La question de la « ville universitaire »
Au sein du département de géographie et d’aménagement, le Master projet forme des étudiants à la programmation urbaine et la prospective territoriale, leur offrant une plongée dans l’urbanisme opérationnel. En 2025, c’est la question de la « ville universitaire » qui a été traitée par une douzaine d’étudiants de M2 en partenariat avec le learning-center de l’Université Paul Valéry. En raison de l’évolution démographique, du contexte économique ou encore des progrès technologiques, le rapport entre la ville et l’université est en effet amené à changer. Reste à imaginer vers quoi ? À l’image de Bologne, d’Oxford et de Boston, Montpellier est une « ville universitaire ». Mais de quoi parle-t-on exactement ? De l’importance du nombre d’étudiants ? De la place qu’occupe l’université sur les plans foncier et immobilier ?
Les étudiants esquissent des projets pour donner à voir le futur
L’exposition Univers-Cité, l’université dans la ville du futur, a pour objectif de comprendre les ressorts de la relation ville université d’une métropole d’un demi-million d’habitants en « plein boom ». Elle a déjà eu lieu à l’Atrium en mars dernier, et migre à présent à l’hôtel de Ville pour toucher un autre public. Elle nous immerge dans le passé pour comprendre comment les établissements d’enseignement supérieur sont sortis de terre à la fin des années 1960, la naissance du quartier Hôpitaux-facultés et le faible nombre de bacheliers à l’époque !
Elle présente aussi les campus « à la française », compare l’organisation de la ville à celle d’autres villes en France et à l’étranger, et insiste sur l’augmentation sensible du nombre d’étudiants depuis les années 1980. Les étudiants esquissent des projets pour donner à voir le futur ici, à l’échelle d’un bâtiment, et là à celle d’un îlot urbain.
Beaucoup de changements en 20 ans à Montpellier et d'autres à venir
Arrivée de la ligne 5 de tram, opération Saint-Charles qui rapproche Paul Valéry du centre-ville, nouveaux bâtiments comme l'Atrium ou le pôle de chimie... Il est fort probable qu'il y aura encore beaucoup d’autres projets. Chacun à sa façon, avec l’œil de jeunes gens de 20 ans et forts des compétences en cours d’acquisition, les étudiants explorent différents scénarios. Les travaux ont été supervisés par Alexandre Brun, professeur des universités et responsable du master projet et une partie de l’équipe pédagogique : Paul Garcias, Eliott Penel, Michel Qvistgaard, Nancy De Richemond et Christophe Evrard. Ce projet n’aurait pas vu le jour sans l’implication de la direction d’Atrium, le learning-center de l’Université Paul Valéry et tous les services ont été mobilisés (l’UFR3, l’imprimerie...).
Une exposition comme celle-ci pose une question simple en apparence : qu’est-ce qu’une ville universitaire ? Mais derrière cette formule, il y a en réalité un objet scientifique exigeant. L’enjeu scientifique de cette exposition est de comprendre les ressorts de cette relation. Comment elle s’est construite, notamment dans les années 1960 avec les grands campus périphériques, comment elle a évolué avec la massification de l’enseignement supérieur et imaginer ses futurs possibles au regard des paramètres budgétaires, démographiques ou encore technologiques. La Ville a ses propres rythmes quotidiens, sa saisonnalité marquée et des problématiques spécifiques comme celle du logement étudiant. Au demeurant, les universités ne sont plus des institutions isolées, mais des acteurs urbains à part entière, ne serait-ce que parce qu’elles sont de grands propriétaires fonciers comme l’Eglise, la SNCF et l’armée autrefois. Les collectivités sont également confrontées à des défis très concrets : les mobilités, la qualité des espaces publics, les équilibres entre centralité et périphérie. Entre attractivité métropolitaine, contraintes foncières et impératifs budgétaires, la ville universitaire est souvent le produit de compromis – des compromis, qu’il faut rechercher aussi à l’échelle régionale avec Toulouse, Perpignan, Nîmes, mais aussi Albi et Mende, dans une logique économique et d’aménagement du territoire. C’est précisément ce que les travaux présentés dans cette exposition donnent à voir, avec une qualité précieuse : ils ne cherchent pas à simplifier. Ils explorent. Ils testent. Ils proposent.
Avec les étudiants, nous travaillerons autour du campus Paul Valéry à des micro-projets, très concrets, qui interrogent la manière dont ces espaces peuvent évoluer : densification, mixité des usages, qualité des interfaces entre université et ville et entre les universités elles-mêmes.Nous allons également travailler sur la diversification économique d’une métropole encore très résidentielle, avec le renouveau commercial des centres historiques en ligne de mire et le “maquis” des zones commerciales d’entrée de ville. Sur les projets de territoire, sans esquiver les problèmes de l’eau, des villages dortoirs, des mobilités et du tourisme de l’intérieur, en renforçant le partenariat avec le Grand Pic Saint-Loup et avec Saussan. Dans la logique de cette ouverture, un chantier spécifique mérite d’être souligné. Dans le cadre de l’Établissement public expérimental, nous renforcerons le partenariat avec l’Ensam. L’objectif est de croiser les regards entre étudiants en architecture et en urbanisme, qui doivent travailler non pas les uns à côtés des autres, mais les uns avec les autres. Un terrain concret se prête particulièrement à un workshop commun : le collège des Écossais.
Exposition Univers-Cité, l'université dans la ville du futur, jusqu’au 15 mai 2026
Hall de l'hôtel de Ville - Salle des expositions - 1, place Georges Frêche à Montpellier. Entrée libre du lundi au vendredi de 8h30 à 17h30.