72 logements sociaux étudiants livrés à la cité Boutonnet avant un autre programme à la rentrée

28-03-25 - 06:30
Le Crous, le centre régional des oeuvres universitaires et scolaires, fêtera ses 70 ans le mois prochain. Pas moins de 500 logements seront livrés cette année à Montpellier, ce qui représente un quart de la production nationale. La cité Boutonnet compte désormais plus de 800 logements. La Ville de Montpellier va continuer à accompagner le Crous Occitanie car il faut poursuivre la construction de logements pour les étudiants. La cité de la Voie Domitienne suivra en septembre.
Vue du bâtiment H
Réalisé en pierre de Castries et livré en décembre, le bâtiment H a été conçu par Anne-Françoise Jumeau-Architectes AFJA - ©C. Ruiz
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Le bâtiment H de la cité universitaire Boutonnet, à Montpellier, a été inauguré le 26 mars. Depuis le 2 décembre dernier, il apporte une solution de logement à tarif social à 72 étudiants et a porté le parc du Crous à 10 392 places. L’occasion pour Sandrine Cloarec, directrice générale du Crous Occitanie, d’énoncer des chiffres clés. « Durant la décennie 2012-2022, nous avons construit 1 820 logements supplémentaires et 629 sont programmés d’ici la rentrée 2027, dont 470 pour la seule année 2025. C’est donc une année historique pour un anniversaire car nous fêterons les 70 ans du Crous, le 16 avril prochain. Nous nous rapprochons ainsi des 11 000 logements et devenons un des premiers parcs de France. » Dans le bâtiment H, le studio de 19 m² est à 396 euros par mois et 169 euros pour les étudiants boursiers, une fois les aides déduites. 

Qualité de vie des étudiants

En deux décennies, l’académie de Montpellier qui figurait plutôt en fin de liste en terme de logement étudiant est devenue un des meilleurs élèves de la construction. D’autant que les résidences de la Voie Domitienne (290 logements) et de l’ancienne école de Chimie (102 logements) seront livrés en septembre. 

« Grâce à l’engagement de toutes les institutions, la persévérance de l’action publique a fait qu’aujourd’hui plus de 10 000 logements sont offerts aux étudiants dans un caractère social par les œuvres universitaires », commente Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, qui ne cache pas sa préférence pour les logements sociaux du Crous, plutôt que les résidences privées défiscalisées. « Nous serons aux côtés du Crous pour continuer à produire du logement social. Ici, nous travaillons pour la qualité de vie des étudiants. La gratuité des transports, je l’ai aussi pensée pour eux. Et nous agissons aussi sur le parc privé avec l’encadrement des loyers, car il était très désagréable de constater des phénomènes spéculatifs sur le dos des étudiants. »

Un quart du national 

Satisfecit également du côté de Clément Cadoret, le directeur général du Cnous, qui salue le Crous Montpellier comme étant un bâtisseur. « Il est l’un des trop rares à avoir dépassé le cap symbolique des 10 000 logements. 500 logements en production ici cette année, c’est assez exceptionnel. On en produit environ 2 000 au plan national et c’est donc un quart de la production. » 

Intervenant au nom de la région Occitanie, Christian Assaf a souligné qu’elle soutient l’effort du logement social étudiant en accompagnant le Crous à hauteur de 10 millions d’euros dans le cadre du contrat État-Région. Mais aussi que moins de 9 % des étudiants sont logés dans les résidences du Crous, alors que près d’un tiers d’entre eux sont boursiers et pourraient y prétendre… « Les œuvres universitaires sont un bien précieux. Elles sont dans un environnement difficile à Montpellier. Il faut préserver l’outil. Car si le Crous n’a pas les moyens de bâtir, c’est le privé qui prendra la relève et nous ne le souhaitons pas. » 

« Regardez autour de vous »

Tandis que quelques étudiants en colère perturbaient les discours, François-Xavier Lauch, le préfet de l’Hérault s’est adressé à eux en disant que « les gens en responsabilité cherchent à vous aider. Vous vous trompez de cible. Si l’on veut avoir des crédits pour construire ce type de résidences, cela passe par la recherche de consensus. Il faut faire des choix et parfois augmenter les prix. Dans le privé, si les Crous n’existaient pas, il n’y aurait pas ce type de résidence. Regardez autour de vous ce qui est fait pour vous. 500 logements supplémentaires, en période de crise du logement, c’est un exploit ». Une fois les discours officiels terminés, le maire de Montpellier a échangé avec deux étudiantes sur la question du logement.

Coupure de ruban inaugurale
Ces 72 studios inaugurés s'intégrent dans la cité Boutonnet forte de près de 800 logements avec une brasserie et un parc verdoyant - ©C. Ruiz