Deux fois par jour, à raison de 1h30 matin et soir, les poloistes montpelliérains s’entraînent à la piscine olympique Angelotti, côtoyant le grand public qui profite des plaisirs aquatiques. Quatre lignes d’eau leur sont réservées. Au programme : échauffement musculaire, longueurs de nage, maniements de balles, passes de ballons de deux kilos, séances de shoots, échanges en zone et tirs de penalties. Des exercices bien huilés comme autant d’automatismes dictés du bord du bassin par Fabien Vasseur, le manager du MWP, pilier du club.
Dans le Top 4 français
S’ils n’ont pas remporté de titres au cours de ces neuf dernières années, les Montpelliérains se maintiennent dans l’élite du water-polo depuis 26 ans et font même bonne figure en championnat de France. En ce mois de février, ils se classent quatrièmes, une place qui leur a permis de disputer la Coupe de France face à Aix en Provence, Strasbourg et l’intouchable club de Marseille, aux moyens inégalés. « Le salaire du meilleur joueur de leur équipe, c’est notre budget, résume Fabien Vasseur, qui entraîne depuis 30 ans l’équipe montpelliéraine, épaulé par les fidèles adjoints Kamal Ait-Mehdi et Philippe Monville. Ils sont injouables dans le championnat français. Mais ils viennent de perdre en Ligue des champions… », ajoute-il taquin.
À la bonne école
La force du Montpellier Water-polo, c'est son centre de formation. « 80 % de mes joueurs sortent de notre centre de formation. Contrairement au trio de tête du championnat, nous n’avons pas beaucoup de moyens financiers pour acheter des grands poloistes, ni de piscine à nous, mais nous avons des jeunes motivés, bien formés et des joueurs qui viennent étudier à Montpellier (voir témoignage de Matheo Agrefilo ci-dessous). Malheureusement, on a du mal à garder les meilleurs », explique le coach, prenant l’exemple du Montpelliérain Alexandre Bouet, formé au club et parti à Marseille, aujourd’hui meilleur buteur de l’équipe de France.
De grands champions européens dans le bassin
Du 19 au 22 février, les 16 Montpelliérains affronteront les meilleures équipes européennes. Même si la Conférence Cup est la troisième division européenne, ce sont des formations de très haut niveau qui se présenteront à la piscine olympique Angelotti. « On peut avoir nos chances face aux Italiens de Bologne, c’est un nouveau club, mais les Croates, les Georgiens et les Hongrois, pour qui le water-polo est le sport national, c’est du lourd ». Le club georgien compte dans ses rangs l'un des meilleurs poloistes du monde : le Hongrois Daniel Verga, trois fois champion olympique. Le club hongrois a quant à lui déjà remporté de nombreux titres européens. Mais tous sont unanimes. "D'où qu'ils viennent, ils apprécient de venir jouer chez nous, pour Montpellier, l'accueil du club et la Piscine olympique Angelotti, qui reste une des plus belles d’Europe, réputée pour son ambiance", note Fabien Vasseur qui compte sur le public montpelliérain dès le 19 février pour entretenir cette réputation.
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"Je viens de Monaco. J'ai toujours été dans l'eau ! Bébé nageur, natation et ensuite on m'a mis un ballon dans les mains, j'ai vite accroché. Je suis venu à Montpellier pour faire mes études de kiné en STAPS et poursuivre le water-polo à haut niveau. Je découvre une nouvelle ville, un nouveau club. Je ne suis pas déçu. On m'avait parlé du Montpellier Water-Polo et Fabien Vasseur m'a fait confiance. C'est ma première année d'études supérieures et mes débuts en Élite. Je suis le plus jeune de l'équipe, je profite de l'expérience de mes coéquipiers. J'étais dans les équipes de France U15 et U17, j'espère pouvoir commencer à faire des stages avec l'équipe de France senior dans deux ou trois ans. J'apprends tous les jours. Je suis petit de taille, il faut que je compense, que je sois intelligent dans l'eau, avec une bonne vision du jeu, un esprit d'équipe... Je me fais petit à petit ma place et je prends beaucoup de plaisir à Montpellier. À partir de jeudi, je vais jouer ma première Coupe d'Europe. On va tout faire pour se qualifier, mes parents seront dans les gradins !"