Créé en 1952 par André Franquin, le Marsupilami fait aujourd’hui son grand retour sur grand écran. Mammifère ovipare unique en son genre, haut de 85 centimètres, reconnaissable à sa fourrure jaune tachetée de noir et à ses quatre doigts par patte, il est surtout célèbre pour son incroyable queue-ressort de huit mètres. Une prouesse anatomique qui lui permet de saisir, frapper ou se suspendre avec une agilité spectaculaire.
Animer la bestiole
Produit par Pathé Films et réalisé par Philippe Lacheau, ce long-métrage est le deuxième consacré à cet attachant animal, mi-kangourou, mi-koala. Pour cette version, la création digitale du personnage a été confiée au studio montpelliérain Mathematic. Pendant dix-huit mois, dans le plus grand secret, les équipes ont travaillé à rendre « la bestiole » crédible à l’écran.
Ce n’est pas la première collaboration entre Pathé et Mathematic. « Pathé avait déjà fait appel à nous pour le film King, en 2022 », rappelle Julien Lambert, superviseur du projet. Sur les plateaux de tournage, les comédiens ont donné la réplique à un Marsupilami animatronique, c’est-à-dire une marionnette mécanisée du personnage. Cet outil offrait de précieux repères pour les regards, les interactions et la gestion de la lumière. Dans un second temps, Mathematic est intervenu en CGI (images de synthèse) afin d’enrichir et de sublimer le personnage.
Enjeu émotionnel
« Nous avons créé une version numérique du Marsupilami pour réaliser les mouvements impossibles à obtenir mécaniquement », détaille Guillaume Boudeville, superviseur rigging, un poste clé dans la fabrication d’un personnage animé. Il a conçu une structure osseuse invisible permettant à l’animal de se mouvoir avec naturel. Une architecture complexe, exigeant méthode et précision. « Le principal défi, à la fois technique et artistique, concernait la queue, qui devait pouvoir partir dans toutes les directions ». D'autant qu'il y a trois marsupilamis dans le film...
Au-delà de la performance technologique, l’enjeu était aussi émotionnel. « C’est un personnage de notre enfance. Il fallait le respecter et lui donner une présence crédible et vivante, notamment à travers le regard », confie Nadège Moreau, chargée de la post-production chez Mathematic. L’expressivité des yeux a ainsi fait l’objet d’une attention toute particulière.
Une solide réputation
Entre fidélité graphique et prouesses numériques, Mathematic enrichit un peu plus un parcours déjà remarquable. En dix-sept ans, le studio s’est forgé une solide réputation internationale, notamment grâce à sa participation aux effets spéciaux de la série Stranger Things. Fondée à Paris en 2007 par Guillaume Marien, l’entreprise a ouvert une antenne à Montpellier en 2023, au sein de la Cité Créative, installée dans l’annexe de l’ancien musée de l’École d’application d’infanterie. C’est ici qu’a pris vie le Marsupilami.
L’actualité du studio ne s’arrête pas là. À l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver en Italie, Mathematic signe également le clip officiel de France Télévisions, Au cœur des Jeux.