Le 12 décembre à la Cité Créative, l’inauguration de la sculpture d’Alquin sur la place Delaunay a été suivie à quelques dizaines de mètres de distance par la livraison d’un équipement public. Il s’agit de la crèche Mireille Laget qui se trouve en lieu et place de l’ancienne chapelle de l’École d’application de l’infanterie (EAI). Celle-ci ouvrira au public dès janvier 2026 et sa gestion a été confiée à la fédération Léo Lagrange petite enfance.
Cette nouvelle structure répond à la fois à l’augmentation de la population de la Croix d’Argent mais elle comble aussi un manque dans le secteur d’Estanove qui était dépourvu de structure d’accueil du petit enfant. L’ancienne chapelle a été transformée en préau ouvert alors que le bâtiment nouveau s’y greffe. Cette crèche offre 48 berceaux et bénéficie de plus de 430 mètres carrés sur deux niveaux. Elle porte le nom d’une Montpelliéraine disparue il y a 40 ans qui était une historienne de la petite enfance.
Comment rêver de mieux ?
Michel Laget partageait sa vie et il est aujourd’hui à la tête d’une communauté familiale forte de soixante-trois lucioles. « Et bientôt 64 ! », comme l’a dit une jeune femme au ventre arrondi, en pleine inauguration. « Je veux dire un immense merci pour l’héritage que vous faites à Mireille Laget. Comment rêver de mieux ? J’ai vécu trente ans avec elle et on a eu six enfants. Mais l’essentiel de ce qu’elle m’a apporté est son travail scientifique. C’est une grande historienne, une passion héritée de son père. Elle avait une approche scientifique et un humanisme sobre. Elle a travaillé sur la naissance et l’éducation mais surtout elle aimait les êtres qu’elle traitait. »
Passion de l’enseignement
Éloge également dans la voix d’Henri Michel, historien, enseignant et ami de longue date de Mireille Laget. « Nous avons été recrutés ensemble le 1er octobre 1967. La qualité première de Mireille Laget était sa passion de l’enseignement. Elle avait par ailleurs la facilité de poser immédiatement la question essentielle sur un sujet qu’elle traitait et rien dans son travail de recherche ne pouvait l’écarter de la ligne qu’elle s’était fixée. » Souvenir respectueux et ému aussi dans les propos de Thierry Verdier, directeur de l’école d’architecture de Montpellier et ancien élève de Mireille Laget. « Elle était la voix des humbles, des sans noms, des femmes en couche et des matrones, celle qui faisait exister au plus profond d’une cuisine entre l’âtre de la cheminée et une table de ferme ces moments exclusivement féminins de l’accouchement pendant lequel les parturientes risquaient la vie pour la donner. »
Mireille Laget (1936-1986)
Historienne, écrivaine, maîtresse de conférence à l’université Montpellier III Paul Valéry, Mireille Laget a centré son travail sur deux fonctions essentielles, portées avant tout par les femmes, pour l’avenir d’une communauté : la mise au monde et l’éducation des enfants, révélant au travers de ses recherches l’humanité inouïe de gestes qui, pour donner la vie, frôlaient souvent la mort. Ses travaux majeurs portent sur la naissance, l’enfance, et l’accouchement dans la France des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles.