Cap sur le Québec : Montpellier joue la carte transatlantique

02-06-26 - 06:30
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La Métropole de Montpellier organise aujourd'hui « Cap sur le Québec », un forum économique réunissant entreprises, décideurs et institutions des deux côtés de l'Atlantique, pour ouvrir aux acteurs du territoire de nouveaux marchés dans des secteurs porteurs comme la santé, l'intelligence artificielle, le numérique, les industries culturelles ou les énergies renouvelables. Un pari transatlantique qui, pour certains, a déjà commencé à payer.
Le QG de l’entrepreneuriat à Sherbrooke
Le QG de l’entrepreneuriat, épicentre du développement économique à Sherbrooke - © Ville de Sherbrooke
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Après le Maroc l'an dernier, la Métropole de Montpellier pose ses valises au Québec. Au domaine de Grammont, décideurs économiques et politiques des deux rives de l'Atlantique se retrouvent le temps d'une journée pour tisser des liens et ouvrir de nouveaux marchés.

Un partenariat important 

Selon l’Institut de la statistique du Québec, la Belle Province a confirmé en 2025 sa position de premier partenaire de la France au Canada. Les exportations françaises vers le Québec représentent à elles seules 46 % des exportations nationales vers l’ensemble du pays. 

Plus de 400 entreprises françaises seraient implantées au Québec, selon les estimations d'Henri-Paul Rousseau, délégué général du Québec à Paris, qui interviendra lors de ce Forum. Parmi elles, plusieurs du territoire montpelliérain ont déjà tenté leur chance avec succès. Simpliciti, éditeur de solutions métiers et fournisseur de matériel connecté, a ainsi conquis de beaux marchés, notamment en équipant la ville de Montréal ou en déployant des solutions pour la collecte de déchets dans plusieurs autres grandes communes québécoises.

S’implanter pas à pas 

Pour sa part, ESII est implantée au Québec depuis 2015. La PME de Lavérune, qui conçoit des solutions permettant aux entreprises et aux services publics de mieux organiser l'accueil des visiteurs et de réduire l'attente grâce au numérique, a procédé par étapes. « Nous avons mis environ cinq ans à tester le marché avant de créer notre filiale à Laval, dans la banlieue proche de Montréal », indique Laurent Ventura, le directeur général, qui salue l'appui de Business France, de la Banque Publique d'Investissement et d' Add'oc pour guider cette implantation. « Une fois sur place, il faut s'adapter à une mentalité entrepreneuriale différente. L'approche nord-américaine des affaires est davantage pragmatique, plus directe. La concurrence est féroce, mais on vous donne très facilement votre chance dès lors que le client perçoit un retour sur investissement. Il y a moins besoin d'aligner des références comme en France, pour convaincre de la qualité de ses produits ».

La bonne carte à jouer 

Avec seulement quatre employés, ESII Canada est parvenue à décrocher de gros contrats au Québec, en Ontario et en Alberta, affichant en 2025 une progression de son chiffre d'affaires de 53 %. Et en ce moment, le contexte géopolitique joue en sa faveur. « Les tensions entre Ottawa et Washington bénéficient aux entreprises françaises, même si les États-Unis restent le premier partenaire commercial du Canada. Plusieurs contrats avec des sociétés américaines arrivent à échéance dans les mois qui viennent. Nous avons une vraie opportunité pour les remplacer », analyse Laurent Ventura, qui insiste par ailleurs sur l’intérêt de disposer d'une filiale, et non d'un simple partenariat. « Une filiale est une société juridiquement canadienne. Cela lui ouvre les portes des appels d'offres publics nationaux, ce qui change tout ». 

ESII
Les bornes et le logiciel de prise de rendez-vous d'ESII Canada ont équipé la campagne de vaccination Covid de la Province de Québec, ici au Palais des congrès de Montréal - © ESII Canada

Saisir les opportunités 

Une logique qu'a parfaitement intégrée Axeptio. La start-up montpelliéraine spécialisée dans la gestion des cookies et du consentement en ligne, a ouvert une filiale à Montréal en janvier 2025, portée par une nouvelle législation canadienne sur les données personnelles qui bouscule entreprises et administrations. Un terrain idéal pour une société dont la conformité numérique est le cœur de métier.

La ville jumelle, un atout stratégique 

Si Montréal reste la porte d'entrée naturelle pour la plupart des entreprises montpelliéraines qui s'installent au Québec, une autre piste mérite d'être explorée. Sherbrooke, la ville jumelle de Montpellier, est à 50 kilomètres de la frontière américaine, ce qui en fait un point d'appui stratégique entre le marché québécois, le reste du Canada et les États-Unis. La sixième ville du Québec (172 000 habitants recensés en 2021) dispose de filières-clés dans l’industrie manufacturière et a été désignée comme l'une des deux premières zones d'innovation du Québec dans le domaine des technologies quantiques, un secteur d'avenir.

Sherbrooke déroule le tapis rouge

Pour accompagner cet élan, la mairesse Marie-Claude Bibeau, présente aujourd'hui au forum, a fait de l'accueil des entreprises étrangères une priorité. « La ville travaille activement à son offre d'accueil avec de l'accompagnement à l'implantation, en facilitant les connexions avec les incubateurs du territoire et en aidant à accéder à des locaux », explique-t-elle. Sherbrooke est par ailleurs, reconnue comme ville d'accueil du programme VIE de Business France. « L'objectif est simple : qu'un entrepreneur français qui choisit Sherbrooke sente que l'équipe de la Ville est à ses côtés dès le premier jour ».

Une invitation que SecLab, fabricant de boîtiers de cybersécurité, a saisie. Les dirigeants de la PME de Pérols, dont les solutions protègent notamment les ministères français des Armées et de l'Économie, étaient à Sherbrooke en début d'année pour rencontrer l'écosystème local et concrétiser des partenariats. Et soumettre leur boîtier à -40 degrés.    

Des informations complémentaires sur Cap sur le Québec ici