La projection de La Nuit du papillon le 9 février à 19h, au Centre Rabelais à Montpellier, marque l’aboutissement d’un pari audacieux pour la productrice du film, Déborah da Silva : « Sur le papier, le projet avait de quoi effrayer. Un court métrage de 22 minutes, un séquoia géant comme décor central, une tempête spectaculaire et des scènes perchées à 30 mètres du sol. » Elle reconnaît volontiers que l’ampleur technique du tournage a longtemps freiné les financements. « Les financeurs étaient frileux. L’obtention du Fonds d’aide ICC de la Métropole de Montpellier a constitué le coup de pouce décisif pour boucler le budget ».
Un défi de production
Porté par Nadja Anane, une jeune réalisatrice, le film est directement inspiré de l’expérience de Julia Hill, une militante écologiste américaine qui passa 738 jours en haut d'un séquoia millénaire pour empêcher son abattage. Le sujet a séduit Déborah da Silva qui, aux commandes de la société montpelliéraine Ilha Productions, assume un cinéma engagé. « Quand Nadja est venue me voir, je venais de produire "Eternal Sentinel", un documentaire assez lourd, sur les mines anti personnelles en Syrie. Elle m’apportait du rêve et un défi de production. Ce film m’a sortie de ma zone de confort ».
Le séquoia de Vendargues
Une partie de La Nuit du Papillon a été tournée en décors naturels, à l’Arboretum de Puechagut, dans les Cévennes gardoises, où s’élèvent des séquoias géants. Pour capter des images au plus près de la réalité, techniciens et comédiens se sont installés sur une plateforme à 30 mètres de hauteur. La scène de tempête a nécessité l'utilisation d'effets spéciaux, confiés aux Tontons Truqueurs, dans les studios de Vendargues. Sur place, un séquoia géant y a été construit alors que la forêt, préalablement scannée par drones, avait été intégrée à un dispositif virtuel projeté sur murs LED. L'intervention numérique a représenté 40 % du budget total.
Le Fonds d'aide ICC 2026
La Nuit du Papillon va entamer la tournée des festivals avec l’ambition affichée d’une nomination aux César l’année prochaine. Un objectif qui n’est pas déraisonnable tant les projets soutenus par le Fonds d’aides ICC de la Métropole se sont distingués ces dernières années, que ce soit en sélection officielle à la prestigieuse Berlinade l’an dernier (Mes Fantômes Arméniens) mais également au festival de documentaires Visions du Réel en 2023 (Knit’s Island, Prix de la critique internationale) et en 2025 (Khmerica, Mention spéciale du jury).
Depuis la création du Fonds, une trentaine de projets sont retenus chaque année. Ils sont examinés par quatre comités de lecture (Animation, Documentaire, Fiction, Jeu vidéo/Expériences immersives) dont les membres sont tous issus du milieu professionnel. Les appels à candidatures pour la sélection 2026 sont lancés.
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Tournage à Montpellier
En 2023, le comité Fiction avait sélectionné Petite Frappe, le court-métrage d’Arnaud Jabouin. « Le film parle du désir d'enfant, du point de vue d’un jeune homme. Comment une petite frappe, en galère, accueille ce futur enfant ? C’est une auto-fiction », reconnait le trentenaire, père d’un petit garçon. Un sujet que le réalisateur porte depuis plusieurs années et dont l’écriture a été une lente maturation teintée d’hésitations. Jusqu’à ce qu’une résidence d’écriture dans le Lot le libère. « J’ai compris comment traduire mes préoccupations intimes en sujets universels ». Petite Frappe a dans un premier temps bénéficié d’une aide métropolitaine à l’écriture afin de peaufiner le scénario. Retravaillé, le film a reçu une aide à la production.
Le tournage, en décembre 2025, a mobilisé une équipe presque entièrement locale, du coproducteur( Marnie Productions) aux techniciens et figurants. Un ancrage territorial revendiqué. « Je n’imaginais pas un autre cadre que Montpellier. Nous avons tourné dans plusieurs endroits que j’aime ».
Préoccupations sociales
Formé à l’École nationale supérieure d’art dramatique de Montpellier (ENSAD), Arnaud Jabouin s’est fait remarquer en 2021 avec La Zone. Co-réalisé avec Harry Grange, le court-métrage remporte le Prix du meilleur film mondial au Filmapalooza, un concours planétaire où des équipes réalisent un court métrage en 48 heures. Le film sera ensuite projeté au festival de Cannes.
Se qualifiant avec humour de « gros gauchiste », Arnaud Jabouin fait confiance au sens du collectif et s’est entouré d’une équipe avec laquelle les décisions sont prises en commun. « Un plateau de tournage, c’est une micro société », estime t-il, précisant que les préoccupations sociales sont présentes dans le film, les tourments intimes du personnage principal se déployant dans un contexte tendu, traversé par des revendications.
Petite Frappe est entré en post-production avec l’espoir d’être terminé pour une éventuelle sélection, là encore, au festival de Cannes.
DATE D'ENVOI DES CANDIDATURES AU FONDS D'AIDE ICC