41e édition
Premier lever de rideau sur la programmation de la 41e édition de la Comédie du Livre - 10 jours en mai et sa liste d'invités. Avec deux temps forts, autour des Grandes soirées (spectacles littéraires, grands entretiens), du 15 au 21 mai ; suivies du Salon du livre, les 22, 23 et 24 mai, sur l’Esplanade du Peyrou, avec ses 300 auteurs en dédicace, une belle présence d’auteurs en région et tout un volet spécialement prévu pour la jeunesse et les scolaires…
Une 41e édition placée sous les couleurs de l’autrice et dessinatrice Marion Fayolle qui signe l’affiche 2026 de la manifestation, avec ses petits personnages qui s’entrelisent les uns les autres. Avec une exposition qui lui sera consacrée à l’espace Bagouet, du 22 mai au 6 septembre, alors que viennent de paraître simultanément son nouveau recueil de dessins, Les Aimants au Tripode, ainsi que son deuxième roman, Petit Fruit chez Gallimard.
L’occasion pour Régis Penalva, directeur littéraire de la manifestation, de souligner « l’heureuse période de changement, qui permet d’offrir à la programmation féminine – 56 % des auteurs invités cette année sont des autrices – une visibilité accrue ». Avec notamment dans la programmation BD de la manifestation, et dans le mouvement ayant suivi l’annulation du Festival International d’Angoulême, le rapprochement opéré avec la collective girlxcott. L’occasion de réfléchir aux grands enjeux qui agitent le milieu de la BD : du sexisme à la précarité des auteurs et la crise du marché du livre, en passant par les menaces que fait peser l’intelligence artificielle sur le secteur. À signaler également dans le plateau BD, et sa vingtaine d’auteurs et autrices invités, la présence de Florence Dupré La Tour, qui aborde la question du déclassement avec ses deux derniers ouvrages, Jeune et fauchée, chez Charivari, Dargaud et Les Moribonds, chez Casterman. Ce dernier récit mettant en scène un vampire obligé de se mettre au travail pour s’occuper de son cheptel humain.
Grand Prix de l'Imaginaire
Ayant rallié la Comédie du Livre en 2024, le Grand Prix de l’Imaginaire, fêtera cette année ses 53 ans. « Avec un plateau d’auteurs majeurs », ainsi que le souligne Joëlle Wintrebert, romancière et présidente du Grand Prix.
Laurent Genefort viendra ainsi présenter son roman Le test de Rungholt publié chez Albin Michel, qui met en scène une colonie d’extra-terrestres venus réaliser un test d’adaptation à la cohabitation humaine, en s’installant pour vingt ans dans une ville d’Europe centrale volontaire. Il sera accompagné de Céline Minard, autrice de Tovaangar, chez Rivage, dont l’intrigue foisonnante se déroule dans un Los Angeles du futur envahi par des créatures de toutes espèces. Mais aussi du Québécois Ray Nayler, auteur chez Le Bélial du roman de politique fiction Où repose la hache. Sans oublier l’Américaine Megan Whalen Turner, dont la série de fantasy en six volumes, Le Voleur de la Reine est en cours de publication, dans sa traduction française, aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.
Littératures étrangères
L’occasion de souligner un autre axe important de la programmation de la Comédie du Livre, en direction des littératures étrangères. Et cette possibilité offerte de rencontre et de dialogue avec des auteurs de tous horizons, venus de Bulgarie, du Canada, des États-Unis, d’Islande ou de Cuba, qui s’appuie sur cette volonté d’aller vers l’autre, à travers les livres, de mieux comprendre le monde, ses cultures, ses langues, ses civilisations ou ses pays…
Ce n’est donc pas un hasard, si en ouverture de la programmation des Grandes Soirées, qui seront marquées par la présence très attendue de Gisèle Pelicot et de Laurent Mauvignier - qui accorderont à Montpellier l’une des étapes importantes de leur tournée - c’est une des grandes voix de la littérature Ukrainienne qui sera invitée. Auteure, journaliste et traductrice, Sofia Andrukhovych publie chez Belfond son roman Amadoca , alors que la guerre d’agression contre l’Ukraine est entrée dans sa cinquième année. Un récit qui démarre dans un hôpital de Kiev, au chevet d’un soldat amnésique, défiguré, qui ne se souvient plus de la femme qui le veille. L’Ukraine qui marquera très fortement la programmation de cette édition, avec d’autres rendez-vous et auteurs, comme Andreï Kourkov, traduit en 36 langues, dont le premier roman Le Pingouin a remporté un succès international. Ou encore l’écrivain André Markowicz, l’un des plus grands spécialistes et traducteurs de la littérature russe, de Dostoïevski à Tchekov en passant par Tolstoï et Pouchkine et qui publie aujourd’hui un Dictionnaire amoureux aux éditions Plon.
Les éditeurs invités
Autre temps fort de la manifestation : le coup de projecteur aux éditeurs invités. L’occasion de saluer les 60 ans d’aventure éditoriale des Éditions Christian Bourgois, notamment autour de la découverte des littératures étrangères, de Tolkien à Bolaño, de Burroughs à Pessoa. Une invitation également lancée cette année aux Éditions La Peuplade. Une petite maison d’édition québécoise fondée en 2006 et qui fait l’actualité ce printemps avec la publication du roman phénomène littéraire international de Lisa Ridzén, Les grues volent vers le sud dont elle a acquis les droits mondiaux en langue française au nez et à la barbe des plus grands éditeurs du circuit.
Carte blanche
Pour sa « Carte Blanche », la Comédie du Livre invite cette année la journaliste et essayiste Salomé Saqué. Résister, son manifeste contre l’extrême-droite, publié chez Payot, a été l’un des livres les plus vendus en France en 2025. Elle a prévu notamment de dialoguer avec Blanche Sabbah, autrice de BD et activiste féministe, qui a signé plusieurs ouvrages, dont le déjà culte Mythes & meufs et un essai dessiné, chez Casterman, La bataille culturelle, où elle défend le pouvoir de la création de la fiction pour lutter contre la progression des idées réactionnaires.
Salon du Livre du 22 au 24 mai
Du vendredi 22 au 24 mai, le Salon du Livre de la Comédie du Livre – 10 Jours en mai, dressera ensuite ses tentes sur la promenade royale du Peyrou. Avec un programme « dément » qui rassemblera sur trois jours, de 9h à 20h, quelques 300 auteurs et autrices, dont 150 animeront rencontres et lectures. Une densité exceptionnelle qui permettra de faire entendre auteurs confirmés et aussi nouvelles voix de la littérature. On croisera Nathacha Appanah, autrice de La Nuit au cœur chez Gallimard, lauréate du prix Fémina et du Goncourt des Lycéens en 2025. Mais aussi Valentine Goby, dont le très beau livre publié chez Actes-Sud, Le Palmier entraîne le lecteur dans le monde des parfums de l’enfance. Une déambulation littéraire sera d’ailleurs proposée avec elle, entre le Jardin des Plantes et le Jardin de la Reine, aux côtés de l’écrivaine et traductrice Ryoko Sekiguchi, dont le nouveau roman Venise, millefleurs, suit les traces d’une héroïne, Ilaria, botaniste vénitienne du XIXe siècle. Historien, poète, essayiste, traducteur du poète Mahmoud Darwich et ancien ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, Elias Sanbar, sera également présent à Montpellier pour présenter son Nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine. Invité d’honneur de cette 41e édition, il viendra le dimanche 24 mai, conclure un festival inscrit dans une actualité internationale marquée par les crises et les conflits. Autant de désordres auxquels la littérature offre des voies possibles, ainsi que le rappelait Régis Penalva, « comme mode de compréhension et de lecture du présent, dans la manière aussi d’appréhender le monde dans lequel nous vivons et les défis auxquels nous sommes confrontés ».
41e Comédie du Livre – 10 jours en mai (Grandes Rencontres : du 15 au 21 mai, divers lieux ; Salon du Livre, les 22, 23 et 24 mai, Promenade du Peyrou) – 10joursenmai.fr