Cévennes : échanges avec le public

19-03-24 - 12:38
26-03-24 - 09:52
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Rendez-vous était donné samedi 9 mars au collège Simone Veil pour une deuxième réunion publique sur le projet de renouvellement urbain Les Cévennes. Le maire-président et les élus ont présenté les évolutions de l’aménagement du quartier et échangé avec les habitants. Retour sur ce temps des questions - réponses.
Echanges avec les habitants
Des échanges constructifs sur différents sujets relatifs au quartier et aux préoccupations des habitants - ©Etienne Perra
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Après la présentation du projet des Cévennes, le maire-président s’est adonné à l’exercice des questions réponses avec les habitants. Un temps toujours très instructif et très important durant lequel les habitants posent leur problématique et interpellent le maire-président sur la réalité du terrain. 

Hommage à des figures du quartier

Le président du comité de quartier Cévennes explique qu’il pense beaucoup de bien de cette rénovation, qu’il faut être attentif aux commerçants qui sont l’âme du quartier parce qu’ils rendent beaucoup de service et que les commerces sont des points de rencontre, de lien social. Il évoque également tout le travail qu’il effectue avec les enfants pour le fleurissement du quartier. Enfin, il propose de rendre hommage à Jean-Pierre Fredouille, une figure importante du quartier pour une voie. « Nous allons honorer la mémoire de Jean-Pierre Fredouille et aussi du général François Gaubert, » approuve le maire-président. Ils sont co-auteurs de l’ouvrage : Si l’aqueduc Saint-Clément m’était conté

Réseau de chaleur urbain

Concernant le réseau de chaleur urbain Nord Alco, deux habitantes s’interrogent et s’inquiètent de la provenance du bois. « J’ai peur. Où irez-vous chercher le bois ? dit l’une. Faudra-t-il déforester la Lozère ? », dit l’autre. « Nous récupérerons le bois de l’élagage des arbres. Nous avons développé une filière écoforestière, nous faisons attention en utilisant le circuit court et en respectant les normes environnementales, répond le maire-président. C’est un enjeu de souveraineté pour la France. Ces chaufferies évitent la pollution. »

Logements squattés

Des propriétaires occupants ou bailleurs, s’inquiètent de la démolition des immeubles dans le cadre de la rénovation urbaine. « Que vais-je venir ? Je souhaite vendre. » Une habitante informe le maire que certains appartements acquis par la Ville sont squattés. « Concernant la situation des propriétaires, nous nous conformerons au prix des domaines. Nous aurons un dialogue avec chacun d’entre vous, précise le maire-président. Le squat, ce n’est pas la norme, nous allons lancer des poursuites en justice. »

Points de deal

Sécurité, surendettement des copropriété, stationnements abusifs, les voitures ventouses, les points de deal… Les difficultés ne manquent pas et sont au cœur des interrogations des habitants. L’un d’entre eux signale la problématique des rooftops. Des nuisances très importantes. Les toits des bâtiments, le L notamment, et pas uniquement, sont devenus des points de deals, des espaces très prisés où l’on fume la chicha et d’où l’on tire des feux d’artifices. « J’ignorais cette affaire des toits, avoue le maire-président, la drogue est un véritable fléau, dans notre pays, mais il y a aussi la question des acheteurs. Avec Sébastien Cote, nous allons traiter le dossier. » 

La ligne 6 de bus

Des habitants s’interrogent sur les transports. « Difficile parfois de rentrer jusque chez soi. L’accès au tram est compliqué, surtout quand on est une femme ». Il y a notamment le problème avec la ligne 6 de bus qui ne va pas jusqu’aux Arceaux. « Sur l’amplitude horaire, notre solution sera le bustram, annonce le maire-président. Et si la ligne 6 ne vas pas jusqu’à la gare, cela est dû à un contentieux. Sur les veilles pierres, la chaussée est glissante. Je dois obtenir l’accord des bâtiments de France pour aménager la chaussée avec le bon matériau afin que les bus puissent passer en toute sécurité pour les usagers dans le respect du patrimoine. »

Commerces

« Je suis artisan boulanger, j’ai 12 salariés. Mon commerce dispose d’un parking, ce qui est un attrait pour les clients. Quelle sera la solution pour les commerçants avec la démolition du bâtiment M ? », demande un jeune homme présent dans l’assistance. « J’apprécie la façon dont vous posez la problématique, répond le maire-président. Une personne va être dédiée à l’accompagnent des commerces, la nouvelle place comportera des commerces. Je pense qu’il faudra un stationnement gratuit pendant 30 minutes. Nous travaillerons sur cet aménagement. Il y aura un grand travail de concertation au cas par cas. Je serai attentif à ce dossier, le commerce c’est important, il en va de notre vie économique. »

Les écoles

Parmi les préoccupations, celle exprimée par la directrice de l’école Julie-Daubié dont l’école sera « détruite ». « Nous sommes bien intégrés dans le quartier Cévennes. Nous éprouvons une vive émotion de savoir que notre école va être reconstruite ailleurs. Notre école a une identité, il y fait bon vivre, les familles ne veulent pas quitter le quartier, les gens ici aiment leur quartier. Sortir l’école d’un quartier Politique de la Ville, ce n’est pas judicieux ! » Après avoir salué la qualité de l’équipe pédagogique, « cette école a une chance inouïe », le maire-président explique que cette école construite en 1971 est vétuste et a des problèmes de sécurité thermique. Mais il ajoute : « la cour de récréation doit être à l’image de la ville. Notre objectif est de redonner de la mixité, comme dans ce collège Simone Veil. Nous avons besoin d’un projet de mixité. Nous allons construire plusieurs groupes scolaires. Je vous propose de travailler avec vous. Je suis professeur, et le pire, c’est le séparatisme scolaire, sinon notre pacte social est en danger. Nous aurons réussi si les écoles Daubié et Brès accueillent la mixité. Les familles doivent avoir confiance. L’école est la mère des batailles pour la rénovation urbaine. » L’ancienne principale du collège Fontcarrade sollicite à son tour Michaël Delafosse, qui en tant qu’enseignant d’histoire-géographie fut sous sa responsabilité : « La mixité a toujours été mon projet, il faudrait une résidence étudiante et ouvrir vers les Arceaux car d’un quartier à l’autre l’immobilier n’a pas le même prixVous êtes le seul maire à vous être occupé de notre quartier. » 

« Construire la confiance »

S’agissant de la concertation en général, un habitant a interpellé le maire sur la continuité dans l’action, sur la mémoire des prises de décisions car les interlocuteurs changent au fil du temps : « Nous essayons de faire en sorte que tous les sujets soient soumis à la concertation, quel qu’en soit le mode. Nous sommes conscients que depuis 2009, beaucoup d’interlocuteurs ont changé. Les projets urbains doivent être dans la continuité de l’action, c’est la question du plan et de la méthode. Il faut un projet urbain adapté, que les prestataires tiennent compte des habitants et trouvent le bon compromis, entre le prix des logements, la mixité… Il est impératif que les choses bougent de mieux en mieux, je veux que l’on aille vite, que les habitant aient confiance. La confiance ne se décrète pas, elle se construit. »

À lire aussi :  Cévennes la grande transformation du quartier. Bilan des actions 2023 et présentation des évolutions du projet.

 

 

 

Echange avec les habitants
©Etienne Perra
Echnage avec les habitants
©Etienne Perra
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- ©Etienne Perra
Echnage avec les habitants
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