Tambourin : Cournonterral veut sa revanche contre Gignac

22-05-26 - 06:30
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Le 22 mai 2026, le terrain Max Rouquette accueille l’un des grands rendez-vous de la saison de tambourin. Opposé à Gignac, champion de France en titre et invaincu depuis le début du championnat, Cournonterral veut profiter de l’avantage du terrain pour relancer la rivalité qui anime le tambourin héraultais depuis deux saisons.
Tambourin Cournonterral
© C.Ruiz
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Les lumières du terrain Max Rouquette de Cournonterral s’allumeront ce vendredi soir, à 21h30, pour bien plus qu’un simple match du championnat de France de tambourin. Car ce n’est pas n’importe quel adversaire qui débarque dans la cité du loup à trois têtes. Les hommes en maillots verts affronteront Gignac, le champion en titre, celui qui a coiffé Cournonterral au poteau lors des deux dernières saisons. Une affiche qui a désormais des allures de revanche à prendre...

L’avantage du terrain, une arme psychologique

Jouer à domicile, au tambourin comme ailleurs, change beaucoup de choses. Il y a le terrain maîtrisé dans les moindres détails, mais aussi le public qui pousse son équipe depuis les tribunes. « C’est un avantage psychologique, reconnaît Quentin Guillerm, capitaine de l’équipe. On joue chez nous, cela devrait compter, surtout que depuis le début de saison, Gignac survole le championnat. Mais rien n’est perdu, je ne suis pas alarmiste ».

Gignac réalise pour l’instant un parcours sans faute avec six victoires en six rencontres. Derrière, Cournonterral reste solide et ne compte qu’une seule défaite, concédée la semaine dernière face à Vendémian.

Un championnat à huit

Cette saison, huit équipes se disputent le titre national. Six sont héraultaises (Cazouls-d’Hérault, Cournonsec, Cournonterral, Gignac, Mèze et Vendémian), une vient de Corrèze, Monceaux-sur-Dordogne et Les Pennes-Mirabeau représente les Bouches-du-Rhône. 

La première phase du championnat, entamée le 11 avril, s’achèvera le 2 août 2026. Les phases finales débuteront, elles, vingt-cinq jours plus tard. Le chemin reste donc encore long. Mais au regard de la dynamique actuelle des deux leaders, l’hypothèse d’une troisième finale consécutive entre Cournonterral et Gignac semble loin d’être irréaliste.

Le pari de la jeunesse

Cournonterral aborde pourtant la saison avec une interrogation supplémentaire. Cette année, l’équipe de Quentin Guillerm a intégré deux nouveaux tambourinaires, Dorian Estimbre et Calvin Thomas, âgés de 19 ans. Un apport de fraîcheur et d’énergie, mais aussi un défi collectif. Car l’intégration de nouveaux joueurs peut demander du temps avant de trouver les automatismes et l’équilibre nécessaires au plus haut niveau.

Les deux « minots » rejoignent ainsi Mathieu Arrazat, Clément Cuccala et Jayson Séris, joueurs aguerris qui n'en sont pas à leur coup d'essai en championnat. Le club, qui fêtera son demi-siècle d'existence en 2028, a quasiment toujours évolué au plus haut niveau, à l'exception de 2010, année de sa relégation en N2. « Nous avons été champions de France cinq fois et vainqueurs de la Coupe de France à huit reprises et plusieurs années vice-champions de France. Sans compter les très nombreuses autres rencontres que nous avons remportées », rappelle Nicolas Terme, tout récent président du club, ancien joueur lui-même, père de joueurs, et qui confie avoir rencontré son épouse sur un terrain de tambourin. 

Nicolas Terme Tambourin Cournonterral
Nicolas Terme, président du Tambourin Club Cournonterralais, devant les multiples coupes gagnées depuis 1978 - © X.R.

Le tambourin a un prix 

Le club fait désormais partie de l'ADN du village. Il peut s'enorgueillir d'aligner une équipe dans chaque division et de couvrir toutes les catégories d'âge, pour un effectif total d'une centaine de joueurs. Côté féminin, il évolue en Division d'Honneur 1, le plus haut niveau régional du tambourin. Un palier difficile à franchir : « Nous n'arrivons pas à progresser en féminines et peinons à attirer des joueuses », reconnaît le président du Tambourin Club Cournonterralais, qui fait du recrutement l'une des priorités de son mandat de président. 

Maintenir un tel niveau d'engagement n'est pourtant pas sans effort sur le plan financier. En cause, le coût du matériel. Le tambourin, l'instrument lui-même, s'use rapidement sous les coups répétés, contraignant les joueurs à en changer régulièrement. Le club en renouvelle entre 40 et 60 par saison. « Nous prenons en charge l’achat du matériel. Cela nous coûte environ 1 000 euros par an », indique Nicolas Terme. « Les adhésions et les bénéfices de la buvette lors des matchs ne suffisent pas à tout couvrir ».  

Le village derrière son club

S'il peut compter notamment sur les subventions de la Métropole de Montpellier, la recherche de sponsors reste indispensable. Plusieurs grandes enseignes commerciales sont sollicitées et jouent souvent le jeu, mais leur soutien n'est pas systématique d'une saison à l'autre. En revanche, le club peut s'appuyer sur un tissu fidèle de petites entreprises locales qui, sans engager des sommes considérables, manifestent régulièrement leur attachement au club.

À l'image de Lucas Neveu, qui dirige une entreprise d'électricité à Cournonterral depuis trois ans : « Je ne joue pas au tambourin, mais en tant que dirigeant d'association moi-même, je comprends les difficultés financières que peut rencontrer un club. » Son entreprise soutient également le club de football et le comité des fêtes. Un geste généreux qui n'est pas sans avantage puisque ces dons ouvrent droit à des abattements fiscaux non négligeables.

Un engagement qui va au-delà du simple chèque car nul doute qu'on le retrouvera dans les tribunes ce vendredi soir pour soutenir son équipe.

Tambourin Club Cournonterralais
© C.Ruiz