JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES

Ciné-débat "Femmes de terres" : l'évocation des luttes dans le domaine agricole

Six étudiants de l'Institut Agro de Montpellier ont réalisé l'an dernier un documentaire traitant notamment des questions liées au genre dans l'agriculture mondiale en s'appuyant sur des témoignages recueillis en France mais aussi au Togo et en Bolivie. Pour mener leurs travaux à bien, ils ont notamment bénéficié de la Bourse initiatives jeunes de la Ville de Montpellier. Présentation ce dimanche après-midi au centre Rabelais.
Affiche de Femmes de terres
Ce ciné-débat est organisé dans l'après-midi du dimanche 8 mars au centre Rabelais, à Montpellier - © DR
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Lors de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, la Ville de Montpellier et la Chaire UNESCO Alimentations du monde co-organisent un ciné-débat autour du documentaire « Femmes des Terres » et des problématiques liées au genre dans l'agriculture mondiale. La séance est prévue ce dimanche 8 mars, à 16h30, au centre Rabelais. 

Au départ, il s’agit d’une initiative collective de six étudiants de l'institut Agro de Montpellier, désireux d’explorer le rôle central des femmes dans l'agriculture à travers trois pays. « Nous avons réalisé ce travail l’année dernière, pendant notre année de césure, même si le projet a débuté il y a trois ans. On a fonctionné en binôme. Nous avons tourné en France, en Bolivie et au Togo. Nous voulions nous intéresser à la place des femmes dans l’agriculture, à la valorisation et à la transmission des savoirs agricoles », témoigne Edgar Baoua-Dedrich qui est un des six réalisateurs avec Aïnhoa Saint-Georges, Emma Blandin, Pyrène Van Den Steendam, Soizic Baumard et Bleuenn Le Baill.  

Des récits croisés

Le projet amène les spectateurs à découvrir des femmes engagées dans l'agriculture, souvent invisibilisées mais essentielles dans les dynamiques agricoles locales. Il met en lumière la manière dont l'organisation collective entre femmes amplifie la portée de leurs luttes, favorise leur autonomie et assure un espace de soutien. « Notre idée était de faire des récits croisés. Les destinations se sont imposées d’elles-mêmes. Nous avions des camarades togolais qui avaient une association qui travaillait avec des groupements de femmes. Pour la Bolivie, la Via campesina (1) était déjà bien installée et l’agriculture familiale figure même dans la constitution du pays. Nous avons aussi tourné sur l’Aubrac », poursuit Edgar Baoua-Dedrich qui précise également que « Femmes de terres » a bénéficié entre autres aides de la bourse initiatives jeunes de la Ville de Montpellier.

Film et table-ronde

Les questions du genre dans l’agriculture ne sont pas spontanément abordées. Aussi, les étudiants ont recentré leur approche initiale sur l’acquisition et la transmission des savoirs agricoles entre femmes. « Après des échanges avec les professeurs et les retours du terrain, on se situe plus sur la thématique du collectif des groupements de femmes comme biais d’émancipation en tant que luttes et acquisitions de pouvoirs dans le milieu agricole. Comme nous étions restés en contact avec l’Espace Jeunesse de Montpellier, quand on nous a proposé de diffuser notre documentaire pour le 8 mars, on a trouvé que cela collait plutôt bien avec nos travaux. Après le film, on aime bien organiser un débat avec le public », commente Edgar. Ce sera d’ailleurs le cas. La projection sera suivie, à 17h30, d’une table-ronde animée par Mélanie Antin, socio-anthropologue et chargée de mission à la Chaire UNESCO Alimentations du monde, en présence de différents experts et acteurs de l’agriculture et du rôle des femmes en milieu rural. 

Accès tout public et gratuit au centre Rabelais, 27 boulevard Sarrail. 

(1) : La Via campesina ou Voie paysanne est un mouvement altermondialiste national qui coordonne des organisations d’ouvriers agricoles, de fermes rurales et de communautés indigènes d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Afrique.