Fondée en 2014 à Montpellier par trois anciennes cadres de Sanofi, Cilcare s’est spécialisée dans les sciences auditives. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 2,5 milliards de personnes pourraient souffrir d’une déficience auditive à des degrés divers d’ici 2050. « Que ce soit les difficultés de compréhension dans le bruit, les acouphènes ou l’hyperacousie, les troubles auditifs ont des conséquences majeures sur la vie sociale, professionnelle et la santé mentale, explique Célia Belline, PDG et cofondatrice de Cilcare. Pourtant, les traitements médicamenteux restent rares. C’est pour combler ce vide que nous avons créé Cilcare, avec l’ambition de développer de véritables thérapies pour les pathologies de l’oreille interne ».
Une plateforme de pointe dans la recherche
Basée à Montpellier et implantée à Boston depuis 2017, Cilcare réunit aujourd’hui une quarantaine de collaborateurs internationaux. L’entreprise a développé une plateforme de R&D avancée afin de caractériser les différentes formes de pertes auditives. Depuis dix ans, elle développe des médicaments, des thérapies géniques et cellulaires, ainsi que des dispositifs médicaux dédiés aux troubles auditifs.
Son candidat-médicament phare, CIL001, cible la synaptopathie cochléaire, un stade précoce de la perte d’audition liée au vieillissement. Cette pathologie, encore peu diagnostiquée, menacerait plus d’un milliard de jeunes et toucherait 10 à 15 % des adultes dans le monde. Deux essais cliniques doivent être financés grâce à la récente levée de fonds, tandis qu’un second médicament poursuit son développement préclinique.
Soutenue à ses débuts par le BIC, la société a franchi un cap majeur fin 2024 avec un tour de table de 40 millions d’euros réunissant investisseurs historiques et nouveaux partenaires internationaux. Un signal fort de confiance dans son potentiel de croissance et dans l’ampleur du marché mondial de l’audition.
Un marché stratégique identifié très tôt
Dès ses débuts, la biotech montpelliéraine a affiché des ambitions mondiales. Le Japon a été identifié comme un marché stratégique très tôt. Un premier client japonais est signé dès 2016, validant l’intérêt du marché pour l’expertise préclinique unique de la société dans les troubles de l’oreille.
En 2024, cette stratégie porte ses fruits avec la signature d’un accord de licence initial avec la société pharmaceutique Shionogi, qui acquiert la licence exclusive pour le développement, la fabrication et la commercialisation mondiale de deux candidats médicaments. En vertu de cet accord, Cilcare a reçu un paiement initial de 15 millions d'euros. Dans un second temps, la biotech sera éligible à recevoir jusqu'à 400 millions d'euros de paiements d'étape en cas de développement et de commercialisation réussis des candidats médicaments.
Une reconnaissance européenne
Le 28 novembre dernier, Cilcare a remporté le premier prix des Enterprise Europe Network Awards 2025, distinction attribuée dans le cadre de ce programme européen qui accompagne les PME dans leur développement international.
« Il faut rester ambitieux et marquer Montpellier sur la carte », affirme Célia Belline, qui est l’une des ambassadrices MedVallée et également conseillère du Commerce extérieur de la France, chargée d’accompagner les entreprises. « C’est formidable de se lancer dans l’entreprenariat. Il y a des hauts et des bas, mais finalement, Cilcare a toujours su rebondir. L’ambition donne les moyens d’avoir les moyens », assène celle qui ambitionne de transformer la prise en charge des troubles auditifs à l’échelle planétaire.