Avec le Fonds ICC, la Métropole de Montpellier fait pousser les talents

Soutenus financièrement par la Métropole, les talents locaux prennent de la hauteur. "La Nuit du Papillon", projeté le 9 février à 19h au Centre Rabelais, et "Petite Frappe" d’Arnaud Jabouin, dont le tournage vient de s’achever, témoignent de la vitalité et de l’ambition de la création culturelle sur le territoire. Ces deux courts-métrages ont bénéficié ces dernières années du Fonds d’aide ICC dont l'appel à candidatures, édition 2026 est ouvert.
La Nuit du Papillon
La Nuit du Papillon - © Ilha Productions
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La projection de La Nuit du papillon le 9 février à 19h, au Centre Rabelais à Montpellier, marque l’aboutissement d’un pari audacieux pour la productrice du film, Déborah da Silva : « Sur le papier, le projet avait de quoi effrayer. Un court métrage de 22 minutes, un séquoia géant comme décor central, une tempête spectaculaire et des scènes perchées à 30 mètres du sol. » Elle reconnaît volontiers que l’ampleur technique du tournage a longtemps freiné les financements. « Les financeurs étaient frileux. L’obtention du Fonds d’aide ICC de la Métropole de Montpellier a constitué le coup de pouce décisif pour boucler le budget ». 

Un défi de production

Porté par Nadja Anane, une jeune réalisatrice, le film est directement inspiré de l’expérience de Julia Hill, une militante écologiste américaine qui passa 738 jours en haut d'un séquoia millénaire pour empêcher son abattage. Le sujet a séduit Déborah da Silva qui, aux commandes de la société montpelliéraine Ilha Productions, assume un cinéma engagé. « Quand Nadja est venue me voir, je venais de produire "Eternal Sentinel", un documentaire assez lourd, sur les mines anti personnelles en Syrie. Elle m’apportait du rêve et un défi de production. Ce film m’a sortie de ma zone de confort ». 

Le séquoia de Vendargues

Une partie de La Nuit du Papillon a été tournée en décors naturels, à l’Arboretum de Puechagut, dans les Cévennes gardoises, où s’élèvent des séquoias géants. Pour capter des images au plus près de la réalité, techniciens et comédiens se sont installés sur une plateforme à 30 mètres de hauteur. La scène de tempête a nécessité l'utilisation d'effets spéciaux, confiés aux Tontons Truqueurs, dans les studios de Vendargues. Sur place, un séquoia géant y a été construit alors que la  forêt, préalablement scannée par drones, avait été intégrée à un dispositif virtuel projeté sur murs LED. L'intervention numérique a représenté 40 % du budget total. 

La Nuit du Papillon
La comédienne Armande Boulanger a passé trois jours de tournage à 30m de haut - © Ilha Productions
La Nuit du Papillon
Une scène d'affrontements autour du séquoia - © Ilha Productions
La Nuit du Papillon
Le séquoia reconstitué dans les studios de Vendargues - © Ilha Productions
La Nuit du Papillon
L'équipe du tournage, à Vendargues en 2025 - © Ilha Productions
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La Nuit du Papillon
La comédienne Armande Boulanger a passé trois jours de tournage à 30m de haut - © Ilha Productions
La Nuit du Papillon
Une scène d'affrontements autour du séquoia - © Ilha Productions
La Nuit du Papillon
Le séquoia reconstitué dans les studios de Vendargues - © Ilha Productions
La Nuit du Papillon
L'équipe du tournage, à Vendargues en 2025 - © Ilha Productions

Le Fonds d'aide ICC 2026 

La Nuit du Papillon va entamer la tournée des festivals avec l’ambition affichée d’une nomination aux César l’année prochaine. Un objectif qui n’est pas déraisonnable tant les projets soutenus par le Fonds d’aides ICC de la Métropole se sont distingués ces dernières années, que ce soit en sélection officielle à la prestigieuse Berlinade l’an dernier (Mes Fantômes Arméniens) mais également au festival de documentaires Visions du Réel en 2023 (Knit’s Island, Prix de la critique internationale) et en 2025 (Khmerica, Mention spéciale du jury). 

Depuis la création du Fonds, une trentaine de projets sont retenus chaque année. Ils sont examinés par quatre comités de lecture (Animation, Documentaire, Fiction, Jeu vidéo/Expériences immersives) dont les membres sont tous issus du milieu professionnel. Les appels à candidatures pour la sélection 2026 sont lancés.  

>>>>>>> Dossiers de candidatures et informations ici

Tournage à Montpellier

En 2023, le comité Fiction avait sélectionné Petite Frappe, le court-métrage d’Arnaud Jabouin. « Le film parle du désir d'enfant, du point de vue d’un jeune homme. Comment une petite frappe, en galère, accueille ce futur enfant ? C’est une auto-fiction », reconnait le trentenaire, père d’un petit garçon. Un sujet que le réalisateur porte depuis plusieurs années et dont l’écriture a été une lente maturation teintée d’hésitations. Jusqu’à ce qu’une résidence d’écriture dans le Lot le libère. « J’ai compris comment traduire mes préoccupations intimes en sujets universels ». Petite Frappe a dans un premier temps bénéficié d’une aide métropolitaine à l’écriture afin de peaufiner le scénario. Retravaillé, le film a reçu une aide à la production. 

Le tournage, en décembre 2025, a mobilisé une équipe presque entièrement locale, du coproducteur( Marnie Productions) aux techniciens et figurants. Un ancrage territorial revendiqué. « Je n’imaginais pas un autre cadre que Montpellier. Nous avons tourné dans plusieurs endroits que j’aime ».

Préoccupations sociales

Formé à l’École nationale supérieure d’art dramatique de Montpellier (ENSAD), Arnaud Jabouin s’est fait remarquer en 2021 avec La Zone. Co-réalisé avec Harry Grange, le court-métrage remporte le Prix du meilleur film mondial au Filmapalooza, un concours planétaire où des équipes réalisent un court métrage en 48 heures. Le film sera ensuite projeté au festival de Cannes. 

Se qualifiant avec humour de « gros gauchiste », Arnaud Jabouin fait confiance au sens du collectif et s’est entouré d’une équipe avec laquelle les décisions sont prises en commun. « Un plateau de tournage, c’est une micro société », estime t-il, précisant que les préoccupations sociales sont présentes dans le film, les tourments intimes du personnage principal se déployant dans un contexte tendu, traversé par des revendications. 

Petite Frappe est entré en post-production avec l’espoir d’être terminé pour une éventuelle sélection, là encore, au festival de Cannes.  

Petite Frappe
Jour de tournage aux Halles des 4 saisons à la Paillade le 11 décembre 2025 - © C.Ruiz
Petite Frappe
Arnaud Jabouin dirige les comédiens Rita Benmannana et Samuel Kircher - © C.Ruiz
Petite Frappe
Les tournages dans les espaces publics de Montpellier sont facilités par le Bureau des tournages - © C.Ruiz
Petite Frappe Samuel Kircher
Diego est interprété par Samuel Kircher, révélé au cinéma en 2023 dans "L'Été dernier" de Catherine Breillat - © C.Ruiz
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Petite Frappe
Jour de tournage aux Halles des 4 saisons à la Paillade le 11 décembre 2025 - © C.Ruiz
Petite Frappe
Arnaud Jabouin dirige les comédiens Rita Benmannana et Samuel Kircher - © C.Ruiz
Petite Frappe
Les tournages dans les espaces publics de Montpellier sont facilités par le Bureau des tournages - © C.Ruiz
Petite Frappe Samuel Kircher
Diego est interprété par Samuel Kircher, révélé au cinéma en 2023 dans "L'Été dernier" de Catherine Breillat - © C.Ruiz

DATE D'ENVOI DES CANDIDATURES AU FONDS D'AIDE ICC 

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