Gymnase : Marcel Cerdan et Édith Piaf rafraîchis par l'artiste Sckaro

Artiste urbain originaire du Havre et aujourd’hui établi à Sète, Oscar Maslard, alias Sckaro, est à la fois issu du graffiti et d’une école de graphisme. Il est l’auteur de la fresque rénovée du gymnase Marcel-Cerdan, dans le quartier Paul-Valéry, à Montpellier. Entretien.
Façade de droite
Hier envahie de tags, la façade du gymnase du quartier Paul-Valéry est épurée et pleine d'éclat - © L. Séverac
Écouter

Par quel cheminement êtes-vous arrivé à travailler sur la fresque du gymnase Marcel-Cerdan ?

Sckaro : J’ai été contacté par la galerie d’art Studio 411 qui avait répondu à un appel d’offres de la Ville de Montpellier. Cette fresque n’avait pas été renouvelée depuis longtemps.

Vous aviez déjà travaillé sur un mur à Montpellier ? 

Sckaro : Non, j’ai travaillé à Sète et j’ai beaucoup vadrouillé partout en France, mais c’était une première à Montpellier. Je suis partant pour recommencer !

Vous partiez d’une fresque vieillie par le temps avec de nombreux tags...

Sckaro : On a fait plusieurs réunions avec la Ville et Studio 441 pour définir ce que j’appelle les contraintes. C’est-à-dire les demandes précises comme celle de remettre Marcel Cerdan et Édith Piaf. Je l’ai intégrée, tout comme les sports qui se pratiquent à l’intérieur du gymnase. J’avais déjà fait du figuratif, mais disons que ce n’est pas le cœur de mon travail. 

Les deux personnalités représentées ne parlent plus tellement aux jeunes. Il y a un décalage générationnel. C’était délicat pour aborder votre travail ?

Sckaro : Oui, mais c’était une demande de la Ville car il y avait déjà les portraits d’Édith Piaf et Marcel Cerdan sur le mur de droite. Mais je les ai représentés à ma façon, car ils sont entourés de plusieurs éléments graphiques et plus contemporains. 

Vous avez eu des échanges avec les habitants du quartier ?

Sckaro : Avant non, mais pendant mon travail, j’ai discuté tous les jours avec les habitants. Les retours étaient très positifs. La population un peu plus âgée était super contente qu’Édith et Marcel soient remis. Chez les plus jeunes, ils ont bien aimé le côté 3D avec beaucoup de couleurs et de volumes. Ça leur a parlé car c’est assez voisin du graffiti comme approche.

Votre travail a été rapidement tagué et vous avez été amené à faire une repasse. Mais, depuis, il semble s’inscrire dans son nouvel environnement. 

Sckaro : Au début de l’intervention, les jeunes n’ont pas bien compris que cela ne soit pas quelqu’un du quartier qui refasse la fresque. Mais, au fur à mesure, en voyant le travail évoluer et en voyant aussi que j’étais là, que je travaillais tous les jours, petit à petit, ils ont de plus en plus apprécié. Les tags au début, j’avais envie de les laisser parce que c’était aussi une histoire de respect avec les graffeurs du quartier et tous les codes du graffiti. Mais en voyant l’engouement et le plaisir des gens pour la fresque, je me suis dit non, il faut que je refasse.

Façade de gauche
Les portraits de Marcel Cerdan et d'Édith Piaf figuraient parmi les attendus de la collectivité - © L. Séverac