Ce sont 11 classes issues de huit écoles qui ont mis la main à la pâte pour créer cet ouvrage, né d'une belle collaboration entre l'Atelier Canopé, qui a coordonné le projet, la Direction des services départementaux de l'éducation de l'Hérault, aux commandes sur le volet pédagogique, et la Ville de Montpellier, qui a soutenu l'aventure avec une enveloppe de 10 000 euros. Le résultat est un livre de nouvelles et de recueils de poésies édité à 4 500 exemplaires.
Visiter pour mieux inventer
Mais comment embarquer des enfants de 9 à 11 ans dans une telle aventure ? Anne-Gaëlle Delord, enseignante à l'école Dickens et participante pour la 8e fois, a rodé sa méthode : « Dès septembre, je fais lire à mes élèves quelques nouvelles des précédents tomes. En octobre, une fois le thème connu, chaque élève imagine son histoire, et on sélectionne ensuite les thèmes qui reviennent le plus souvent ». Des visites sont programmées pour imprégner les auteurs en herbe du thème de l'année. À l'école Michel de l'Hospital, par exemple, c'est la découverte de la salle des Actes, à la Faculté de médecine, avec ses portraits d'illustres médecins montpelliérains, qui a soufflé l'intrigue, à savoir la disparition mystérieuse d'un médecin.
Policier, poésie, occitan… chacun sa voix
On le sait, les enfants raffolent du suspense. L'enquête policière domine, avec son lot de kidnappings, d'empoisonnements et de voyages dans le temps, mais le projet laisse aussi place à d'autres formes d'expression. L'école Gambetta a choisi la poésie, tandis que la Calandreta dau Clapàs a opté pour des calligrammes en occitan. À l'école Jeanne d'Arc, l'histoire se déroule sous l'Occupation à Montpellier.
Une aide bienvenue
Pour affiner tout cela, l'écrivaine jeunesse Chloé Millet est intervenue dans six classes : « Je leur ai indiqué comment créer du suspense, comment arriver au dénouement, trouver un titre accrocheur. Les enfants n'avaient pas conscience du travail que cela implique pour écrire un livre. Ils ont aussi été confrontés à la difficulté de la relecture, qui est fastidieuse ». Une expérience qu'elle dit elle-même enrichissante : « Cela me donne des idées pour mes prochains livres ».
Un tremplin pour tous, même les non-lecteurs
La plus belle réussite des Mystères de Montpellier est sans aucun doute de conduire tous les élèves à la lecture, y compris ceux qui lisent peu. « Ils ne sont pas tous grands lecteurs, mais ce projet les fait progresser », souligne Anne-Gaëlle Delord. Et les effets dépassent parfois le cadre scolaire. « Une de mes élèves a poursuivi l'aventure en se lançant dans une écriture personnelle après le projet. Une vocation née entre les murs de la classe », confie Thierry Grosnon, instituteur à l'école Sigmund Freud.
« Vous avez écrit un livre ! »
Les enfants ont pu vivre un grand moment les 23 et 24 mai en participant à des séances de dédicaces, tenues à la Comédie du Livre, où le temps d'un salon, les écoliers ont endossé le rôle d'écrivains à part entière. Et la reconnaissance ne s'arrête pas là. Un exemplaire sera remis à chaque élève entrant en 6e lors de la fête des CM2 en juin prochain, comme l'a promis le maire Michaël Delafosse, visiblement ému : « Je veux vous dire ma grande fierté d'être le maire d'une ville où les enfants deviennent des écrivains et des écrivaines, car le plus important est là : vous avez écrit un livre ! ».
Les huit écoles concernées cette année
ÉCOLE DICKENS
Un bilan extrêmement toxique
ÉCOLE ANDRÉ BOULLOCHE
Le voyage dans le temps
ÉCOLE MICHEL DE L’HOSPITAL
Le mystérieux kidnapping
ÉCOLE GAMBETTA
Soigner les maux par les mots
ÉCOLE SIGMUND FREUD
Une vie menacée
ÉCOLE JEAN ZAY
Le Covid 26
La drôle d’histoire de Leya
ÉCOLE JEANNE D’ARC
Tu me raconteras…
CALANDRETA DAU CLAPÀS
Los calligramas de la medecina a Montpelhièr