Événement : Élisabeth Vigée Le Brun et Paul Gauguin dans les collections du musée Fabre

Depuis le 21 janvier, le musée Fabre accueille deux nouveaux tableaux au sein de ses collections permanentes : l'un signé de la grande portraitiste du XVIIIe siècle, Élisabeth Louise Vigée Le Brun ; l'autre du célèbre Paul Gauguin, artiste phare du post-impressionnisme. À voir d'urgence.
Le premier Gauguin a franchir la porte du musée Fabre...
Gauguin entre au musée Fabre - ©C. Ruiz
Écouter

Au-delà de ses expositions temporaires, comme celle consacrée à Pierre Soulages qui a accueilli plus de 100 000 visiteurs jusqu'en décembre, le musée Fabre présente toute l'année, au gré de 61 salles d'exposition permanente près de 2 000 œuvres : des maîtres anciens (1400 -1800) à ceux de la Modernité et de l'art contemporain. 

tableau
Elisabeth Louise Vigée Le Brun (Paris, 1755-1842), "Allégorie de la Poésie", huile sur toile, signée et datée « Melle Vigée/1774 » - ©C. Ruiz

Premier tableau de Vigée Le Brun, peintre officiel de la reine Marie-Antoinette, au musée Fabre

Deux nouvelles œuvres phares sont à découvrir depuis le 21 janvier : Allégorie de la Poésie d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842) et Le Petit chat de Paul Gauguin (1848 - 1903).

La première est une acquisition préemptée à 250 000 euros (+26 % de frais de la Maison de vente) par le musée Fabre lors d'enchères très disputées le 23 septembre dernier. "Elle appartenait à un collectionneur privé en Bretagne et nous avons pu l'acquérir grâce à l'aide de la précieuse fondation d'entreprises du musée Fabre, du ministère de la Culture et de la Métropole", introduit Juliette Trey, directrice du musée Fabre.

Cette œuvre d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842) fait entrer une nouvelle artiste dans les collections. "C'est une grande portraitiste du XVIIIe siècle, connue pour ses portraits officiels de Marie-Antoinette et ses portraits intimes comme sur la maternité notamment. Cette peinture, "l'Allégorie de la Poésie", est signée "Mlle Vigier 1774", car elle n'était pas encore mariée", explique Matthieu Fantoni, conservateur de la collection d'art ancien. Elle est exposée dans la salle 55 où règnent les œuvres néoclassiques du musée, essentiellement signées par des hommes : David, Vien, Journet, Vincent... Cette acquisition renforce ainsi la présence des femmes artistes du XVIIIe siècle dans le musée métropolitain. 

Une œuvre de jeunesse, anticipatrice

"Élisabeth Louise Vigée Le Brun est née en 1755. Formée par son père à Paris, elle n'a pas le droit d'exercer tout de suite la peinture car elle n'est pas rattachée à une corporation professionnelle. On pose même des scellés sur son atelier... Pour continuer à travailler, elle doit participer à un salon de l'académie de Saint-Luc où elle expose notamment ce tableau. Ce dernier lui permet de devenir une artiste de plein droit sur la scène parisienne. Entrée à l'Académie royale de peinture, elle rencontre Marie-Antoinette... C'est le début de sa carrière ambitieuse." 

Le Petit chat, vers 1888, Huile sur toile de jute, Paul Gauguin - Dépôt collection privée
"Le Petit chat", vers 1888, Huile sur toile de jute, Paul Gauguin - Dépôt collection privée - ©C. Ruiz

Le Petit chat de Gauguin, un prêt exceptionnel

Un peu plus loin, salle 41 (1850 - 1914), dans la partie moderne du musée, le public peut découvrir pour la première fois à Montpellier, un tableau de Paul Gauguin, artiste phare de la fin du XIXe siècle. Cette œuvre, Le Petit chat peint en 1888, a été confiée au musée pour quelques mois par les descendants de son premier propriétaire, Gustave Fayet. Il doit rejoindre la fondation Vuitton en septembre qui mettra à l'honneur ce grand collectionneur.

C'est avec beaucoup d'émotion que Florence Hudowicz, conservatrice en chef du patrimoine, responsable des arts graphiques et décoratifs, a présenté cette œuvre qui "fait entrer Gauguin au musée Fabre"

"Ce tableau date de 1888, soit la fin de l'année majeure de la collaboration entre Vincent Van Gogh et Gauguin à Arles. C'est un morceau de tableau, Gauguin a découpé une grande toile de nature morte, C'est un moment où il s'affirme comme post-impressionniste, avant de donner naissance au Nabisme (1888 - 1900). Cette toile coïncide avec la deuxième visite de Gauguin au musée Fabre avec son ami Van Gogh. Une histoire passionnante que nous raconterons dans une prochaine exposition, en 2028,  pour le bicentenaire du musée Fabre..."

Le mécène Gustave Fayet et Georges Daniel de Monfreid

C'est Gustave Fayet (1865 à Béziers -1925 à Carcassonne), peintre, mécène notamment des artistes symbolistes et grand collectionneur, qui posséda Le Petit chat parmi d’autres chefs-d’œuvre de Gauguin.

"Fayet a consacré ses fonds à devenir le mécène des artistes de son époque. Il a beaucoup aidé Gauguin, qui vivait difficilement de sa peinture de son vivant. Mais aussi Georges Daniel de Monfreid (1856-1929), peintre de grand talent, peu connu, qui était son ami et l'un plus fervents admirateurs de Gauguin, poursuit Florence Hudowicz, C'est pour cela que dans ce nouvel accrochage, nous avons mis la toile de Gauguin en perspective, notamment avec des œuvres de Georges Daniel de Monfreid, récemment acquises par le musée Fabre."

Ces toiles qui témoignent de grandes rencontres d'artistes et de moments phares de l'histoire de l'art méritent à elles seules, de toute urgence, une nouvelle visite au musée Fabre... 

 

"Etudes du nu dit "Nu roux" - 1891 - George-Daniel de Monfreid
"Étude du nu dit "Nu roux"" - pastel de 1891 de George-Daniel de Monfreid exposé pour la première fois au musée Fabre - ©C. Ruiz
Autoportrait de G.D. Montfreid
"Autoportrait de G.D. Montfreid", ami de Gauguin , exposé en face du "Petit chat" dans le musée Fabre - ©C. Ruiz
  • 0
  • 1
"Etudes du nu dit "Nu roux" - 1891 - George-Daniel de Monfreid
"Étude du nu dit "Nu roux"" - pastel de 1891 de George-Daniel de Monfreid exposé pour la première fois au musée Fabre - ©C. Ruiz
Autoportrait de G.D. Montfreid
"Autoportrait de G.D. Montfreid", ami de Gauguin , exposé en face du "Petit chat" dans le musée Fabre - ©C. Ruiz

L'histoire du Petit chat...

Un petit chat tout noir, compact et stylisé, nous tourne le dos, regardant vers des formes rondes, jaunes et oranges, sur fond jaune. Plusieurs indices permettent de situer dans le temps cette peinture magnétique. 

Les analyses radiographiques montrent une rupture brusque des fils de la toile qui confirment qu’elle a été découpée, sans doute dans un tableau plus grand. Cette toile est taillée dans un jute rustique, et les lettres de Vincent Van Gogh à son frère Théo témoignent de la satisfaction de Paul Gauguin d’en avoir acquis un rouleau entier, à son arrivée à Arles fin octobre 1888. Les deux artistes s’apprêtent alors à partager deux mois de leur existence et de peinture dans la « maison jaune », spécialement louée et décorée par Van Gogh pour l’occasion. 

Gauguin « a en train […] une grande nature morte de potiron orangé et des pommes et du linge blanc sur fond et avant-plan jaunes. » : écrit Van Gogh à son frère Théo dans une lettre datée du 21 novembre 1888. Un témoignage rare sur l’œuvre. 

ET AUSSI
Les chefs-d'œuvre chinois du musée Guimet à Sabatier d’Espeyran

L’hôtel de Cabrières-Sabatier d’Espeyran, qui abrite le département des arts décoratifs du musée Fabre expose Chine, chefs-d'œuvre du musée Guimet jusqu'au 1er novembre.

Avant les mondes indiens et himalayens, et le Japon, c’est la Chine qui est mise à l’honneur, par le cycle culturel asiatique Guimet + organisé par le musée Fabre, en partenariat avec l’institution parisienne spécialisée.

>>> À découvrir ici !