« Avec cette allée et cette plaque, nous honorons aujourd’hui Alphonse Cillière, pour faire entrer dans la mémoire collective un diplomate qui a pris la parole et dénoncé un génocide.Témoin des faits, ses lettres diplomatiques et ses notes furent des sources très précieuses pour les historiens afin de qualifier les faits. Nous avons le devoir d’entretenir la mémoire de ce génocide face au négationnisme », a déclaré Michaël Delafosse, maire de Montpellier, en présence de Sivak Mikayelyan, maire de la ville amie d’Hrazdan. « Il s’agit de témoigner du soutien indéfectible de la France et de Montpellier envers l’Arménie, alors que son intégrité territoriale est aujourd’hui menacée. Nous nous tenons aux côtés de l’Arménie », a-t-il ajouté.
Montpellier aux côtés de l’Arménie
Montpellier entretient des liens forts avec l’Arménie : collaboration entre les barreaux d’avocats, échanges entre le lycée Nevers et le lycée n°13, actions communes devant la Cour européenne des Droits de l’Homme… Dans le prolongement de cette inauguration, la Ville de Montpellier a organisé une cérémonie en hommage aux victimes du génocide arménien de 1915 sur l’esplanade Charles de Gaulle, où se trouve depuis 40 ans un monument dédié à la mémoire des victimes.
À la fin du XIXe siècle, Alphonse Cillière est consul de France à Trébizonde (ville turque actuelle de Trabzon, située sur les bords de la mer Noire), dans une région où la population arménienne est alors majoritaire. Il y est le témoin direct des massacres massifs d’Arméniens ordonnés par le pouvoir ottoman en octobre 1895. Il consigne alors ses observations et le déroulé des faits dans des notes minutieuses. À la fin des années 1920, il prend la plume pour témoigner et raconter ce drame dans son ouvrage 1895, Massacres d’Arméniens. Ce texte est ensuite publié en 2010, enrichi des commentaires de spécialistes, comme notamment le Pr Gérard Dédéyan (Université Paul Valéry de Montpellier), mais aussi Claire Mouradian et Yves Ternon. Par son engagement et ces écrits, Alphone Cillière contribua à faire connaître en Europe cet épisode tragique, considéré comme la première étape d’un processus génocidaire qui va culminer en 1915.
Une ville plus piétonne
Dans le cadre de la construction de l’immeuble BIKUBE, la Ville et la Métropole de Montpellier ont demandé la création d’une nouvelle allée piétonne, aménagée sur l’ancien terrain GDF. Aujourd’hui baptisée allée Alphonse Cillière, elle fait le lien entre le boulevard de Strasbourg et la rue du Cimetière des protestants. Ces aménagements ont été réalisés par Vinci Immobilier. L’allée Alphonse Cillière est un cheminement piéton précieux pour les habitants, qui offre un passage bucolique pour rejoindre la ligne 3 de tramway ou le cimetière protestant, et s’inscrit dans le « plan marchable » porté par la Ville.