emmanuelle Bercot, Philippe Rebbot entre autres), rencontre avec un réalisateur de 31 ans qui sait parfaitement où il veut aller.
Vue extérieure de la discothèque
Le film est en grande partie un huis clos qui a été tourné dans une discothèque désaffectée à Lattes - ©C. Ruiz
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On vous quitte avec votre César et on vous retrouve devant une discothèque fermée à Lattes... On dirait du déclassement alors qu’au contraire, vous avez été très rapide pour tourner votre premier long métrage ! 

Ambroise Rateau : Il y a eu une chute sociale entre-temps (rires). On a eu beaucoup de chance dans le financement de ce film. C’est un peu le syndrome du survivant. Il y avait mille scénarios dans lesquels le financement et le casting de ce film ne se faisaient pas et on a accepté de me suivre au niveau du casting, de la production et des partenaires financiers. Le film s’est monté un peu comme un projet express. En réalité, c’est un scénario que j’ai rendu il y a un an et qui était casté avant les Césars. C’est un projet qui avançait en parallèle jusqu’au moment où j’imagine que le César a aidé à enjoindre les derniers partenaires financiers, les chaînes et la région Occitanie. C’est une correspondance de plein de choses, mais avec toujours au cœur les rencontres créatives autour du projet. Je recommence avec la même équipe et des collaborations avec les comédiens que j’avais initiées dans le court-métrage.  

100% du casting souhaité sur un premier film, c’est assez rare… 

Ambroise Rateau : Que des comédiens de premier choix, cela n’arrive jamais... Ils ont eu le courage de venir, ils ne savaient pas qui j’étais. Ils ont eu le courage de rester au moment où ils ont compris que c’était un film à bouts de ficelle. Le projet était financé et on avait quand même un hélicoptère et des séquences action (rires) ! Mais on a resserré le temps de tournage. Ce qui plonge les comédiens et l’équipe dans une sorte d’inconfort. C’est génial sur le plan créatif mais cela aurait pu rebuter des acteurs qui ont l’habitude d’avoir plus de confort. 

Portrait d'Ambroise Rateau
César du court métrage en poche, le jeune réalisateur enchaîne avec son premier long métrage - ©C. Ruiz

Quelles sont les raisons qui ont entraîné un tournage à Montpellier ?

Ambroise Rateau : J’ai fait un casting de boîtes de nuit. Ce qui m’a attiré ici c’est la possibilité que le film ait un ancrage régional fort. Les palmiers, le soleil, la lumière, l’architecture locale, ce brutalisme ambiant, est quelque chose qui m’a beaucoup plu. Le film a une odeur particulière qui, en fait, était nécessaire. Je pense notamment à ces extérieurs avec des terres rouges magnifiques du Salagou dont on a un rappel visuel dans le bureau qui est un décor important. Je me rends compte que le film a une identité forte grâce à son implantation dans la région. J’en suis d’autant plus fier qu’il s’agit d’un huis clos avec un nombre de décors très ramassé.  

Dans votre univers de comédie, il y a une part importante d’absurde. Vous êtes d’accord avec cela ? 

Ambroise Rateau : C’est un mot valise où l’on met un peu tout. En réalité, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de vie dans ce que je fais, alors que l’absurde suppose une sorte de déconnexion émotionnelle. Je crois au contraire que mes personnages sont du quotidien. Plus que l’absurde, je dirai plutôt l’abstraction, un peu comme un peintre qui décale sa vision du réel pour essayer d’atteindre une impression du réel qui est plus juste. Mes personnages parlent un peu à côté mais pour révéler des mauvaises compréhensions et des difficultés à communiquer qui appartiennent à une réalité que l’on connaît tous.  

Votre premier long métrage correspond à l’idée que vous vous en faisiez ?  

Ambroise Rateau : Sincèrement oui, mais après, tout est accident au bon sens du terme. Quand on a Jérôme (Commandeur) ou Emmanuelle (Bercot) sur un plateau, la vie transcende tout ce qu’on avait pu imaginer. D’un coup, les propositions sont fortes, les personnages sont incarnés et dépassent la petite vision que je pouvais avoir dans mon cerveau. Cela allait bien au-delà de ce que je pouvais imaginer tout seul face à ma page blanche.    

Tournage avec Jérôme Commandeur
Jérôme Commandeur figure au casting de "L'apocalypse" - ©C. Ruiz
"On forme presque une petite famille"
Albane Fioreti

Quel est votre rôle particulier dans cette "Apocalypse" ?

« Je suis assistante à la mise en scène. Et aussi en renfort pour aider - car on a 22 figurants - la 2e assistante (Margot Couette) sur tout ce qu’il y a à faire sur un plateau. J’avais déjà travaillé avec elle sur le premier long métrage de Jérémy Banster, "À bras le cœur", en avril dernier à Toulouse. On était aussi dans une discothèque. Je suis Montpelliéraine, nous sommes d’ailleurs plusieurs dans ce cas, et c’est toujours agréable de travailler ici car on est bien dans notre ville. On se connaît et on a plaisir à se revoir ensemble sur des projets. On forme presque une petite famille. Les techniciens qui viennent de Paris le voient et c’est assez chouette. Je crois que les Montpelliérains amènent beaucoup de choses aux équipes qui débarquent. J’ai déjà travaillé ici à la mise en scène, en chargée de casting, j’écris, je réalise également donc je ne suis pas en terre inconnue. « L’Apocalypse » va être super. C’est un scénario drôle, décalé et concernant le metteur en scène, on sent son appétence pour cela, pour les comédiens et on aussi deux super producteurs qui ont réussi à faire venir un hélicoptère ».

Albane Fioreti
Assistante mise en scène

Le pitch de L'Apocalypse 

Trois braqueurs un peu branques viennent de braquer une agence bancaire. À défaut de partir avec beaucoup d’argent, ils sont partis avec un otage amoché et hémophile ce qui n’arrange rien. Ils sont poursuivis par deux flics, un peu branques eux aussi, qui arrivent à les découvrir et ils viennent trouver refuge dans une boite de nuit désaffectée de jour. L’aventure se poursuit avec beaucoup d’incompétence de part et d’autre. 

"Ambroise a une singularité dans sa proposition de cinéma"
Les co-producteurs du film

Lucas Tothe : « Ambroise va relativement vite dans l’écriture. Il a plein de projets dans la tête. Avant les Césars, on a eu l’opportunité de rencontrer Marc Benoit au festival de Clermont-Ferrand et Ambroise pensait déjà à l’écriture de son premier long métrage. Et l’on a décidé de travailler tous les trois ensembles pour faire ce film, les Césars sont arrivés après et Ambroise avait la capacité d’avoir ce film déjà écrit. Cela nous a ouvert des portes et finalement ça s’est fait assez rapidement. » 

Marc-Benoît Créancier : « Ambroise a une singularité dans sa proposition de cinéma qui fait qu’il ne ressemble pas beaucoup à un premier film français, c’est de la comédie d’auteur flirtant avec le genre. Il écrit pour des acteurs et bien avant le César il avait réussi à réunir ce très beau casting. C’est très rare. Ce court métrage « Mort d’un acteur » a été une belle carte de visite et tout a été extrêmement bien aligné. 70% de l’équipe technique est Occitane et il y a ici un réseau de techniciens assez important et avec des compétences évidentes. »

Lucas Tothe et Marc-Benoît Créancier
Les co-producteurs du film