Les "Microcosmes" de Sarah Delanchy à découvrir à l'espace Saint-Ravy

08-04-26 - 06:30
Imprimer
Jusqu'au 26 avril, l'exposition de cette artiste qui avait réalisé la carte de voeux de la Ville et de la Métropole en 2024 est accessible du mardi au dimanche de 10h à 18h. Elle présente à la fois des cartographies, des illustrations mais également de la céramique. Entretien avec Sarah Delanchy.
Vernissage de l'exposition
Le public peut notamment apprécier les minutieuses cartographies réalisées par l'artiste - © C. Ruiz
Écouter

Vous aviez réalisé la carte de vœux de la Ville de Montpellier en 2024. Vous voici aujourd’hui avec une exposition personnelle à l’espace Saint-Ravy. Que s’est-il passé artistiquement dans l’intervalle ?

Sarah Delanchy : Beaucoup de choses ! Au niveau cartographie, j’ai terminé celle de Marseille sur un format assez gigantesque et j’ai aussi dessiné une carte de la Métropole de Montpellier. C’est différent de ce que je fais d’habitude car on y retrouve les 31 communes, alors que je travaille plutôt bâtiment par bâtiment. J’ai commencé une carte de Sète qui m’a aussi permis de débuter un travail de céramique, dérivé des recherches pour la cartographie, en collaboration avec la céramiste sétoise Anaïs Dezarnaud de Broca Studio. On a façonné trois pièces, deux amphores et une coupe, décorées sur les thèmes qui font l’identité de Sète comme les joutes, la pêche et la mer... 

Mais côté illustrations, vous avez toujours maintenu le lien avec Montpellier…

S. D. : Oui, j’ai travaillé pour les 50 ans du MHSC et j’ai fait une illustration pour un quintet de musique classique - Local brass quintet - dont le tubiste fait partie de l’Orchestre de Montpellier. On peut voir notamment le Corum qui est intégré dans l’illustration. Il y a d’autres illustrations à découvrir comme ma vision d’une ville idéale où figurent des monuments de Montpellier. J’essaie à chaque fois de montrer les coulisses de la création de l’illustration, avec l’esquisse originale à l’encre de Chine, puisque c’est à chaque fois un dessin fait à la main, et puis la version en couleurs.

Pochette de disque
Illustration de la pochette de disque pour le Local brass quintet - © C. Ruiz

En ce mois d’avril, vous nous présentez donc « Microcosmes » et vous venez de réaliser deux linogravures bien moins sudistes… sur la Norvège !

S. D. : Oui, c’est un voyage que j’ai fait sur la route des fjords en 2024. Là, c’est purement personnel comme travail. Mais je voulais mener à bien ce projet avec la perspective de cette exposition à l’espace Saint-Ravy. C’est une série de gravures en plaques perdues avec six couches superposées, de la plus claire à la plus foncée, pour construire l’image. Ces couches reflètent chacune des moments du voyage. Elles sont d’ailleurs nommées selon les coordonnées GPS du lieu qui a inspiré la gravure. Si quelqu’un passe par là, c’est l’occasion d’explorer à partir de la gravure ! Il y a toujours une dominante de bleu comme dans toutes mes illustrations. C’est un travail artisanal, fait à la main, qui se veut en contestation avec l’intelligence artificielle et l’accélération de la production artistique avec le numérique. 

On a le sentiment que vous nous présentez un point d’étape à une période où vous essayez de nouveaux supports tout en poursuivant dans l’univers qui vous a révélée ?

S. D. : En fait, l’espace Saint-Ravy, je l’ai découvert en 2019 quand je suis arrivée à Montpellier et c’est un des premiers lieux que j’ai visités. Et depuis sept ans, je rêvais d’exposer ici mais ce n’était jamais le bon moment : je n’avais pas assez de production, je n’étais pas assez mature dans ma création… Mais cette année, c’était vraiment le bon moment, car cela fait maintenant plusieurs années que je fais de la création à plein temps et à mon compte et j’ai pu explorer différentes pratiques. J’aimerais poursuivre le travail de gravure parce que, dans ma tête, il commence à faire un tout avec mon travail d’illustration. Cette exposition est assez chargée émotionnellement pour moi. 

Quels prochains rendez-vous donnez-vous aux personnes qui vous suivent de près ? 

S. D. : Le projet qui me tient à cœur serait de me lancer sur de la bande dessinée ou un roman graphique. Cela ferait le lien entre tous mes univers. Je souhaite aussi poursuivre mon travail sur la Norvège car il n’est pas terminé. Mais une bande dessinée, avec de belles images pour raconter une histoire, c’est une direction que j’aimerais bien prendre.   

Michaël Delafosse et Sarah Delanchy
Michaël Delafosse, le président de la Métropole a apprécié la cartographie des 31 communes de la Métropole - © C. Ruiz
Une amphore de l'exposition
Une amphore réalisée en collaboration avec une artiste sétoise - © C. Ruiz