Club-lecture au musée Fabre : Lettres et passion, Frédéric Bazille (1841-1870)

Mort à la guerre en 1870, alors qu’il n’avait que 29 ans, le peintre Frédéric Bazille laissait derrière lui une soixantaine d’œuvres, un souvenir ébloui et une abondante correspondance, avec sa famille, ses amis, dont plusieurs artistes et peintres, comme Claude Monet ou Auguste Renoir… Et c’est cette correspondance – dont une grande partie est conservée dans la documentation du musée Fabre, grâce à la donation de l’historien d’art François Daulte (1924-1998) -, que nous invite à feuilleter le prochain rendez-vous du club lecture de la Bibliothèque Jean-Claparède, ce mercredi 28 janvier à 18h.
Portrait de Bazille sur fond rouge, avec extrait de son écriture
© DR
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« Mon cher Frédéric tué à Beaune-Rolande, ai pu ramener son corps à Montpellier. Bazille » … C’est par ces quelques mots, écrits sur le papier bleu d’une dépêche, que Gaston Bazille, père de Frédéric, annonce à leur ami, Edmond Maître, la mort du peintre, le 28 novembre 1870. Elle clôt, en quelque sorte, le cycle de correspondance entamé une trentaine d’années plus tôt, par un courrier que Frédéric, encore enfant, adressait à sa grand-mère, après une visite en famille au Jardin des plantes.  

Au total, près d’une centaine de lettres, offrant un témoignage exceptionnel sur la vie, l’époque, l’entourage familial et amical du peintre, figurent aujourd’hui dans la documentation du musée Fabre, léguées en 2017 par les héritiers de François Daulte (1924-1998). La rencontre proposée ce mercredi 28 janvier à 18h, par le club lecture de la bibliothèque Jean Claparède s’appuiera sur cette importante documentation. 

Montage d'enveloppe et lettre de Frédéric Bazille
© Musée Fabre

Elle permettra, aussi, de s’intéresser à la fascination que Bazille n’a jamais cessé d’exercer, à commencer sur le généreux donateur de ces lettres : François Daulte. Homme d’art et de passion, éditeur, commissaire d’exposition, ce franco-suisse, né à Vevey, confiait au soir de sa vie avoir découvert sa vocation dans les salles du musée Fabre. Devant la belle lumière du Midi, saisie par Courbet et surtout par Bazille.   

S’il contribua à exporter un peu partout dans le monde sa passion de l’art français - notamment aux États-Unis et au Japon, où en quinze expositions, il révéla les impressionnistes à des dizaines de millions de visiteurs -, François Daulte resta fidèle toute sa vie au souvenir de Bazille. Contribuant à maintenir dans la lumière l’œuvre d’un artiste trop tôt disparu et qui aurait pu sombrer dans l’oubli.

Dès 1953, il avait consacré au peintre montpelliérain une thèse de doctorat, qui lui ouvrit, dans le cadre de ses recherches, le milieu des grands collectionneurs parisiens. Jean Claparède, conservateur en chef du musée Fabre, avait fait le trajet jusqu’à Lausanne pour superviser sa soutenance de thèse. En 1992, six ans avant sa mort, il revenait sur l’œuvre de Bazille, en publiant pour la bibliothèque des Arts, maison d’édition qu’il avait fondée avec son épouse, Martine Daulte, le catalogue raisonné des œuvres du peintre.

portrait de François Daulte
François Daulte, figure incontournable du monde de l'art du XXe siècle, grand admirateur de Frédéric Bazille - © Musée Fabre
Couverture de l'ouvrage de François Daulte sur Frédéric Bazille, tableau de la robe rose
"La Robe rose", de Frédéric Bazille, en couverture du catalogue raisonné de l'artiste, publié en 1992 à la Bibliothèque des Arts - © D.R.
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portrait de François Daulte
François Daulte, figure incontournable du monde de l'art du XXe siècle, grand admirateur de Frédéric Bazille - © Musée Fabre
Couverture de l'ouvrage de François Daulte sur Frédéric Bazille, tableau de la robe rose
"La Robe rose", de Frédéric Bazille, en couverture du catalogue raisonné de l'artiste, publié en 1992 à la Bibliothèque des Arts - © D.R.

Une fascination et une fidélité qui ne cesseront jamais. Prenant un tour nouveau dans la continuité de l’exposition présentée en 2016 entre Montpellier, Paris et Washington, « Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme ». Puisqu’en 2017, les héritiers de François Daulte, son fils Olivier Daulte et sa fille Marianne Delafond, qui fut conservateur du musée Marmottan Monet, donnèrent au musée Fabre un ensemble de lettres autographes de Frédéric Bazille et de son entourage, ainsi que les archives de François Daulte liées à ses ouvrages dédiés à Bazille. Un soutien exceptionnel, enrichi de nouveaux dons en 2021 et 2024 et par la création du prix François Daulte, bourse annuelle décernée aux chercheurs post-doctorants en histoire et histoire de l’art.

 

Club lecture bibliothèque Jean-Claparède – mercredi 28 janvier – 18h – musée Fabre – boulevard Bonne Nouvelle – Gratuit – Inscription obligatoire : museefabre.documentation@montpellier.fr

Bibliothèque Jean Claparède

Située dans l’enceinte du musée Fabre (à droite, juste après la porte principale), la bibliothèque est ouverte en accès libre aux visiteurs. Elle propose un espace de lecture et plus de dix places de travail, ainsi qu’un fonds riche de plus de 13 700 documents (ouvrages, catalogues d’exposition, thèses et mémoires de recherche). Elle accueille tous les publics, chercheurs, étudiants, visiteurs, amateurs d’art ou simples curieux. On peut y consulter des dizaines de revues sur l’actualité de l’art, des catalogues d’exposition. 

Ouverture : mardi de 14h à 18h – mercredi et jeudi : de 11h à 12h30 et de 14h à 18h. Ou sur RV : museefabre.documentation@montpellier.fr

Le Club de lecture de la bibliothèque Jean Claparède

Inauguré en janvier 2025, par une rencontre autour du poète Max Rouquette, le Club de lecture de la bibliothèque Jean Claparède est ouvert à tous sur simple inscription. En préalable à chaque rencontre, les participants reçoivent extraits d’ouvrages, citations, pour se préparer à l’échange autour de questions liés à l'histoire de l'art et à la littérature artistique.