Qu’est-ce que l’application Winween propose ?
Quentin Gallea : Notre application met en relation les utilisateurs avec les commerçants locaux et les chauffeurs VTC. Pour l’utilisateur, l’idée est simple : il y a toujours un bon plan. Il peut commander un repas en bénéficiant d’une offre spécifique, définie par le commerçant, ou faire un achat, ou encore réserver un VTC moins cher que sur les autres plateformes. Pour les commerçants, Winween permet de proposer librement des offres spéciales afin d’attirer des clients en point de vente physique ou en commande, tout en gardant une maîtrise totale de leurs coûts. Aucune commission n’est prélevée sur les ventes. En ce qui concerne les chauffeurs VTC, la plateforme crée un lien direct avec les consommateurs, sans commission sur les courses liées à la mise en relation. Winween ne prélève donc aucune commission, ni auprès des utilisateurs, ni auprès des commerçants, ni auprès des chauffeurs. Aujourd’hui, cela n’existe pas ailleurs. Notre modèle économique repose sur un troisième acteur : la publicité. Nous avons réussi à la capter en proposant un bon ciblage, et un fonctionnement équitable et solidaire. Les publicités sont ciblées parce que nous demandons aux utilisateurs quels sont leurs centres d’intérêt : sport, voyages, bricolage, gastronomie… Notre rémunération passe par la vente de ces espaces publicitaires. On bouscule ainsi les codes du secteur. Nous avons reçu un très bon accueil chez les commerçants et les chauffeurs VTC, qui ont de plus en plus de difficultés à vivre de leur activité.
En quoi est-ce équitable et solidaire ?
Q. G. : Notre concept, c’est de redonner du pouvoir d’achat, tout en permettant aux chauffeurs et aux commerçants qui payent leurs charges et leurs impôts en France d’être favorisés. L’idée est de contourner les multinationales américaines qui ponctionnent consommateurs et commerçants, tout en rapatriant les profits aux États-Unis. Par exemple, sur les plateformes de VTC, les chauffeurs perçoivent difficilement la moitié du produit de leurs courses. Pour l’hôtellerie, c’est autour de 70 %. Les restaurateurs sont aussi touchés. Par ailleurs, nous proposons également des annonces « éthiques et citoyennes », comme les alertes météo ou enlèvement, les horaires de la TaM... De plus, nous ne refusons personne. Nous sommes par exemple déjà en discussion avec les taxis par le biais de la CCI de l'Hérault.
Comment cela fonctionne concrètement ?
Q. G. : Nous avons développé une technologie qui permet de faire apparaître une publicité lors d’un appel téléphonique. Un écran publicitaire apparaît au moment de l’appel et disparait quand on décroche. Il réapparaît au moment où l’on raccroche pendant cinq secondes, avec un lien sur lequel on est libre de cliquer ou pas. L’utilisateur gagne des points à chaque appel, qu’il peut ensuite utiliser à travers des promotions proposées par nos partenaires. Par exemple « un burger acheté, un burger offert » ou « une partie de bowling achetée, une partie de bowling offerte ». Il y a plein de possibilités. Le client fait son choix sur l’application, reçoit un QR code de confirmation qu’il présente ensuite en boutique. Nous n’intervenons pas dans cette transaction. C’est une solution plus équitable et plus solidaire. Avec nos chauffeurs, qui doivent garantir un certain niveau de service tout en étant 5 % moins chers qu'ailleurs, là aussi, la transaction est directe entre le chauffeur et le client. On demande à nos chauffeurs de conseiller à tous leurs clients de télécharger l’application. C’est en quelque sorte un développement par les acteurs et les utilisateurs de la plateforme.
Combien de temps a-t-il fallu pour développer ce service innovant ?
Q. G. : La création de la société date de mai 2025. Mais en amont, il y a près de cinq ans de développement et de tests pour voir si notre modèle fonctionnait. Au départ, nous étions partis seulement sur la restauration, puis nous avons adapté notre modèle pour aller plus loin, et intégrer d’autres commerces locaux, ainsi que les VTC.
Combien d’emplois directs cela représente ?
Q. G. : Aujourd’hui, en plus des trois associés fondateurs, nous avons deux salariés à temps complet et cinq collaborateurs indépendants qui travaillent avec nous sur les aspects techniques et commerciaux.
Quel accompagnement vous a proposé le BIC de Montpellier ?
Q. G. : Nous collaborons avec le BIC de Montpellier depuis plusieurs mois. Cela représente une aide indispensable pour la bonne structuration de l’entreprise. Cela permet d’avoir plus de spécialistes et plus de compétences autour de la table pour se développer. Leurs équipes nous ont par exemple donné de très bons conseils au niveau des statuts juridiques de la société. C’est vraiment un partenariat transversal très efficace. Et enfin, nous avons bénéficié de leur important carnet d’adresses : investisseurs, partenaires, contacts divers… Cela permet de manière assez extraordinaire d’ouvrir le projet sur l’extérieur. Le BIC de Montpellier nous a bien aidés pour lancer l’application dans les meilleures conditions. Nous travaillons également avec la CCI pour élargir notre réseau de commerçants partenaires.
Êtes-vous satisfait du lancement de l’application ?
Q. G. : Nous avons effectué le lancement de Winween le 1er décembre 2025. Nous sommes très satisfaits du démarrage. Nous avons atteint nos objectifs, qui étaient optimistes. Nous comptons déjà 2 000 utilisateurs en un mois et demi sur Montpellier et ses environs. Sur la même aire géographique, nous avons une centaine de chauffeurs VTC en partenariat. Au niveau des commerces, nous sommes à 190 entre Montpellier et Béziers. Et nous recevons des demandes quotidiennement.
Quelles sont vos perspectives de développement ?
Q. G. : Notre priorité est de continuer de grandir sur Montpellier et ses environs. Nous sommes aussi en train de rencontrer des associations de commerçants et de chauffeurs qui sont intéressées pour travailler avec nous sur Nice et Paris.
Depuis 1987, le BIC de Montpellier aide les créateurs et créatrices d'entreprises innovantes du territoire à structurer et à développer leur projet en mettant à disposition :
- Une équipe de conseillers expert de l’innovation
- Des formations pour faire monter en compétence les dirigeants
- Des possibilités d’accéder à des financements et notamment en haut de bilan avec un programme dédié à la levée des fonds
- Des solutions locatives adaptées aux jeunes entreprises : 12 000m2 de pépinière dédiés aux jeunes pousses (Halle de l’Innovation, Cap Alpha…)
>>> 120 entreprises, représentant plus de 671 emplois directs, sont actuellement accompagnées par le Business & Innovation Centre de Montpellier.