Si vous voulez la voir, ne regardez pas vos chaussures en marchant, sinon vous risquez de heurter son socle. Levez bien la tête. Envie d’être en vie, d’Élisa Fantozzi, artiste plasticienne sétoise, est implantée sur la place Pablo-Picasso, à Port-Marianne. Cette sculpture est une des premières concrétisations sur l’espace public du Copaqo : comité d’orientation et de pilotage artistique pour la qualité des œuvres. Cette institution, voulue par la Métropole de Montpellier et lancée par Altémed, soutient la création d’œuvres d’art sur les nouveaux lots dans les ZAC. Celle-ci est située devant Prism, le premier bâtiment de la ZAC République avec sa mixité d’usages.
Un lot, une œuvre d’art
« Nous travaillons sur une autre façon de construire la ville et de voir la culture dans la ville », explique Cédric Grail, le directeur général d’Altémed. Si on dit un lot, une œuvre d’art, c’est que chaque promoteur prend une toute petite valeur de la charge foncière et la met dans une œuvre d’art. Quand on commercialise, c’est incitatif car il y a une œuvre d’art. Tout le monde est gagnant. » Intervenant comme présidente du FRAC Montpellier Occitanie et membre du Copaqo, Patricia Carette rappelle que « cette institution est née en 2003 et a pu compter sur un fonds de dotation de 2 millions d’euros de contributions des promoteurs. Outre la qualité des œuvres sur l’espace public, le Copaqo permettra aussi de travailler sur la restauration des œuvres qui y sont déjà. »
Architecture contemporaine
Silvère Hamel est le directeur général de Kaufman & Broad. Pour lui, « cette œuvre, suspendue entre ciel et terre vient magnifier le parvis Pablo Picasso et elle témoigne de la manière dont l’urbanisme peut être un espace d’expression artistique et une invitation à la contemplation. Je remercie la Métropole dont la vision de l’intégration de l’art dans la ville permet à des projets d’exception de voir le jour ». Et de conclure : « je voyage beaucoup et je pense que Montpellier est une des plus belles villes de France en matière d’architecture contemporaine ». Soulignant la proximité des écoles Chengdu et Joan Miro, Julien Eybalin, le directeur général adjoint du groupe Cirrus-Pégase, estime qu’il s’agissait ici « de proposer une oeuvre ludique, universelle accessible, visible de tous, à hauteur d’enfant. Elle fait aussi penser à ce bâtiment Prism avec les notions de hauteur, d’équilibre voire de vertige, qui a nécessité quatre ans de chantier et deux ans pour installer une œuvre sur l’espace public, car juridiquement ce n’est pas simple. »
Poésie urbaine
Si Prism abrite déjà une partie du siège monde d’EDF renouvelables, l’inauguration du jour s’est passée au rez-de-chaussée dans le local en chantier de la future boulangerie. « Nous sommes un territoire résolument ouvert à la création, au génie humain, où l’exigence architecturale est présente, aime à rappeler Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole. « Il faut défendre la culture. Tant que je serais là, je le ferai. D’ailleurs, nous allons sanctuariser les budgets culture à la Ville et à la Métropole. Notre ville raconte une histoire, celle des chefs étoilés, des architectes et des artistes. On a designé nos tramways et l’art est présent dans l’espace public. Une œuvre d’art dans la ville, c’est de la poésie urbaine, elle façonne les imaginaires. On va en mettre dans toute la ville. Merci à ceux qui nous accompagnent pour faire cela. » Le Copaqo, c’est aussi désormais une application mobile, accessible en quelques clics sur votre smartphone, qui permet d’explorer la ville à travers l’art et l’architecture.


La Lili d’Élisa Fantozzi
« Envie d’être en vie » d’Élisa Fantozzi est un moulage en résine d’elle-même regardant le ciel. Mais qui est là en fait dans ce quartier et dans cette société ? Sa Lili ou celle qui lui a donné vie ? « Je suis très contente de participer à cette opération d’art dans l’espace urbain à Montpellier, au milieu de tous ces beaux immeubles. J’apporte ma touche poétique. C’est une pièce réalisée en 2006 pour le Domaine d’O. C’était pour une exposition d’été où elle était sur un toboggan, que j’avais recouvert de sable, dans un bassin. Quand j’ai imaginé sa posture, elle attendait la pluie. Car après la pluie vient le beau temps. C’est une façon de parler de notre existence. »