Les 102 élus des 31 communes de la Métropole ont siégé mardi 21 avril à l'hôtel de Métropole. Après avoir élu Michaël Delafosse, président le 9 avril dernier, ils étaient ce jour appelés à débattre sur les grandes orientations budgétaires et les choix généraux pour le prochain exercice avant l’adoption du budget primitif 2026.
Égalités entre femmes et hommes
Conformément aux textes, deux rapports annuels ont été précédemment présentés à l’assemblée.
Le premier, sur la situation en matière d'égalité entre les femmes et les hommes dans la collectivité, fait état de la politique des ressources humaines menée en faveur de l’égalité entre les agents. Il est notamment noté qu’en 2025, l’écart de rémunération entre femmes et hommes fonctionnaires est quasiment nul, à 0,04 % en faveur des femmes. Après avoir remercié Joël Raymond, maire de Montaud, qui exerçait cette vice-présidence lors du précédent mandat, Michaël Delafosse a salué Michelle Cassar, maire de Pignan, nouvelle vice-présidente aux Ressources humaines, soulignant que pour « la première fois dans cette collectivité une femme exerçait cette délégation ».
« Une transition écologique juste et solidaire pour toutes les communes »
Le second rapport concernait la situation de la Métropole dans la prise en compte des objectifs de développement durable. Il a été présenté par Grégoire Delforge, nouveau vice-président à la Transition écologique (une délégation occupée précédemment par Isabelle Touzard, ex-maire de Murviel-lès-Montpellier qui ne s’est pas représentée lors des élections municipales). Après avoir salué le travail de sa prédécesseuse, et notamment le bilan à mi-parcours du Plan Climat Air Energie Territorial solidaire qui « montre que la Métropole est sur la bonne trajectoire en termes d’atteinte de ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et des consommations d’énergies fossiles », l’élu montpelliérain a expliqué qu’il sera « au service de toutes les communes pour une transition écologique juste et solidaire. »
Débat d’orientations budgétaires : "un euro dépensé = un euro utile"
La grande partie de la séance a été consacrée au débat d’orientations budgétaires (DOB). Ce débat annuel permet de détailler les grands projets structurants et de mettre en perspective les équilibres financiers de Montpellier Méditerranée Métropole pour 2026.
Renaud Calvat, maire de Jacou, premier vice-président délégué aux Finances, a commencé par rappeler le contexte.
« La situation financière des collectivités locales n’est pas facile, ici comme ailleurs. Elle nous impose une gestion précise et rigoureuse, ce que nous faisons depuis six ans pour que chaque euro dépensé le soit utilement. »
La Métropole la plus dynamique et la plus intégrée de France
La Métropole de Montpellier, composée de ses 31 communes, présente trois spécificités. Elle est tout d’abord la Métropole la plus dynamique de France en termes de démographie. Devant Toulouse, Bordeaux, Rennes ou Nantes (voir graphique ci-dessous). Elle est aussi la plus intégrée de France. « Nous dépensons presque 1 100 euros par an par habitant en fonctionnement alors que la moyenne nationale est d’à peine 600 euros. C’est la solidarité intercommunale », souligne le premier vice-président rappelant les nombreuses compétences métropolitaines et équipements aux services de tous les habitants.
Mais une dotation de l’État la plus basse de France
Face à cette situation métropolitaine unique, l’élu déplore une DGF, dotation globale de fonctionnement (principale dotation de fonctionnement de l'État aux collectivités territoriales) des plus basses de France (voir graphique ci-dessous).
« Avec 85 euros par habitant, la Métropole de Montpellier est classée dernière en produit de DGF par habitant malgré des indicateurs sociaux économiques modestes. Le président Michaël Delafosse se rendra le 4 mai au ministère des Finances pour réparer cette injustice qui ne s’explique pas aujourd’hui », ajoute Renaud Calvat.
Soutenir le service public et les communes
Dans ce contexte, la Métropole construit un budget où la priorité est de maintenir un service public de qualité. Avec des dépenses d’équipements ajustées, mais soutenues s’élevant à 371 millions d’euros en 2026. « La Métropole est un espace de solidarité entre communes, un espace de vie solidaire qui fait notre force », a rappelé le maire de Jacou.
« Notre service public a de la valeur. Nous sommes à l’aune d’un nouveau pacte financier et fiscal pour financer les compétences qui sont les nôtres. Comment ? En demandant des efforts aux communes ? En fermant les services publics ? Personne ne le souhaite. Nous proposons une évolution de la part intercommunale du foncier bâti qui est aujourd’hui de 0,16 %. Nous proposons un taux de 5,8 % qui nous met à l’abri », a expliqué Michaël Delafosse lors du débat d’orientations budgétaires où de nombreux élus ont pu intervenir.
Le débat clos, le budget sera présenté en détails mardi 28 avril lors de la prochaine séance de conseil de Métropole.