En février 2025, l’effondrement d’un réseau historique de collecte des eaux usées et des eaux pluviales, à hauteur de la rue Auguste-Broussonnet à Montpellier, a constitué un coup dur. Des eaux polluées ont alors commencé à se déverser dans le Verdanson, rendant nécessaire le lancement en urgence d’importants travaux de réparation. Une nouvelle conduite a rapidement été installée. Cet incident est venu souligner l’état de vétusté de certains réseaux enterrés, tout en s’inscrivant dans un contexte plus large, celui du vaste chantier de la ligne 5 de tramway.
Des infrastructures invisibles mais essentielles
Rénover les réseaux dits « humides » (canalisations d’eaux pluviales et d’assainissement) tout au long des kilomètres du tracé a permis de constater la vétusté de certains. Les rénover permet d’économiser 2 millions de m3 d’eau par an. D’autres ne sont plus adaptés en matière de performance hydraulique et de protection de l’environnement.
C’était notamment le cas au carrefour des rues du Faubourg-Saint-Jaumes et Gerhardt. Les réseaux unitaires, qui mélangeaient eaux usées et eaux pluviales, s’y révélaient inadaptés. Rapidement saturés, ils aggravaient les inondations, provoquaient des rejets polluants dans le Verdanson et surchargeaient la station d’épuration Maera. Grâce au chantier du tramway, des réseaux séparatifs d’eaux pluviales ont été créés, notamment sur l’avenue Henri-Serre et la rue Bonnard, permettant de réduire durablement les risques d’inondation et de pollution.
Des réseaux quinquagénaires
La place de la Voie Domitienne illustre de manière emblématique cette approche globale permise par les travaux de la ligne 5. L’ancien parking de l’université Paul Valéry a été transformé en espace vert de 2 000 m², tout en intégrant la rénovation complète des réseaux d’eau potable. De nouvelles canalisations souterraines ont été installées entre la place et la station Arago pour remplacer des ouvrages datant, pour les plus anciens, de 1975. Ils sont stratégiques puisqu’ils alimentent en eau 13 communes de la métropole à partir de la source du Lez.
Un bassin de rétention extra large
Mais l’ouvrage le plus marquant à cet endroit, reste la création, sous le parvis Marc-Bloch, d’un bassin de rétention de 4 600 m³. Cet équipement majeur permet de stocker temporairement les eaux de ruissellement afin de limiter les inondations, notamment aux abords de la route de Mende. Des milliers de mètres cubes d’eau peuvent ainsi être retenus, prévenant les risques face aux épisodes pluvieux intenses.