Edmond Barrial au musée d’art brut de Montpellier du 7 janvier au 26 avril 2026

Son œuvre est dense et ingénieuse, avec la plupart de ses sculptures nourries de son imaginaire, de contes, de légendes ainsi que de culture populaire… Le musée d’Art brut de Montpellier présente du 7 janvier au 26 avril 2026, une exposition originale de l’artiste Edmond Barrial (1926 – 2012).
Edmond Barrial
© Edmond Barrial
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Un trésor caché mis en lumière

« Découvrir une œuvre exceptionnelle dans un grenier, au cœur d’un petit village cévenol après le décès de son auteur, est certes un événement, mais aussi un choc émotionnel d’autant plus que cette dernière n’a jamais été montrée encore dans sa totalité, explique Patrick Michel, directeur du musée d’Art brut. Dans le petit monde de la création des autodidactes, dont un réseau d’amateurs, de collectionneurs, assure depuis longtemps la promotion, peu d’auteurs ont, comme Edmond Barrial, maintenu leur activité artistique à l’abri de tout regard, pratiquement jusqu’à la fin de leur existence. Cette exposition présente une quarantaine de pièces uniques (sur peut-être une centaine). Grâce à la visite fortuite de Jeanne Roualet au musée d’Art brut de Montpellier il y a peu, j’ai aussitôt pris la décision de mettre l’ensemble de cette œuvre en lumière. »

Un artiste singulier aux frontières de l’art brut

Edmond Barrial dit « Momon » est né au Mas Masseboeuf dans la commune du Martinet en 1926, au cœur de la vallée de l’Auzonnet, dans le bassin houiller d’Alès à l’entrée des Cévennes. Edmond, enfant unique, était atteint d’une grave maladie invalidante qui l’empêcha de marcher. Il ne put fréquenter l’école. C’est sa grand-mère et trois de ses voisins qui se relayaient tous les jours pour lui apprendre à lire et écrire. Dès sa jeunesse, il fabriquait toutes sortes de petits objets en bois. Après le décès de sa mère alors qu’il n’a que dix-sept ans, et sa santé s’améliorant, il est contraint de travailler comme mineur de fond mais ne supporta pas les conditions de travail, humidité, poussière, enfermement et fut redirigé au poste de lampiste. À sa retraite, à l’âge de quarante-sept ans, il donna tout son temps, « tous les jours, des heures et des heures » à la fabrication d’objets, oiseaux, chars, avions, personnages célèbres (Laurel et Hardy, John Wayne, Elvis Presley…), façonnés en bois de châtaignier ou poirier qu’il allait récupérer dans la montagne. La plupart de ces sculptures étaient nourries de son imaginaire, de contes, de légendes ainsi que de la culture populaire. De son vivant, il travaille dans son atelier éloigné de la ville. Personne ne partageait les secrets de son labeur et ni sa famille, ni ses amis ne reconnaissaient sa valeur. Autodidacte passionné, luttant constamment contre l’angoisse et la dépression, Edmond fait partie de ces artistes singuliers aux frontières de l’art brut. Son œuvre, « sans école », habitée d’une extraordinaire densité et ingéniosité, est restée emprisonnée et n’a jamais été présentée officiellement. Il est décédé en 2012 dans sa région natale à Saint-Florent sur Auzonnet. 

Musée d’art brut 1 rue beau séjour, à Montpellier
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