« Avec huit titres de championnes de France et une coupe d’Europe, nous avons marqué le rugby féminin français. Mais ensuite, nous avons été en difficulté. Par manque de moyens et par manque d’anticipation face aux évolutions de notre sport. Cette saison marque le retour de nos ambitions : nous visons le Top 4 et les phases finales. On se mobilise pour rattraper notre retard sur les grosses écuries actuelles », annonce Serge Guiseppin, président de l’association MHR. Grâce au soutien de ses partenaires, dont la Ville et la Métropole de Montpellier, le budget consacré à la section féminine va progresser de 47 % cette saison.
Études, emploi, logement : accompagner les joueuses
Au-delà d’un recrutement ambitieux, cette mobilisation se fait à tous les étages. En développant le rugby féminin dans les collèges et les quartiers prioritaires. En structurant mieux le parcours de formation des joueuses, du plus jeune âge à l’équipe réserve Espoirs. Cela afin de faire éclore les talents du territoire et d'alimenter durablement l’équipe première qui évolue en Élite 1.
« Nous produisons des efforts sur l’accompagnement des jeunes joueuses : familles d’accueil ou internat pour l’hébergement, suivi scolaire individualisé, déploiement de l’alternance et de l’apprentissage, amélioration des conditions d’entraînement… Nous avons renforcé l’encadrement en conséquence », souligne Serge Guiseppin, qui souhaite valoriser un projet qui dépasse le sportif : rôle éducatif, cohésion sociale, égalité femmes / hommes…
Appel aux entreprises du territoire
Il faut également accompagner les joueuses de l’équipe première vers l’emploi, car elles ne sont encore que semi-professionnelles : la quasi-totalité de l’effectif travaille ou poursuit des études à côté du rugby de haut niveau. Pour plus de souplesse et de cohésion, le club a ainsi mis en place un créneau d’entraînement autour des horaires de la pause déjeuner, suivi d’un repas collectif.
« Notre demande aux entreprises, ce n’est pas forcément du sponsoring, même si on en recherche aussi. C’est l’embauche de nos joueuses de haut niveau avec la possibilité d’aménager les horaires de travail en fonction des entraînements. Nous le faisons déjà avec notre partenaire AXA Montpellier, par exemple. Cela rentre dans le volet RSE, et à ce niveau, nous proposons du clé en mains », détaille le président. « On veut remplir le stade Sabathé. Cela peut passer par une entreprise qui invite l’ensemble de ses salariés à découvrir le rugby féminin et à passer un bon moment avec nous. Pour les joueuses, c’est un plus d’évoluer dans un stade plein », ajoute-t-il.
Soutien de la Ville et de la Métropole : priorité au sport féminin
Christophe Bourdin, adjoint au maire délégué au Développement du sport pour toutes et tous :
« Nous voulons apporter un appui structurant aux filières féminines. Cette année l’association MHR bénéficie d’une subvention de la Ville de Montpellier, en hausse, de 56 000 euros. Ce sont aussi des infrastructures dignes de ce nom. Le stade Sabathé, rénové en 2023, est l’un des plus beaux du championnat. Nous allons continuer : déplacement du panneau d’affichage des scores, amélioration des tribunes… Cet équipement nous permet d’ouvrir plus de créneaux pour le sport féminin. Nous allons créer des évènements pour faire connaître le sport féminin. Notre volonté et le projet du MHR Féminin se rejoignent. »
Hervé Martin, vice-président de la Métropole délégué au Rayonnement sportif et au Développement du sport pour toutes et tous :
« Nous avons réussi à stabiliser le MHR Féminin, maintenant on veut développer le projet. Pour cette saison, la Métropole de Montpellier apporte 120 000 euros de subvention supplémentaires sur la section féminine. C’est possible grâce à la réorientation de crédits auparavant dédiés aux professionnels masculins : un rééquilibrage pour soutenir le développement du sport féminin. Le but est de faire avancer l’égalité femmes / hommes dans l’ensemble de la société et de lutter contre les discriminations. C’est aussi inventer de nouveaux modèles, parce qu’on voit que chez les hommes, même avec beaucoup plus de moyens, certains sont à bout de souffle… On va travailler sur l’affluence au stade. Les joueuses du MHR sont semi-professionnelles. Se posent donc les questions de l’emploi et de l’hébergement. Nous allons solliciter les entreprises du territoire sur ces thématiques pour pouvoir retenir et attirer les meilleures joueuses. Même chose pour les études, et là, Montpellier a déjà de nombreux atouts ! »
Un partenariat privilégié avec la Polyclinique Saint-Roch
La polyclinique Saint-Roch et le MHR féminin ont signé une convention pour un suivi médical spécifique des joueuses. « Il existe un parcours santé spécifique pour la sportive de haut niveau. Grâce à nos expertises médicales, nous allons l’assumer, de la prévention aux soins, en passant par la prise en charge globale. Derrière ce dispositif, il y a une équipe de près de 60 personnes comptant de nombreux spécialistes », explique Elizabeth Frithmann, directrice de la polyclinique Saint-Roch. Olivier Cherici, gynécologue obstétricien s’associe à la démarche : « Les joueuses auront un accès plus facile aux consultations dans l’établissement : dépistage, suivi, prise en charge… Nous ferons du cas par cas, en nous appuyant sur nos expertises concernant des spécificités comme l’endométriose, les règles, l’accompagnement à la maternité et au retour à la compétition… ». Il sera épaulé par Philippe Sablayrolles, médecin spécialiste de la traumatologie du sport qui s’occupe déjà des athlètes du MHSC, du MHSC VB et du BLMA : « Je travaille depuis 20 ans dans le sport professionnel à Montpellier. À la polyclinique Saint-Roch, nous avons une grande expérience dans le suivi des sportifs et sportives de haut niveau. Nous sommes ravis d’accompagner les joueuses du MHR, qui auront accès aux mêmes parcours de soins privilégiés. »