À Figuerolles, le n°6 de la rue du Père Bonnet est avant tout un lieu d’habitation. Mais, pas que. De temps à autre, la pièce du bas à droite se transforme en galerie du Père Bonnet, un lieu d’exposition aussi singulier que l’art qu’il revendique. C’est une pièce accueillante qui se termine par une porte ancienne que le visiteur ne peut pas pousser. Mais elle ouvre un autre accès, celui de son imaginaire au jardin. Le problème de la galerie du Père Bonnet (mais en est-ce vraiment un ?) est que ce cabinet de curiosités affiche vite complet. Aussi, la visite s’effectue à pas délicats afin de ne pas toucher une œuvre. Ou un tiers. Un coup de coude est si vite arrivé... Autant dire que les soirs de vernissage, il y a beaucoup de monde dans la rue. Sylvie Goussopoulos, photographe et âme du lieu, fait très bien les choses. Elle a le sens de l’accueil, une certaine idée de la fête et elle édite pour chaque exposition un catalogue soigné, malgré de maigres moyens.
Anti-salon de porcelaine
Le 5 février a marqué le lancement de l’exposition « Poupées impromptues et saugrenues », avec pas moins de 80 poupées aux murs, assorties d’une performance d’artiste. Il y avait là de sacrés modèles : des tristes, des punks, des flippantes, des costumées, des nostalgiques, des touchantes, des bizarres, des animales, des à l’envers, des pendues, des carnavalesques, des nues, des mignonettes, des bien coiffées, des musiciennes, des avec des collants, des qui font de drôles de bruits, des encadrées. Et puis des vite fait ou des bien chiadées. Dans son texte d’introduction, Sylvie Goussopoulos contextualise. « Impromptues et saugrenues avec sa galerie de monstres est l’anti-salon des collectionneurs de poupées de porcelaine. C’est comme si les artistes, à majorité féminine, avaient voulu en découdre avec leur passé. La poupée initialement prévue pour l’amusement de l’enfant change ici de destination. Elle devient objet transitionnel à forte charge symbolique puis œuvre d’art. »
En fait, cette exposition est née d’une devancière. Celle de Poupées Impromptues à Lodève. D’autres artistes d’horizons divers sont venus se greffer à des modèles existants pour former des poupées saugrenues de Montpellier. L’artiste plasticienne Daredo, une Montpelliéraine installée à Lodève, faisant le lien entre les deux univers. C’est à voir avant le 7 mars.