« Si je suis le roi du football, alors Larbi Ben Barek en est le Dieu. » Cet hommage du Brésilien Pelé en dit long sur son idole, celui qui est considéré comme la toute première grande figure du football arabe et africain. Surnommé « la perle noire », Larbi ben Barek (1917-1992) était un attaquant de grande classe qui a notamment joué en France (OM, Stade Français) et à l’Atletico de Madrid où il a été deux fois champion d’Espagne. Bien qu’ayant toujours gardé la nationalité marocaine, il a porté le maillot de l’équipe de France de football pendant une quinzaine d’années. Le 14 février 2026, l’hôtel de Ville de Montpellier a accueilli, en partenariat avec le Consulat général du Maroc, le lancement de la fédération internationale Larbi Ben Barek. Une association présidée par Abdelkamel Benmbarek, petit-fils de la légende marocaine, qui vit à Montpellier.
Quelles raisons ont motivé la création de la fédération internationale Larbi Ben Barek ?
Abdelkamel Benmbarek : Mon grand-père est décédé à Casablanca en 1992. Depuis sa disparition, j’avais en moi cette volonté de créer cette fédération. Mieux vaut tard que jamais. Je souhaite aujourd’hui transmettre tout ce que mon grand-père nous a inculqué. C’est-à-dire des valeurs humaines et sportives mais aussi éducatives et sociales. Et évidemment rendre hommage au formidable joueur qu’il a été en faisant connaître son histoire et son parcours.
Pourquoi lancer cette fédération à Montpellier, où Larbi ben Barek n’a jamais joué ?
Abdelkamel Benmbarek : Mon grand-père n’y a jamais joué en club en effet mais il a joué à l’Olympique de Marseille, à deux reprises. Montpellier, c’est la ville où j’habite depuis une trentaine d’années. J’y suis arrivé en 1997 pour mes études et c’est pour cela que j’ai choisi cette ville qui a la réputation d’être très sportive et qui est multiculturelle.
Vous avez également joué au football ?
Abdelkamel Benmbarek : Tout à fait et j’étais gardien de but. Mais je n’ai joué qu’au niveau régional.
Comment parler de Larbi Ben Barek à la jeune génération qui ne le connait que de nom ?
Abdelkamel Benmbarek : Au Maroc comme en France, la mémoire de Larbi Ben Barek continue de traverser les générations. On va utiliser le sport et organiser des tournois de jeunes, d'amateurs et de haut-niveau, des tournois nationaux et internationaux, mais également des événements caritatifs, pour continuer à faire parler de lui. Rendre hommage à Larbi Ben Barek à Montpellier, c’est aussi rendre hommage à tout le continent africain.
Quels souvenirs gardez-vous de lui, du joueur de football comme du grand-père ?
Abdelkamel Benmbarek : C’était un joueur hors normes qui a donné du bonheur aux gens. Beaucoup de personnes ont un souvenir nostalgique et ému à son sujet. Comme grand-père, j’ai évidemment eu le plaisir de le côtoyer. C’était quelqu’un parfois assez sévère. Même après le décès de ma grand-mère, quand il a ressenti le besoin de s’isoler, j’ai quand même pu garder le contact avec lui.