Un petit moment de suspense. La clé allait-elle tourner ou non ? Et puis le premier magistrat de la ville, à 12h45 précises, a poussé le premier battant droit. Le gauche a suivi. Et tout le public venu en nombre, malgré le temps menaçant à l’orage, a pu entrer par le grand portail d’honneur fermé depuis vingt ans. « C’est la première fois que je le vois ouvert », s’exclamaient de nombreux visiteurs. Au même moment, concordance des calendriers, une rame d’essai de la ligne 5, signalait son passage d’un petit bruit de sonnette en approchant de la station Peyrou... Son habillage végétal, rappelant la thématique « Science & botanique », qui a inspiré l'artiste Barthélémy Toguo, semblait dialoguer avec le Jardin des plantes, plus vieux jardin botanique de France.
Le plus vieux jardin botanique de France
Fondé en 1593 par Henri IV, le Jardin des plantes de Montpellier s’étend sur près de 5 hectares au cœur de Montpellier. Rattaché à la faculté de Médecine, cet espace autrefois entièrement dédié à la recherche et à l’enseignement, est aujourd’hui un espace accessible à tous les publics. C’est d’ailleurs pour mieux recevoir les visiteurs, qu’au XIXe siècle, le rectorat, en entente avec la municipalité de Zoë Granier et Alire Raffeneau-Delile, directeur du jardin, a érigé ce portail monumental.
Ce même portail, classé au patrimoine historique, a fait l’objet d’une restauration minutieuse étalée sur une durée de près de cinq ans. Un travail conçu par l’architecte en chef des monuments historiques, Pierre-Jean Trabon, précédé d’études préalables, qui ont permis notamment de révéler et restituer les teintes grises originelles, ainsi que les dorures sur le lettrage et les éléments décoratifs. La gestion des eaux pluviales, la restauration des piliers maçonnés et de leurs éléments sculptés s’est accompagnée de l’aménagement du parvis intérieur et extérieur. L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite a été garantie par l’installation d’une rampe latérale.
Des savoirs-faire d'excellence
L’ensemble de ces travaux a réuni des entreprises reconnues pour leur expertise dans la restauration des Monuments Historiques qui méritent d’être citées ici : l’entreprise Vivian et Cie qui a assuré la restauration des ouvrages bâtis existants et la réalisation des nouveaux éléments d’accompagnement à la composition architecturale du portail ; l’entreprise Molinelli, pour le décapage minutieux permettant de révéler la finesse des détails décoratifs de la grille et sa restauration complète ; enfin, l’atelier Mériguet-Carrère, qui a permis de restituer l’éclat d’origine du portail, grâce à un travail méticuleux sur les finitions et la dorure.
Financement Contrat de Plan État Région 2021 -2027 (Ville et Métropole de Montpellier, Région Occitanie, État/Rectorat) et Université.
Montant total de l’opération : 334 000 euros (dont 260 000 financés par la Ville et la Métropole).
Un nouveau schéma directeur pour préserver et valoriser le patrimoine
Une rénovation qui signe une étape supplémentaire au rang des actions et des chantiers entrepris, depuis plusieurs années, pour la préservation du patrimoine du Jardin des plantes : de l’Orangerie, à la Serre-Martins, en passant par le monument Rabelais, du sculpteur Jacques Villeneuve. Et qui s’inscrit dans une dynamique plus large concrétisée à la fois par l’adoption en juillet dernier d’un schéma directeur portant autant sur le patrimoine immobilier que sur les collections exceptionnelles (pièces d’anatomie, planches de l’herbier, dessins et estampes du musée Atger…) que sur le projet ForUM, futur parcours patrimonial reliant le Jardin des plantes, l’institut de botanique et le bâtiment historique de la faculté de Médecine.
Jardin des plantes – Hiver : du 1er octobre au 31 mai, du mardi au dimanche, de 12h à 18h. Été : du 1er juin au 30 septembre, du mardi au dimanche de 12h à 20h – Desserte tramway : ligne 4 et ligne 5 (à partir du 20 décembre), arrêt Peyrou – Arc de triomphe.
CANDIDATURE UNESCO : MÉMOIRE DU MONDE
Montpellier possède la plus ancienne faculté de Médecine, de tradition hippocratique, encore en activité, au monde. Amassés au fil des siècles, de nombreux documents témoignent de l’originalité, de l’ancienneté et la continuité de cet enseignement. Du « chansonnier de Montpellier », datant du XIIIe siècle aux « registres des diplômes d’étudiants », ou « la grande chirurgie de Gui de Chauliac » datant du XVe siècle. Ils sont aujourd’hui conservés par le Département de l’Hérault, la Ville et la Métropole de Montpellier, ainsi que par l’Université de Montpellier. Conscientes de la richesse de ces documents, les quatre institutions ont œuvré de commun pour déposer, avec le soutien du ministère de la Culture, une candidature au registre Mémoire du monde de l’UNESCO. Réponse attendue en 2027.